Ils y sont tous passés. Ou presque. Si vous parlez du Volver auprès des Sud-Américains ayant joué au PSG, tous vont répondront avec le sourire. Car le restaurant argentin est devenu au fil des années la cantine du vestiaire parisien. Fan de football, patron de la peña de Boca Juniors à Paris, Carlos Muguruza a vu défiler toutes les stars du PSG version QSI dans son restaurant. Avec l’arrivée de Lionel Messi à Paris, il s’attend enfin à voir "l’extraterrestre" venir déguster sa carne. Histoire de garnir un carnet d’anecdotes déjà bien rempli.
En 2018, vous aviez expliqué que lors de ses venues à Paris, Messi préférait aller à Disneyland plutôt que de venir dans vos restaurants. Maintenant qu’il est installé ici, est-ce qu’il est déjà venu chez vous ?
Carlos Muguruza : Non, pas encore. On a été fermé jusqu’à la rentrée quasiment donc je n’ai pas encore l’occasion d’organiser ça avec Di Maria ou avec son entourage donc il n’est pas encore venu. Mais on l’espère dans l’année, bien sûr, pour fêter la Copa America. On a déjà son maillot qu’il nous a envoyé depuis longtemps, on l’attend.
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Pour vous, ça représente quoi d’avoir Messi à Paris ?
C.M : Paris, c’est une ville exceptionnelle, des monuments incroyables, la ville Lumière... Et maintenant, en plus de tout ça, il y a un extraterrestre qui vit à Paris. C’est quand même costaud là…

