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Besiktas - OL - Charbonnier : "Dans le stade de Besiktas, j'ai pris un seau de mollards sur la tête"

Charbonnier : "Dans le stade de Besiktas, j'ai pris un seau de mollards sur la tête"

Le 20/04/2017 à 00:47

LIGUE EUROPA – Lionel Charbonnier a connu l'enfer de Besiktas avec Auxerre. C'était en octobre 1994 en 8e de finale de Coupe des Coupes (2-2). Pour Eurosport.fr, et à la veille du quart de finale retour de l'OL à la Vodafone Arena, il se souvient de ce voyage particulièrement bouillant.

Quel souvenir gardez-vous de votre déplacement en 1994 sur la pelouse du Besiktas avec Auxerre ?

L.C. : Je me souviens qu'à la veille du match, nous avions un quartier libre. Du coup, nous sommes allés dans le Grand Bazaar, le principal marché couvert d'Istanbul. Frank Verlaat m'avait conseillé de ne pas porter le survêtement du club mais certains ont fait cette erreur. J'ai vu des coéquipiers courir pour rentrer dans le bus. Le marché est devenu une cocotte-minute en trois secondes quand les Stambouliotes nous ont reconnus.

Et quelle était l'ambiance dans le stade le jour du match ?

L.C. : Pendant notre reconnaissance, soit une heure et demie avant la rencontre, le stade était déjà plein. C'est bien simple, c'est la plus grosse et la plus belle ambiance que j'ai pu vivre dans ma carrière. Personnellement, ça m'a galvanisé, j'ai pris un shoot d'adrénaline. A l'échauffement, c'était une pure folie. Dominique Cuperly me chauffait les gants mais il a envoyé un ballon au-dessus des cages. Je suis allé le chercher et, aussitôt, j'ai pris un seau de mollards sur la tête. Une centaine de crachats se sont déversés sur moi. J'ai eu une envie de vomir soudaine. Je voyais les supporters avec les yeux exorbités, comme des lions en cage.

Lionel Charbonnier sous le maillot d'Auxerre

Lionel Charbonnier sous le maillot d'AuxerreAFP

" Lopes ne doit pas répondre aux provocations"

Vous souvenez-vous de débordements durant la rencontre ?

L.C. : Non. Tout s'est bien passé. Il y avait une énorme intimidation mais ça fait partie du folklore. Durant la rencontre, j'ai dû allé chercher un ballon derrière mon but parce qu'il n'y avait pas de ramasseur de balle. Je ne voulais pas y aller mais le public mettait une pression énorme et j'ai vu l'arbitre se rapprocher de moi. Du coup, je suis allé chercher le ballon et j'étais aussitôt couvert de mollards. L'arbitre s'est excusé mais il s'est senti obligé de me donner un carton rouge sous la pression du public. A l'époque, les grillages se situaient juste derrière le but, ce n'est plus le cas dans le nouveau stade. Et on nous jetait des pièces mais comme les temps sont durs aujourd'hui…

Quel conseil donneriez-vous aux Lyonnais qui seront dans votre position ce jeudi ?

L.C. : Il faut ignorer les supporters. Anthony Lopes doit faire attention et ne doit pas répondre aux provocations. Il a à progresser dans ce domaine. Les supporters savent qu'il est capable de péter un câble. Du coup, ils s'en prennent à lui. S'il répond jeudi, il tombera dans leur piège. Il doit se nourrir de l'ambiance mais ne pas être arrogant.

Le stade a changé. Les joueurs sont sans doute moins exposés à la Vodafone Arena qu'au stade BJK Inonu.

L.C. : C'est certain. Au Besiktas, dans le nouveau stade, les dirigeants ont l'habitude de gérer des ambiances très chaudes. Les Lyonnais ne doivent pas avoir peur sinon ce n'est pas la peine d'aller sur le terrain. Il ne faut pas être émotif ou à fleur de peau. Jeudi, ils vont devoir éteindre un incendie. Il faudra y aller tête baissée mais avec les idées claires.

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