Cinq jours pour le transfert du siècle. Là où l’arrivée de Neymar au PSG en 2017 aura été une saga digne des plus grandes télénovelas, celle de Lionel Messi dans la capitale avait des airs de courts-métrages. Un blitzkrieg mené de main de maître par Paris pour mettre la main sur le joyau du Barça et prendre de vitesse la concurrence. Mais, de concurrence, il n’y eut point. Car Paris était le seul à pouvoir s’offrir une telle star et ses émoluments en pleine période de pain sec, même pour les géants européens. Le seul, avec Manchester City. Pourtant, dans le dossier, les Citizens n’ont jamais réellement pointé le bout de leur nez. Surprenant eu égard au passif entre le clan Messi et City.
2016 : Pep Guardiola débarque à Manchester. Et dans son sillage, un rêve : la reformation de son duo avec Lionel Messi. Histoire de rendre le fantasme plus crédible, City nomme un organigramme qui respire le Barça de la grande époque. Pep Guardiola donc, mais également Txiki Begiristain, nommé directeur sportif du club mancunien en 2012 après avoir exercé ces fonctions en Catalogne sous Laporta, ainsi que Ferran Soriano, nouveau directeur exécutif après avoir géré les finances catalanes.
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Bref, l’écosystème cityzen commence son offensive de charme, tout en réfutant une quelconque approche secrète. "Messi est le meilleur joueur du monde, énonce Soriano en 2016. S’il veut venir un jour à City, on ouvrira la porte en grand". "Dès que Guardiola est arrivé, ils ont tenté de le signer et ont toujours eu un intérêt concret pour lui", nous confirme David Mooney, animateur de BlueMoonPodcast, consacré au club mancunien.

Pep Guardiola et Leo Messi

Crédit: Getty Images

2020, le burofax et le rêve au bout des doigts

Alors, à intervalles réguliers, la rumeur Messi-City refait surface. Souvent, elle permet à la Pulga et à son père de faire grimper les enchères auprès du FC Barcelone, participant ainsi à une fuite en avant qui finira par prendre fin en 2021. En 2017, face aux bruits de couloir insistants, le Barça fait tapis pour offrir une prolongation de quatre ans à son génial argentin. Le serpent de mer perd en vigueur. Jusqu’à cet été 2020 complètement fou.
Messi et City se trouvent alors à un tournant. Humilié lors du Final 8 et en rupture avec sa direction, l’Argentin fait acte de sécession. Encore battu de manière précoce à Lisbonne, par un club au standing bien inférieur, City voit dans le dossier Messi l’opportunité de booster un projet déjà très dépensier mais encore inefficace en Europe. Le 25 août, le fameux burofax atterrit sur le bureau de Josep Maria Bartoméu et le scénario se met en place. Une exfiltration en bonne et due forme avec la promesse d’un contrat XXL étalé sur 5 ans, dont les deux dernières années seront consacrées à la conquête de New York via la filiale du club mancunien, attendent Messi. Les sources sont formelles : fin août 2020, City est l’unique destination souhaitée par le clan de l’Argentin.
Le rêve et puis… patatras. Le Barça joue sa carte juridique et impose à Messi de respecter son contrat. Un coup dur pour City qui a mobilisé ses forces dans une bataille vaine. Mais les Citizens gardent le contact, sait-on jamais. Avant de se rendre à l’évidence en mars 2021 : l’élection de Joan Laporta, réputé proche de la Pulga, est un "game-changer". "Cette élection a changé beaucoup de choses, estime le journaliste britannique. A ce moment-là, Messi a changé d’avis et a voulu rester au Barça. Donc les dirigeants de City ont été refroidis, forcément. Ils ont forcément gardé contact mais ils ont aussi avancé sur d’autres pistes puisqu’ils s’attendaient à le voir rester. Quand Messi a fini par être libre, il y avait un vrai fossé que City n’a pas cherché à combler".

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Grealish, Kane et l’ADN de City

A dire vrai, personne à Manchester n’a semblé vraiment disposé à croire au scénario du pire pour Messi. "On était convaincu que Messi resterait au Barça", avouera même Guardiola en août dernier, une fois l’offensive parisienne trop avancée pour contre-attaquer. "C’était trop tard pour que ça arrive, analyse David Mooney. L’été dernier, ils ont été vraiment très proche de réussir à l’extraire de Barcelone, sans réussite. Cet été, le board a simplement admis qu’il ne pouvait pas se permettre de revivre la même chose, surtout sans garanties. D’autant que Messi était plutôt dans l’idée de rester à Barcelone, donc City a priorisé Harry Kane à la place. Visiblement, ils n’avaient pas beaucoup plus de garanties sur ce dossier-là non plus (rires)".
Tout l'inverse du PSG qui, depuis janvier, avance masqué comme l’expliquera Leonardo au moment de raconter les coulisses du transfert du siècle. "Je ne peux pas cacher qu'on a eu des contacts avant, expliquera le directeur sportif parisien. Mais toujours après le mois de janvier, quand il était à six mois de la fin de son contrat. On n'a jamais contacté Messi avant janvier 2021". Tout l’inverse de City, qui s’est presque désengagé au moment le plus décisif.
La suite, c’est cet été finalement étrange avec plus de 100 millions investis sur un seul joueur, une première chez les Citizens : Jack Grealish. Pas franchement le même calibre que Messi. Pas franchement le même âge et les mêmes attentes non plus. "Dans un sens, Messi n’a jamais vraiment collé au projet de City, estime Mooney. L’ADN n’a finalement jamais vraiment été d’acheter des énormes superstars mais de les créer, comme Yaya Touré ou Sergio Agüero".
Un argument entendable mais qui faillit devenir caduque quelques semaines plus tard, lorsque la rumeur de l’arrivée de Cristiano Ronaldo à l’Etihad prit corps. Mais si City a considéré l’option brièvement, après proposition de Jorge Mendes, c’est uniquement parce que le dossier Kane avait volé en éclats quelques jours plus tôt. Le mercato est un jeu de dominos, c’est bien connu. Et, sur ce coup-là, c’est bien Paris qui fut le dernier debout.

Jack Grealish

Crédit: Getty Images

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