30 décembre 2011. La révolution entamée quelques mois plus tôt par QSI au PSG prend un premier grand tournant. Carlo Ancelotti est nommé entraîneur du club de la capitale, huit jours après l'éviction d'Antoine Kombouaré. Un choix qui fait grincer quelques dents, puisque le Kanak a été limogé alors que son équipe était en tête du championnat. Mais au moins, le message est clair. En recrutant un coach deux fois titré en Ligue des champions avec l'AC Milan (2003 et 2007), Paris affiche d'ores et déjà ses ambitions de devenir un acteur majeur de la compétition.
Un peu plus de onze ans plus tard, "Carletto" sera sur le banc d'en face. Celui du Real Madrid, où il a ajouté une troisième Ligue des champions à son palmarès en 2014, un an après son départ du PSG. Sur celui de Paris, il y aura un homme toujours à la recherche de sa première Coupe aux grandes oreilles. Mauricio Pochettino n'était pas passé loin en 2019. Il avait brillamment conduit Tottenham jusqu'à la finale, perdue face à Liverpool (2-0). L'Argentin avait ainsi manqué l'occasion d'ouvrir de manière spectaculaire un palmarès resté désespérément vierge jusqu'à son arrivée à Paris.
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Personne n'incarnait mieux le projet qu'Ancelotti

L'écart abyssal entre le CV des deux hommes symbolise le changement de cap radical du PSG dans le choix de ses entraîneurs. Avec Ancelotti, les dirigeants parisiens s'étaient dotés d'un coach capable de faire grandir le club. Un technicien renommé et respecté pour avoir gagné les plus grands titres en tant que joueur, puis en tant qu'entraîneur. Un homme ultra-rôdé aux exigences les plus élevées, à cette science du détail si précieuse en C1, et qui avait prouvé sa capacité à gérer des vestiaires de stars. En somme, un coach qui incarnait la culture de la "gagne" et collait ainsi au projet du PSG.

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Les dirigeants parisiens n'ont pas poursuivi leur route sur la même voie. Ancelotti serait même l'exception qui confirme la règle. Par la suite, Paris a misé sur des entraîneurs aux palmarès toujours moins fournis que le technicien italien. Laurent Blanc a débarqué à Paris avec un titre de champion de France (2009) et une Coupe de la Ligue (2009) remportés avec Bordeaux. Même si le Président avait également une expérience de sélectionneur de l'équipe de France et un quart de finale de Ligue des champions à son actif, il n'offrait déjà pas les mêmes références qu'Ancelotti.

De Blanc à Pochettino, des paris plus ou moins risqués

La tendance s'est confirmée avec la nomination d'Unai Emery pour succéder au Français à l'été 2016. L'Espagnol s'était fait une solide réputation avec ses trois titres consécutifs en Ligue Europa avec le FC Séville (2014, 2015, 2016), mais il ne s'était jamais illustré dans la compétition reine des coupes d'Europe. Thomas Tuchel, qui a pris le relais en 2018, n'avait remporté qu'une Coupe d'Allemagne avec le Borussia Dortmund en 2017 avant de débarquer au PSG. C'était peu, mais toujours plus que Mauricio Pochettino, sans le moindre titre quand il a signé à Paris en janvier 2020.

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Cela ne remet pas en cause la qualité des techniciens qui ont succédé à Ancelotti. Mais si l'Italien s'inscrivait clairement dans la catégorie des valeurs sûres parmi les meilleurs entraîneurs du monde, ses successeurs ressemblaient fatalement davantage à des paris, plus ou moins risqués selon les cas. Car ils avaient encore à prouver leur capacité à gagner les plus grandes compétitions. Grandir ensemble, c'est le projet que la direction parisienne a mis en place avec Blanc, Tuchel, Emery puis Pochettino.

La symbolique du dernier mercato estival

Tout le paradoxe de cette stratégie, c'est qu'elle diffère considérablement de celle que les dirigeants parisiens ont choisie pour bâtir leur effectif. Ils avaient commencé par recruter des joueurs en devenir, à l'image de Javier Pastore, figure de proue du premier mercato de QSI à l'été 2011, ou Blaise Matuidi. Aussi parce que le club partait alors de loin et qu'il était certainement plus difficile de convaincre des joueurs plus confirmés de rejoindre le club. L'arrivée de Carlo Ancelotti a d'ailleurs coïncidé avec le premier virage vers l'acquisition d'éléments rôdés à la Ligue des champions comme Thiago Motta ou Maxwell, puis Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva.
La suite a confirmé la tendance avec les arrivées de joueurs comme Edinson Cavani, David Luiz, Angel Di Maria ou Neymar, entre autres. Avec en point d'orgue le dernier mercato estival qui a vu trois joueurs déjà titrés en Ligue des champions, Lionel Messi, Sergio Ramos et Georginio Wijnaldum, venir gonfler les rangs de l'effectif parisien. Un vestiaire de joueurs habitués à gagner les plus grands titres qui convient peut-être moins à un coach qui a tout à prouver comme Pochettino, qu'à un entraîneur ultra-confirmé comme Ancelotti. Mais Paris a choisi une autre voie. En espérant qu'elle le mène enfin au sommet.

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