Un crime de lèse-majesté. Que l'on n'avait pas forcément vu venir aussi tôt au Portugal. Le rôle de Cristiano Ronaldo est mis sur la table dans l'ouest de la Péninsule ibérique. Lundi, le quotidien sportif A Bola a même osé ce que personne n'imaginait il y a encore quelques mois : constater que CR7 a moins d'influence sur la Seleção et qu'il prend peut-être trop de place au sein de la sélection. "Moins de Ronaldo, plus de Portugal", a titré en Une le journal portugais, qui estime même que l'attaquant de Manchester United pourrait débuter sur le banc face à l'Espagne ce mardi, comme en juin dernier lors du match aller face à la Roja (1-1). Un petit séisme.
Cantonné à un rôle frustrant de doublure à United depuis cet été alors qu'il a tenté de quitter le Nord de l'Angleterre, Cristiano Ronaldo semblait pourtant encore intouchable avec son pays. On parle quand même d'un monstre sacré. Ses 117 buts – un record mondial – en 190 sélections le placent au rang des légendes vivantes. C'est une idole pour tout un pays, qui a déjà laissé une empreinte indélébile avec sa carrière folle même s'il ne compte pas s'arrêter avant encore quelques années. Mais voilà, le début de saison 2022-2023 a changé la donne.
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Muet sept fois sur ses huit dernières sélections

C'est le niveau actuel de CR7 qui le place notamment au cœur de cette discussion. Limité à Manchester, Cristiano Ronaldo n'a plus forcément le même rendement que par le passé. Et ce n'est pas illogique alors qu'il aura 38 ans dans quelques mois. Son volume de jeu n'est plus le même. Son impact non plus. Auteur de 30.2% des buts de son pays quand il était sur le terrain depuis 2003 comme le révèle A Bola, le serial-buteur de Funchal affole moins les statistiques ces derniers mois. Malgré son coup d'éclat contre la Suisse en juin – un doublé et une passe (4-0) -, CR7 n'a inscrit ainsi que deux buts sur ses huit dernières sélections. Contre la Suisse justement.
On est loin de ce à quoi il nous avait habitués. Et c'est pour cela que le sujet existe. Car si CR7 était aussi létal qu'avant, personne n'aurait des doutes sur son rôle. La richesse du vivier portugais dans le domaine offensif rebat cependant aussi les cartes sur l'influence de la superstar de Madère. Entre Rafael Leão, Bruno Fernandes, Diogo Jota, João Félix ou encore Bernardo Silva et dans une moindre mesure Gonçalo Guedes, le Portugal possède une belle richesse pour s'occuper de son animation offensive. Et pendant ce temps-là, Bruno Fernandes endosse lui de plus en plus le statut de leader. De quoi s'interroger sur la présence quasi automatique ces dernières années de CR7 dans le onze de départ ? La question se pose.
Il y a cependant un hic pour ceux qui voudraient voir Ronaldo être un peu moins sollicité. Les numéros 9 ne sont pas légion au Portugal. Alors qu'André Silva traverse une passe difficile avec Leipzig (0 but en Bundesliga et C1 cette saison) et n'a d'ailleurs pas été convoqué ce mois-ci, Fernando Santos n'a retenu qu'un neuf pour ce rassemblement. Avant de faire appel au jeune attaquant des Aigles Gonçalo Ramos, dont c'est la première convocation après l'annonce surprise de la retraite internationale du milieu du Benfica Rafa Silva.

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S'il n'avait pas ouvert les espaces, certains buts n'auraient pas eu lieu
Malgré son faible temps de jeu à Manchester, Cristiano Ronaldo reste donc incontournable devant dans l'esprit du sélectionneur, qui le défend toujours. "Il a eu trois ou quatre occasions de marquer. Parfois, il a mal frappé, d'autres fois il a bien frappé mais il n'a pas marqué. Cela fait partie du football. Mais il a beaucoup travaillé pour l'équipe. S'il n'avait pas ouvert les espaces, certains buts n'auraient pas eu lieu", a d'ailleurs lancé samedi Fernando Santos après le succès de sa formation en République tchèque (0-4). La crainte générée par la présence du quintuple Ballon d'Or pèse forcément sur les défenses adverses. Et le dernier match joué sans CR7 pousse dans ce sens tant le Portugal avait gâché devant le but contre la Suisse (défaite 1-0) en juin.
Cependant, le Portugal pourrait aussi proposer autre chose sans lui. Avec par exemple un Diogo Jota, qui évolue régulièrement dans l'axe à Liverpool. L'idée doit d'ailleurs forcément faire son chemin dans l'esprit du staff des champions d'Europe 2016, bien conscient que Ronaldo n'est pas éternel même s'il espère durer encore longtemps ("Je veux être présent au Mondial et aussi à l'Euro (2024) je l'assume. Mon ambition est grande", a-t-il prévenu). A quelques mois de la Coupe du monde, Cristiano Ronaldo se retrouve donc au cœur des débats au sein même de son pays. Ce n'est pas forcément une première pour lui et il a, jusqu'à présent, toujours su répondre sur le terrain en multipliant les buts. A lui de remettre ça. Encore une fois. Histoire d'écrire encore un peu plus sa légende.
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