Il reste deux matches. Deux matches avant la Coupe du monde. Après ces deux rendez-vous de septembre contre l'Autriche et le Danemark, la prochaine fois que l'équipe de France va se retrouver, ce sera pour se rendre au Qatar. Et quelques jours après, les Bleus vont devoir lancer leur Mondial face à l'Australie. Sans répétition générale de dernière minute. Alors même si les blessés sont légion pour ce rassemblement de rentrée, ces deux chocs de septembre prennent une importance singulière. Et une question s'impose notamment : Didier Deschamps va-t-il s'entêter dans son 3-5-2 ou tout bouleverser ? A priori, DD est parti pour remettre ça.
L'idée d'un "entêtement" trouve son origine dans le passé - plus ou moins récent - des Bleus. Désireux de faire bouger les lignes après la claque contre la Suisse en huitièmes de finale de l'Euro (3-3, 4 t.a.b. à 5) mais aussi de mieux sortir le ballon ou encore de mettre les trois de devant dans les meilleures conditions, Didier Deschamps a misé sur un système à trois défenseurs centraux quasiment toute la saison passée. Du duel face à la Finlande en septembre 2021 au Danemark en juin dernier, il est resté fidèle à cette logique. Mais ça n'a pas toujours été concluant, même si le titre décroché en Ligue des nations avait laissé imaginer une voie royale pour ce système.
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Peut-on revenir en arrière à deux matches du Mondial ?

Dans ce schéma particulièrement exigeant où le collectif et les automatismes sont primordiaux pour compenser les mouvements, les Bleus manquent d'équilibre. Et n'ont pas offert beaucoup de garanties lors des derniers matches joués dans ce système. Alors bien sûr, Deschamps a dû revoir ses plans pour les trois derniers matches de juin, suite à la blessure de Raphaël Varane face aux Danois. Il est repassé à quatre derrière pour les trois dernières sorties, sans obtenir des résultats plus rassurants contre la Croatie (1-1) puis face à l'Autriche (1-1) et lors des retrouvailles face aux Croates (0-1). Mais une idée de projet s'est cependant mise en place lors de la dernière saison. Et c'est à trois derrière.
Alors va-t-il poursuivre sur cette voie ? Cela semblerait logique. Après avoir travaillé durant tant de matches dans un système à trois, cela serait étonnant de tout remettre à zéro alors que les Bleus n'ont plus que deux rencontres à disputer avant le Mondial, même si cette répétition générale est biaisée par les absences multiples dans le onze tricolore. "Rien n'est figé mais le but est toujours de mettre les joueurs dans les meilleures conditions et dans ce que j'imagine faire pendant la Coupe du monde", a rappelé le pragmatique patron des Bleus lors de l'annonce du groupe quand il a été interrogé sur la présence de neuf défenseurs dans sa liste pour savoir si c'était une indication sur le système.

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Dans deux mois, ça sera autre chose
Cependant, un doute plane. Car les déséquilibres entrevus dans le collectif tricolore avec le 3-5-2 intriguent. Tout comme l'état de forme du duo N'Golo Kanté - Paul Pogba, qui laisse un flou au cœur du jeu avant la Coupe du monde. Et quid d'Ousmane Dembélé ? Etant donné l'état de forme de l'ancien Rennais avec le FC Barcelone, les Bleus peuvent-ils s'en passer à l'heure actuelle ? C'est difficile à concevoir. Mais le Barcelonais, rappelé pour la première fois depuis l'Euro, est-il compatible avec ce style de schéma à trois derrière ? Ce n'est pas forcément évident si l'idée reste de mettre tout le monde dans les "meilleures conditions".
Ces questions qui accompagnent les champions du monde depuis quelques mois maintenant poussent à se demander si un retour au 4-2-3-1 asymétrique qui avait si bien fonctionné au Mondial en Russie ne serait pas préférable. "Trois ou quatre, le principal, c'est qu'on défende ensemble, qu'on arrive à être compact ensemble, répond Raphaël Varane. C'est à nous de faire vivre le système. Dans ce système à cinq, je me sens bien, je prends beaucoup de plaisir, on doit aussi se coordonner ensemble. (...) On a les joueurs qui ont des qualités pour jouer dans les deux systèmes".
En attendant d'y voir plus clair, Deschamps trace le même sillon que son leader défensif. Et fait du Deschamps quand il est interrogé sur le sujet : "Mon but est de mettre les joueurs dans la meilleure position pour être le plus dangereux. Ça n'empêche pas de pouvoir changer d'un match à l'autre, a-t-il lancé mercredi en conférence de presse. Prenez l'exemple de l'Autriche, elle a changé trois fois en quatre matches de système en plein match. Chacun aura son opinion là-dessus. Dans deux mois, ça sera autre chose, je n'ai pas tous les éléments ni les réponses. Ma démarche est la même. Il faut faire en sorte qu'on soit solide et dangereux." Et tout dépendra aussi évidemment des hommes qu'il aura sous la main au moment de partir au Qatar, où il aimerait bien ne pas avoir à tout remettre à plat après avoir travaillé une idée toute la saison passée.
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