Dans l’ancien monde, "juin" et "année paire" rimaient invariablement avec grand rendez-vous. C’était ainsi jusqu’en 2018 et les Bleus sont mieux placés que quiconque pour le savoir. Mais le Covid est passé par là, repoussant l’Euro 2020 à l’été 2021. Et la FIFA, bien avant le pangolin ou tout autre responsable, avait mis son grain de sel pour enrayer la machine : la Coupe du monde 2022 aurait lieu une fois l’hiver venu, laissant un trou béant en cette fin de printemps.
La nature n’aimant pas le vide, le rendez-vous habituel a été remplacé par la Ligue des Nations, dont les Bleus sont tenants du titre depuis octobre. Une compétition de substitution pour éviter la langueur monotone de matches amicaux de fin de saison, c’est déjà ça de pris. Mais quatre rencontres, face au Danemark (vendredi), en Croatie (6 juin), en Autriche (10 juin) et encore face à la Croatie (le 13 juin), ça fait beaucoup et c’est même inédit dans l’histoire de l’équipe de France.
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33% des défaites de DD avec les Bleus
Depuis qu’il tient les commandes des Bleus, dix ans (un record), Didier Deschamps, absent vendredi en raison du deuil qui l'a touché mardi, a connu quatre étés sans compétition. On ne compte évidemment pas 2020, particulier à bien des égards. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Bleus ont connu de gros trous d’air durant ces périodes, pour des raisons souvent différentes, même si liées à la place de ces rencontres dans le calendrier plus que par leur nature. Tournée, amicaux classiques, matches officiels, les Bleus de DD ont tout connu à cette période de l’année.
Une statistique résume le tout : Deschamps a dirigé l’équipe de France à 126 reprises. Pour 83 victoires, 25 nuls et 18 défaites. Sur ces 18 revers, 6 ont été concédés en juin. Soit 33%.

Neymar au duel avec Rami lors de Brésil-France en juin 2013

Crédit: Panoramic

En 2013 et 2015, les Bleus avaient même réussi un 0/4, avec une tournée très légère en Amérique du Sud, conclue par deux claques face à l’Uruguay (1-0) et au Brésil (3-0). Deux ans plus tard ? Deux gifles face à la Belgique (3-4), au Stade de France où les Bleus n’avaient jamais encaissé autant de buts, et en Albanie (1-0). En 2017, trois matches dont de qualification pour le Mondial, perdu en Suède (2-1), avec cette fameuse relance hasardeuse d’Hugo Lloris. Enfin, 2019 et la Turquie. Une prestation indigente et une défaite des plus méritées (2-0).
Toujours plus compliqué de concerner les joueurs
Bref, le bilan n'est pas au niveau des standards bleus. Et la seule conclusion que l’on peut en tirer, c’est Didier Deschamps qui la résumait le mieux, lundi : "Ça fait un petit moment que je suis là, je ne peux pas dire que j’ai trouvé la bonne formule, confiait-il. Les saisons sont terminées, les footballeurs non internationaux sont en vacances. On n’a pas toujours eu des matches officiels. Là, c’est une compétition avec la Ligue des Nations, mais sinon, ce sont des matches amicaux, des tournées, etc. Il a toujours été plus compliqué de concerner les joueurs."
Au-delà du caractère des matches, il y a les acteurs qui, s’ils se consolent de ne pas partir en vacances comme l’essentiel de leurs confrères, ont une saison dans les pattes. Deschamps abonde : "On est confronté à des joueurs qui, pour certains, auront été à trois semaines, quinze jours, sans match. Il y a une disparité athlétique et mentale. L’équipe de France est importante mais ce n’est pas l’idéal. On a quatre matches en plus, ça a des avantages et des inconvénients. On ne va pas faire de miracle quant à la condition athlétique des uns et des autres. On va essayer de remettre un peu d’essence dans le moteur."
Seule différence avec ce que DD et les Bleus ont connu jusque-là : la Coupe du monde arrive dans cinq mois. Trotte-t-elle dans la tête des joueurs, notamment avec une répétition face au Danemark ? Ou est-elle encore trop loin pour être autre chose qu’un mirage dans le désert ? "On a ce rendez-vous avec quatre matches, plus deux en septembre, comptabilisait le sélectionneur, lundi. Ce n’est qu’en novembre mais ça va venir vite surtout que l’on n’aura pas de préparation. On est loin sans être loin. Ça doit nous servir de répétition". Ajoutez à cela qu'en juin 2013, certains internationaux y avaient égaré leur billet pour le Mondial 2014 en Amérique du Sud. Huit ans plus tard, les Bleus sur le pont ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas.

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