Il serait presque à faire oublier Kevin De Bruyne. Considéré comme la pierre angulaire du Manchester City de Pep Guardiola, le milieu belge est à la peine en cette première partie d'exercice. Souvent blessé, parfois à côté de ses pompes, KDB n’a compilé que deux buts et une petite passe décisive en douze apparitions cette saison. Bien loin de ses standards habituels. Pourtant, les Citizens tournent (presque) toujours aussi bien, avec une place de dauphin en Premier League et la tête du groupe A de Ligue des champions, devant le Paris Saint-Germain, qu’ils affronteront ce mercredi soir pour tenter de définitivement valider leur ticket pour les huitièmes de finale de la compétition.

Joao Cancelo (L) scored for Manchester City

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Alors, comment l’expliquer ? Si la formation de Pep Guardiola n’a pas tant changé, un joueur est totalement sorti de sa boîte : Joao Cancelo. Le latéral gauche de Manchester City ne cesse d’éblouir depuis le début de la saison. Son dernier fait d’arme sur la scène européenne ? Trois passes décisives face à Bruges, lors de la dernière sortie de son équipe, le 4 novembre dernier. Une pour Phil Foden, une pour Riyad Mahrez et une autre pour Gabriel Jesus afin de donner le tournis aux champions de Belgique, balayés 4-1. Une prouesse qui a donné de nouvelles raisons à Pep Guardiola de l’encenser : “Il joue incroyablement bien depuis le début de la saison. Il évolue à un poste spécial et sa capacité à tout faire correctement m’étonne match après match”, a lâché le tacticien espagnol dont la fierté illumine le visage.
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"Vendre Cancelo, c'est cracher à la gueule du football"

Titulaire lors de chacunes des rencontres de City depuis le début de la saison, l’international portugais se place doucement mais sûrement comme l’un des tous meilleurs latéraux au monde. Et il a tenu à le prouver à son compatriote Cristiano Ronaldo lors du derby de Manchester, en délivrant une nouvelle offrande à Bernardo Silva avant la trêve internationale (2-0). De retour de sélection, Cancelo a remis ça, dès ce week-end contre Everton en déverrouillant une situation mal embarquée d’un extérieur du pied de plus de 30 mètres pour permettre à Raheem Sterling d’ouvrir le score (3-0) afin de revenir à trois petits points de Chelsea en tête de Premier League. Vous l’aurez compris, quand Joao Cancelo brille, City roule sur son adversaire. Et c’est loin d’être une surprise.
Car peu de joueurs sont capables de distiller des passes aussi merveilleuses que Joao Cancelo. Contraints d’évoluer face à des blocs bas étant donné leur puissance de frappe, les Citizens s’en remettent souvent à leur défenseur de 27 ans. Ancien de la maison Juventus, il a provoqué une grosse incompréhension lorsque son ex-directeur sportif, Fabio Paratici, l’a laissé s’envoler en Angleterre, contre 65 millions d’euros. Et Antonio Cassano n’a pas hésité à le rappeler en marge des superbes performances du Portugais : “La Juve qui vend un tel joueur, ça me semble fou. Je ne l’aurais jamais donné pour 400 millions d’euros. Vendre Cancelo, c’est cracher à la gueule du football. C’est un phénomène qui pourrait même jouer attaquant tellement qu’il est talentueux”. Et ce n’est pas son sélectionneur qui dira le contraire. Fernando Santos le voit modestement comme “le meilleur latéral au monde”.

Un latéral gauche libre comme l'air

Ultra-polyvalent, libre de se mouvoir où il le souhaite sur le terrain, Joao Cancelo est la véritable clé de voûte de l’organisation de Pep Guardiola. Pourtant, lorsqu’il a débarqué à Manchester en 2019, ses débuts ont été compliqués. Barré par Kyle Walker, il n’a disputé que 17 petites rencontres, dont 13 titularisations, lors de toute la saison 2019/2020. Même Pep Guardiola a semblé patauger avec celui qui a mis du temps avant de justifier la somme déboursée par ses dirigeants.

Pep Guardiola

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Latéral gauche, latéral droit, milieu de terrain… sa polyvalence a même semblé lui porter préjudice. Avant que son entraîneur ne trouve, enfin, la formule magique : Cancelo sera latéral gauche, un point c’est tout. Et qu'importe s’il n’a disputé qu’une trentaine de matches à cette position depuis le début de sa carrière. Une belle trouvaille. Car, depuis, le Portugais et son coach ne cessent de se régaler. Joao Cancelo est en train de devenir un maître dans l’art du surnombre en se se frayant une place dans le coeur du jeu dès en phase offensive, avant de s'ériger en premier rideau défensif à la perte du ballon. Un rôle rappelant celui d’un certain Philipp Lahm sous les ordres de Guardiola au Bayern Munich. Pour le succès qu’on lui a connu.
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