Cinq semaines, 35 jours. C'est le délai qui sépare Paris du rendez-vous le plus important de sa saison. Comme chaque année, l'exercice parisien sera jugé sur son parcours en Ligue des champions et la perspective de retrouver le Real Madrid mi-février en 8e de finale ne laisse rien présager de bon. Depuis le début de saison, Paris traîne un curieux paradoxe. Le vice-champion de France a les coudées franches en Ligue 1 au terme d'une première partie d'exercice où personne n'a pu tenir son rythme. Pourtant, il cumule interrogations, incertitudes et, bien sûr, doutes. Est-ce que ce PSG, transpercé sur chaque incursion lyonnaise lors de la première heure de jeu au Groupama Stadium, pourra résister au maître en la matière, le Real Madrid ?
Jusqu'ici, le PSG était protégé par ses résultats comptables. En Ligue 1, il y avait lui et les autres. Avec onze points d'avance, on ne peut pas dire que son avance soit aujourd'hui contestée. Mais Paris reste sur quatre nuls lors de ses cinq dernières sorties en championnat avec deux points arrachés dans les arrêts de jeu à Lorient (1-1) et Lens (1-1), une grosse heure à subir les événements à Lyon (1-1) et 90 minutes sans frissons face à Nice (0-0). Depuis quelques semaines, la réalité comptable a rattrapé celle du terrain comme si le résultat ne pouvait plus masquer les insuffisances. Le jeu parisien, dénué de toute expression collective et de maîtrise, a continué sa lente dégringolade sans révolte, sans sentiment d'urgence. Après tout, pourquoi s'en faire alors que le titre de champion attend déjà les Parisiens sur un plateau ?

Le mal de Paris, le confort

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Paris souffre aujourd'hui d'un mal qui l'a déjà emporté en Ligue des champions : celui du confort. Il ne sait plus se faire mal, passe son week-end à donner le strict minimum et espère une métamorphose spectaculaire en C1 pour remplir ses objectifs. Il a déjà réussi une telle prouesse, l'an passé par exemple quand il perdait face à Lorient, Monaco ou Lille en championnat tout en surclassant le Barça et en sortant le favori munichois de la C1. Ce sont ses fantastiques individualités, Mbappé et Neymar notamment, qui lui ont permis de passer l'hiver sans grabuge en Europe.

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Imaginer un copier-coller en 2022 est dangereux. Parce que les individualités sont nettement moins efficaces. Mbappé et Marquinhos restent des assurances vie infaillibles. Mais entre absences répétées et formes incertaines, Neymar et Lionel Messi n'ont marqué que neuf buts à eux deux en une demi-saison. Bien sûr, leur réveil pourrait intervenir face au Real mais à force d'attendre, le doute est permis. Si Paris ne vit que par l'éclat de ses individualités, comme cela semble être le cas, le niveau affiché par Messi et Neymar le condamne quasiment. Et celui des seconds couteaux de Leandro Paredes à Ander Herrera n'invite pas vraiment à l'optimisme béat.

Bricolage permanent et recrues en question

Le bricolage permanent, notamment au milieu de terrain, place cette équipe dans une instabilité permanente. Elle avait six mois pour intégrer Sergio Ramos, Lionel Messi, Achraf Hakimi, Georginio Wijnaldum et Gianluigi Donnarumma et s'avancer comme le favori ultime à la Ligue des champions. Non seulement son statut n'a jamais semblé aussi fragile, non seulement, hormis le portier italien, les recrues ont toutes déçu mais, en plus, les six mois ont plutôt marqué une régression collective.

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"C'est difficile de parler de progression, parce qu'en football, tout est très subjectif. Les circonstances sont ce qu'elles sont. On parle avant tout en résultat pour tirer une analyse", essayait de s'expliquer Mauricio Pochettino après le nul à Lyon. Problème, le coach du PSG ne peut même plus se servir des résultats comme d'un bouclier. Principal responsable de la situation, l'Argentin, au bilan si médiocre qu'on se demande bien comment il a pu y survivre jusqu'ici à l'intransigeance de QSI en matière de coach, n'insuffle rien, ne donne aucune direction, ne dégage aucune certitude collective. Après un an à chercher, il lui reste 35 jours pour trouver. Bon courage.
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