C'était une autre époque. C'était un autre monde, aussi. Pour vous situer, François Hollande entamait sa deuxième année à la présidence de la République, les Jeux Olympiques de Sotchi venaient de se terminer et Pharrell Williams était tranquillement assis sur le trône du Top 50 avec son tube "Happy". Une éternité, non ? Bienvenue en mars 2014 ! Pour l'AC Milan, cette date est surtout synonyme de dernier match en Ligue des champions.
Le 11 mars, précisément, face à l'Atlético de Madrid, en huitième de finale retour (4-1, 0-1 à l'aller). L'unique buteur des deux confrontations côté lombard ? Un certain... Ricardo Kakà. Maudite nostalgie. C'était donc un autre football, aussi. Mais revenons en 2021. Ce mercredi soir, sur la pelouse mythique d'Anfield, le septuple vainqueur de la compétition s'apprête à faire son grand retour "à la maison", comme on aime le répéter du côté de Milanello depuis la fin de la saison dernière. Au point qu'une campagne "Back home" a même été lancée cet été, goodies et collection à l'appui. C'est dire si l'attente avait été longue pour les Rossoneri.

De la possible non-inscription en Serie A à la Ligue des champions

Serie A
Accrochée par Milan, la Juve ne gagne toujours pas
IL Y A UN JOUR
En un peu plus de sept ans, il faut dire qu'ils ont tout connu. Ses tifosi aussi, et surtout. Des compositions improbables aux entraîneurs à foison, des propriétaires improbables aux directions changeantes, des claques historiques (un 5-0 à Bergame, notamment) aux broncas de son public : le tunnel a été aussi long que sombre. Avant que la lumière, finalement, ne revienne. "Mais c'est un point de départ, pas encore d'arrivée, nous confie-t-on au sein du club lombard. Revenir en Ligue des champions, c'est un premier pas, mais le plus dur est désormais d'y rester. Pour nous, il est capital d'ouvrir un cycle, de pouvoir retrouver chaque saison la C1. Et quand on voit la concurrence en Serie A cette saison, où sept équipes peuvent viser le top 4, on sait que ce sera très dur, mais on va tout faire pour. En attendant, on va savourer cette musique qui nous a tant manqué."

Du sommet de l’Europe à l’anonymat en Serie A, comment l’AC Milan en est-il arrivé là ?

Ce come-back est tout sauf le fruit du hasard. Depuis l'arrivée du fonds américain Elliott à sa tête à l'été 2018, le club lombard a entamé un tout nouveau projet. Ses contours ? Une direction compétente et stable (Ivan Gazidis, Frédéric Massara et Paolo Maldini), une stabilité économique à retrouver après la terrible gestion du groupe d'investisseurs chinois mené par le mystérieux Li Yonghong, qui était à deux doigts de coûter l'inscription au championnat lors de la saison 2018-2019, et une nouvelle politique de recrutement. En quelques années, Milan a donc assaini ses comptes, l'exercice 2020-2021 devant se clôturer avec des pertes d'environ 100 millions d'euros selon La Gazzetta dello Sport, contre 195 millions l'an passé. Les nouveaux sponsors se succèdent : vingt depuis août 2020. Et côté terrain, tout suit.
Milan pratique un jeu européen et moderne
"La politique est celle de recruter des jeunes joueurs avec un fort potentiel, explique un suiveur du club. Mais elle a su évoluer, notamment sous l'impulsion de Maldini, qui connaît la gestion d'un vestiaire et réclamait également des joueurs d'expérience. Ibrahimovic est donc arrivé en janvier 2020, puis Kjaer, Giroud etc... C'est un mélange qui fonctionne. Puis Elliott a mis aussi la main au portefeuille, plus de 70 millions d'euros ont été dépensés cet été. Sur le banc, Stefano Pioli fait un travail exceptionnel depuis son arrivée. Aujourd'hui, Milan pratique un jeu européen et moderne, avec tous les ingrédients du football d'aujourd'hui : pressing, intensité, domination et volonté de jouer toujours vers l'avant. Il suffit de voir l'enthousiasme des tifosi au stade depuis leur retour..."
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Lundi, dans son édition du jour, La Gazzetta dello Sport assurait que les coéquipiers de Zlatan Ibrahimovic pratiquaient "le plus beau football d'Italie". Assez pour viser le scudetto, raté la saison dernière malgré un titre honorifique de champion d'hiver ? Pour les médias transalpins, le club lombard en sera au moins un candidat. Mais officiellement, l'objectif reste le top 4.

Zlatan absent, mais avec un record dans le viseur

On ne voudrait pas flatter l'égo de Zlatan Ibrahimovic, qui n'en a d'ailleurs pas vraiment besoin, mais ce come-back en Ligue des champions aurait probablement été impossible sans lui. Ou du moins plus difficile, et certainement plus long à venir tant le mal était profond. Le géant suédois a donné l'impulsion à tout un club, montrant l'exemple et la voie à ses jeunes coéquipiers dès son arrivée. "Ce sont comme mes enfants", ironisait-il à l'époque. Le travail de "Papa Ibra" a été colossal depuis. Aujourd'hui, celui qui fêtera ses 40 ans début octobre est conscient que ses protégés ont bien grandi. Ils semblent même prêts à voler de leurs propres ailes. Mais histoire de rappeler qui est le patron, l'ancien attaquant du PSG a fait son retour dimanche face à la Lazio Rome (2-0) après quatre mois d'absence. Le résultat ? Après 175 jours sans marquer, 126 sans jouer et une arthroscopie au genou fin juin, il a scoré seulement sept minutes après son entrée. Inoxydable Zlatan. Mais touché au tendon d'Achille, il ne sera pas de la partie face à Liverpool mercredi.
Malgré des blessures qui ont visiblement décidé de ne plus l'épargner, Ibrahimovic n'a pas encore envie de raccrocher. "Le plus fou, c'est la passion qu'il met chaque jour à l'entraînement. C'est un travailleur acharné et un amoureux de ce sport", confiait son entraîneur Stefano Pioli dimanche. Mercredi soir, le Suédois va donc retrouver la Ligue des champions lors du choc face à Liverpool. On le sait, son histoire avec la C1 a toujours été tumultueuse. "Si je l'avais gagnée, ç'aurait été merveilleux. Je ne l'ai pas remportée mais ça ne fait pas de moi un moins bon joueur, lâche-t-il dans France Football ce mois-ci. C'est comme les mecs qui me disent : 'Zlatan, tu n'as pas gagné la Coupe du monde, t'es pas un bon joueur.' OK... C'est plus simple de gagner la Coupe du monde quand t'es Français plutôt que Suédois. Après, pour revenir à la Ligue des champions, plus tu attends, plus c'est agréable de la gagner, non ? J'ai encore des objectifs. Je veux la gagner. En club, j'ai tout gagné à part la Ligue des champions. Mais je ne me plains pas car j'ai fait plus que beaucoup d'autres. Je suis heureux."
Son dernier but en C1 remonte au 6 avril 2016, avec le PSG contre Manchester City. Soit 1988 jours. S'il venait à marquer lors de cette phase de groupes, Zlatan deviendrait le plus vieux buteur de la compétition devant Francesco Totti, détenteur du record avec une réalisation face au CSKA Moscou à 38 ans et 59 jours. Il en profiterait également pour inscrire son 50e but. Son bilan pour l'instant : 7 buts avec l'Ajax Amsterdam, 3 avec la Juve, 6 avec l'Inter Milan, 4 avec le Barça, 9 avec Milan et 20 avec Paris.
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