Tic, tac, tic, tac.
Il a beau avoir l’habitude malgré son jeune âge, Kylian Mbappé va devoir se préparer. A quoi ? Être en Une des quotidiens madrilènes toutes les semaines, voir son nom accolé aux rumeurs les plus loufoques, écouter des éditorialistes de tous les pays tenter de débattre sur son cas à l’approche d’un 8e de finale galactique entre le PSG et le Real Madrid. Ce lundi, le second tirage au sort organisé par l’UEFA a donné lieu à une opposition de gala avec une multitude de retrouvailles et de matches dans le match. Mais la grande histoire, celle qui va rythmer les deux mois et demi qui s’ouvrent, ne tournera qu’autour de Kylian Mbappé.

Hystérie madrilène et nouveau grand soir

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C’est lui que tout Madrid attend pour lancer une nouvelle phase galactique, avec la rénovation de Santiago Bernabéu en 2022 en point d’orgue. C’est pour lui que le Real est resté étonnamment sage lors des précédents mercatos. L’amour de la Casa Blanca pour le prodige de Bondy n’a rien de nouveau mais, à l’approche de la fin de son contrat avec le PSG et alors que les indices quant à son futur merengue se multiplient, Mbappé pourra constater à quel point l’hystérie qu’il a pu connaître en France depuis ses débuts tonitruants de 2017 est sans commune mesure avec ce que peut proposer l’écosystème madrilène. "Ce sera le soir où Mbappé embrassera définitivement le Real Madrid car il comprendra que c’est son futur, que c’est son chemin", s’est d’ailleurs enthousiasmé Tomas Roncero, éditorialiste pour AS pas spécialement connu pour son sens de la nuance.
Le patron incontestable de ce PSG balbutiant a donc la lourde tâche de mettre son club actuel sur la voie de la victoire finale, quitte à d’ores et déjà se fâcher avec certains de ses futurs socios. "C’est le football", avait-il souri dimanche après avoir fait vivre un calvaire à Monaco, son ancienne équipe. Ce même football lui offre donc un 8e de finale qui pourrait lui donner une envergure encore plus importante.

Karim Benzema et Kylian Mbappé, adversaires en Ligue des champions à l'occasion de Real Madrid - PSG, le 26 novembre 2019.

Crédit: Getty Images

Sergio Ramos et Messi sous le même maillot au Bernabéu

Pourtant, sentimentalement, ce PSG-Real sera sans doute bien plus déstabilisant pour Sergio Ramos. "Jamais je n’irai dans une équipe qui puisse rivaliser contre le Real Madrid", avait-il pourtant promis en 2019, lors d’une conférence de presse où son attachement à la Casa Blanca avait transpiré. Les aléas du football en ont décidé autrement. Du capitaine inébranlable d’un club madrilène craint et respecté, Sergio Ramos est devenu l’énigme insoluble de la saison parisienne. Un seul petit match disputé face à Saint-Etienne et une multitude de forfaits caractérisent son début de saison. Mais si les promesses entourant le personnage sont vraies, il y a peu à douter qu’il fera tout pour être là.
Comme le destin aime décidément les clins d’œil, on pourrait même assister à l’inimaginable : Lionel Messi et Sergio Ramos qui partagent le même maillot à Santiago Bernabéu. Car si les retrouvailles sont émouvantes pour l’Espagnol, elles sont alléchantes pour l’Argentin. Dans l’enceinte madrilène, l’ancienne idole du Barça a toujours pris un malin plaisir à torturer le Real Madrid avec 26 buts et 14 passes dans son "jardin" madrilène où certaines célébrations sont passées à la postérité.

Lionel Messi brandit son maillot devant le public du Bernabéu après avoir marqué le but de la victoire du Barça sur le terrain du Real Madrid, le 23 avril 2017.

Crédit: Panoramic

Liens multiples

Mais il n’y a pas que du côté parisien qu’il y aura un petit côté revival. Car, à Madrid, c’est un coach qui semble correspondre parfaitement aux besoins parisiens qui a (re)pris le pouvoir depuis l’été dernier. Carlo Ancelotti n’est sans doute plus le meilleur tacticien de la planète mais il reste un fantastique chef d’orchestre, à même de faire gagner ses équipes malgré des imperfections visibles. Comme Zinédine Zidane, qui n’a jamais renié sa filiation avec le Mister, l’Italien connaît les leviers pour faire cohabiter les plus grandes stars dans le vestiaire et y trouver une application réelle sur le terrain. C’est ce même Carlo Ancelotti qui avait décidé de claquer la porte du PSG en mai 2013 pour rejoindre… le Real Madrid, après avoir mal vécu des critiques publiques et l’interventionnisme d’un certain Leonardo. Toute ressemblance avec la réalité actuelle…
Ce PSG-Real Madrid sera un nid de petites et grandes histoires, celles-là même qui font le sel de ces duels européens. Achraf Hakimi, formé au Real et sacrifié à l’heure de faire rentrer des millions dans la caisse, aura aussi le droit à une revanche, tout comme Keylor Navas, poussé dehors pour laisser la place à plus clinquant dans le club madrilène et qui voit l’histoire encore se répéter cette saison. Quant à Angel Di Maria, vous connaissez la chanson. Neymar, Pochettino ou Marquinhos dans une moindre mesure ont aussi une relation avec le "plus grand club du monde", surtout lorsqu’il faut habiller les colonnes mercato des quotidiens madrilènes.
Bref, vous l’aurez compris, c’est tout ce folklore parfois envahissant qui va prendre le dessus d’ici février et mars prochain. A l’heure où Florentino Pérez ne rêve que d’une Super Ligue européenne, le voilà presque servi par un second tirage qui met le Real dans une posture bien plus délicate que face à Benfica. Un énième clin d’œil savoureux pour une affiche qui n’en manquait déjà pas…
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