C'est peu de dire que Liverpool avait des rêves plein la tête en ce 26 mai 2018. Les Reds disputaient leur première finale de Ligue des champions depuis 11 ans. Ils avaient l'occasion de retrouver les sommets de l'Europe pour la première fois depuis la nuit inoubliable d'Istanbul en 2005. Celle de Kiev allait virer au cauchemar. Un Sergio Ramos diabolisé, impliqué sur la blessure de Mo Salah qui avait privé le club de la Mersey de son atout numéro un en attaque dès la première période. Et sur un choc avec Loris Karius, victime d'une commotion cérébrale qui explique au moins en partie pourquoi le gardien des Reds a été coupable sur deux buts encaissés par son équipe en seconde période.
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15/06/2022 À 16:35
L'implacable Real, vainqueur (3-1) et sacré champion d'Europe pour la troisième année consécutive, s'était chargé de ramener brutalement Liverpool sur terre. La formation de Jürgen Klopp aurait pu y rester. Ne jamais se relever de cet échec. Y voir un plafond de verre impossible à briser et rentrer petit à petit dans le rang après avoir été si prêt du sommet. Il n'y a jamais la certitude que le train passera une deuxième fois, avec tous les doutes que cela implique. Le constat, quatre ans plus tard, c'est que Liverpool n'a pas sombré. Bien au contraire. Sans ce cauchemar, les Reds n'auraient peut-être pas réalisé tous leurs rêves.

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Kiev, la genèse d'une force

Kiev, c'est le point de départ. La genèse d'une force qui n'a plus jamais quitté Liverpool depuis. Non, la formation de Jürgen Klopp n'a pas tout gagné. Justement. De ses (rares) échecs, elle a toujours été capable de se relever. La saison suivante a donné le ton de manière fracassante. Avec un incroyable renversement de situation pour éliminer le Barça (4-0) en demi-finale de la Ligue des champions, contre toute attente après le lourd revers du match aller (3-0). Une nuit magique à Anfield où ces Reds ont compris qu'ils étaient capables de tout, surtout du meilleur. Quelles que soient les circonstances.

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La quête du titre de champion d'Europe quelques semaines plus tard allait aussi dans ce sens. Trois semaines plus tôt, Liverpool avait subi une grosse désillusion en championnat. La perspective de ramener cette couronne d'Angleterre qui lui échappait depuis 1990 s'était envolée pour un petit rien. Boucler une saison avec 97 points et ne pas être champion, c'est une pilule particulièrement dure à avaler. Klopp et ses hommes l'ont digérée sans problème. En dominant Tottenham pour ramener la coupe aux grandes oreilles sur les bords de la Mersey (2-0). Puis en signant un championnat de toute beauté la saison suivante pour décrocher enfin le titre, trente ans plus tard.

Le souvenir d'Alisson

Se relever de tout, c'est aussi savoir se remettre d'une saison blanche. Peu de gens l'imaginait après le sacre de 2020 qui semblait plutôt de nature à lancer une dynastie rouge. Enfin de retour au sommet, Liverpool n'en est tombé que de plus haut la saison suivante, marquée par une incroyable cascade de blessures. L'équipe de Klopp n'a pas soulevé le moindre trophée. Elle aurait même pu manquer la qualification pour la Ligue des champions. C'est une tendance qu'Alisson, le gardien des Reds, a fait voler en éclat d'un coup de tête rageur dans le temps additionnel pour donner une victoire capitale – et c'est un euphémisme – face à West Brom dans le sprint final.

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Elle n'a que plus de sens aujourd'hui, quelques heures avant une nouvelle finale de C1 face au Real Madrid. La saison blanche est devenue un très lointain souvenir. Les Reds ont su rebondir dès l'exercice suivant. Et compenser immédiatement une année 2020 sans trophée en remportant l'Emirates FA Cup et la Carabao Cup. Les Reds ont retrouvé leurs forces vives à l'image de Virgil van Dijk. Ils ont surtout su reprendre le fil de leur jeu, de leur solidarité, de leur rage de vaincre. Un retour au premier plan, tonitruant, que Liverpool ne doit qu'à une chose : des bases solides et renforcées au fil des ans depuis son échec de 2018.

Le Real, ce symbole

Kiev peut sembler bien loin d'un côté. Et tout proche de l'autre. Parce que les Reds retrouveront ce Real qui leur avait fait tant de mal il y a quatre ans. Le club merengue n'a pas du tout connu la même trajectoire que son homologue anglais depuis 2018. Pourtant, si une équipe peut rivaliser avec Liverpool dans l'art de se relever de tout, c'est bien celle de Carlo Ancelotti. Elle a été enterrée face au PSG en 8e de finale. Encore face à Chelsea en quart de finale. Surtout face à Manchester City en demi-finale. Pourtant, elle sera bien au Stade de France pour viser un 14e sacre européen. Et le premier depuis Kiev.
Il n'est pas tant question de revanche. Plutôt de boucler la boucle. Symboliquement, il sera question de rebondir, encore et toujours, pour les hommes de Jürgen Klopp. De réagir de la plus belle des manières après la cruelle désillusion subie la semaine passée. Au bout de laquelle ils ont vu le titre de champion d'Angleterre leur filer entre les doigts pour un petit point, encore une fois, après un scénario de folie. Et la perspective de réaliser un quadruplé historique par la même occasion. Dur à encaisser. Mais les Reds connaissent la recette pour s'en relever.

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