Lionel Messi pose avec le maillot du PSG lors de sa présentation officielle

Crédit: Getty Images

Comment expliquez- vous cette relation d’amour entre les Argentins et le PSG depuis l’arrivée de QSI ?
C.M : Les premiers arrivés, c’était le 'Flaco' Pastore et Diego Lugano, qui est uruguayen mais qui est comme nous finalement. C’est comme ça qu’ils ont commencé à venir au resto. Après, il y a eu Lavezzi qui est un type exceptionnel pour fédérer autour de lui. A partir de là, Pocho (surnom de Lavezzi, NDLR) a ramené Di Maria, puis Paredes est arrivé, Icardi aussi. Forcément, c’est une ville tellement belle Paris… Il y a une 'onda' particulière. Et puis, il y a une bonne entente dans le vestiaire entre les Brésiliens, les Italiens… C’est sûr que c’est autre chose que Manchester… Même si là-bas, ils payent autant qu’ici, il n’y a pas que l’argent qui rentre en compte. La ville de Paris est un vrai argument auprès d’eux, de leurs femmes. C’est vraiment exceptionnel comme ville, sauf pour la météo. Un ami journaliste argentin m’avait dit un jour : "Si le temps à Paris est mauvais, c’est simplement que Dieu est juste. Imagine si Paris avait le climat de Barcelone…"
Comment votre restaurant est devenu aussi prisé des joueurs du PSG ?
C.M : Diego Lugano, je le connaissais avant qu’il arrive à Paris. Il est venu plusieurs fois manger en famille puis un jour, il a décidé de réunir plusieurs joueurs. J’ai une première photo avec lui, Maxwell, Thiago Silva, Pastore, Lavezzi, Makélélé, Verratti. Ce jour-là, Ibra ne pouvait pas venir et il était comme un fou. Il s’est rattrapé après. C’est comme ça que ça s’est lancé. Avec Pastore et Pocho, on a créé un vrai lien d’amitié.
Vous avez même reçu David Beckham…
C.M : Le jour où Beckham signe à Paris en février 2013, Pocho avait organisé ici un dîner. Ils venaient de perdre un match facile de championnat face à Sochaux et le week-end d’après, ils jouaient contre l’OM. Pocho m’a appelé et m’a demandé de réserver le restaurant alors qu'on n'était pas encore tout à fait au point, il manquait des petites choses, des détails. Pocho me demande de passer le match Milan - Barcelone et d’avoir personne dans le restaurant, donc j’avais compris qu’il voulait inviter toute l’équipe. Mais tout le monde, tous les paparazzis, attendaient Beckham au Royal Monceau puisque c’était l’anniversaire de sa sœur. Mais l’un des premiers qui arrivent au resto… David Beckham. Imaginez-nous… C’était exceptionnel.
Cette soirée était particulière par ailleurs non ?
C.M : Oui. A l’époque, on pouvait se garer juste devant le restaurant. Donc les gens ont commencé à s’interroger quand ils ont vu toutes les grosses voitures se garer devant le resto. Beckham est retourné au Royal Monceau après mais il y avait tout le monde. Et, ce soir-là, ma connexion Internet saute. Donc, impossible de voir le match. Évidemment, je me fais charrier par Lavezzi, comme on fait en Argentine. Mais Ibra, qui jouait pas mal aux jeux vidéo, a pris les choses en main. Il a changé des paramètres, s’est mis en basse définition et au final on a pu voir le match. Mais le match, c’était plus une excuse qu’autre chose. Il était surtout là pour discuter, passer un bon moment avec de l’asado, du jambon. Beckham, le jambon de Belotta lui a rappelé l’époque de Madrid.
Après ça, vous avez organisé des asados pour les joueurs régulièrement ?
C.M : Tout à fait. En 2016, quand Ibra part, il joue son dernier match un samedi je crois, en Coupe de France. Au Camp des Loges, le jeudi, on a organisé un grand asado avec tout le monde, il était vraiment sympa. Il a donné un maillot signé à mon fils. Ibra, c’était la bande Marco, Maxwell, Pocho, Sirigu, Pastore. D’ailleurs, au mariage de Marco, il a fait un post en mettant "le vrai PSG". On l’appelait la "banda del Pocho".
On parlait d'asados. On voit beaucoup Mauro Icardi, notamment, poster des moments de vie autour de ces barbecues argentins. Ça représente quoi dans la culture argentine ces asados ?
C.M : C’est un moment particulier dans la vie d’un groupe. En Argentine, la tradition dans les clubs de football dit que les jeudis, après l'entraînement, avant le week-end, on fait un asado pour fédérer tout le monde. C’est vraiment convivial. Mauro, il le sait très bien, c’est un super 'asador'. Pocho aussi d’ailleurs : l’asado, c’est un art, c’est un tout. Il faut faire le feu, savoir régler la bonne température, puis cuire lentement la viande. On commence avec des chorizos, puis la picada (planches apéritives), les gens commencent à parler, à boire un coup, même si les joueurs pro boivent assez peu.
Et ça marche à chaque fois ?
C.M : Tout le monde adore. Au Camp des Loges, les Brésiliens adoraient ça, Ibra aussi. La viande cuite de cette façon, tout le monde en est fan. Des Argentins m’ont même écrit pour me remercier de faire une si bonne publicité à la viande argentine.
Vous avez mentionné les paparazzis. Votre restaurant est aussi apprécié des joueurs pour sa discrétion. Comment faites-vous pour garder ces venues secrètes ?
C.M : Plusieurs fois, quand les joueurs arrivaient, des clients étaient déjà là. Donc j’ai dû faire la police pour pas les embêter, avec les photos, les autographes etc… Plusieurs fois, Pocho m’a dit 'non, laisse-les, c’est avec plaisir'. Mais Messi, c’est encore autre chose. Il y a tous les Coréens, les Chinois qui allaient à Barcelone pour lui viennent à Paris désormais. Ils font la queue au Royal Monceau. Donc, évidemment, le jour où Messi viendra, personne ne sera au courant hormis le personnel. Ce sera dans la plus grande discrétion. J’essaye de les protéger. Les joueurs m’appellent, ils me demandent de réserver donc on les met à l’écart, avec des astuces pour qu’ils ne soient pas embêtés. Mon souci, c’est que les joueurs se sentent chez eux. Ici, c’est très convivial, c’est l’Argentine à Paris au final.
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