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Demi-finale aller : OM - Salzbourg, souviens-toi... l'automne dernier

Souviens-toi... l'automne dernier

Le 26/04/2018 à 00:52Mis à jour Le 26/04/2018 à 18:36

LIGUE EUROPA - L'OM accueille le RB Salzbourg jeudi pour sa première demi-finale de C3 depuis 2004. Si la double confrontation fermée avec les Autrichiens en phase de groupes appelle à la prudence, les deux équipes ont nettement changé depuis l'automne, et surfent sur l'euphorie de leur quart de finale respectif.

Le contexte

Ces dernières semaines, tout Marseille se voit déjà aller gagner la Ligue Europa chez Jean-Michel Aulas. Pour espérer soulever le trophée au Groupama Stadium le 16 mai prochain, l’OM doit néanmoins se débarrasser d’un obstacle de poids en demi-finale. Certes, le Red Bull Salzbourg n’a ni la dimension, ni l’effectif, ni le CV européen d’Arsenal ou de l’Atlético de Madrid, opposés dans l’autre affiche de jeudi. La double confrontation entre l’OM et Salzbourg en phase de poules appelle pourtant à la prudence. Marseille n’avait pas réussi à se défaire des Autrichiens en début de saison. Pour Rudi Garcia, il n’en faut pas plus pour faire de Salzbourg le “favori”.

"C’est la vérité, s’est défendu l’entraîneur de l’OM en conférence de presse. Cette équipe nous a battus là-bas, et nous, on ne l'a pas battue ici." Marseille s’était en effet incliné en Autriche sur une courte marge (1-0), avant de concéder un nul au Vélodrome quelques semaines plus tard (0-0). Le contexte était malgré tout très différent pour l’équipe de Garcia : à l’aller, le coach marseillais avait fait tourner, en alignant Kamara ou Evra derrière. Au retour, l’OM avait dû composer sans Florian Thauvin, blessé, ni Payet, préservé.

Stéfan Lainer (Red Bull Salzburg) et Hiroki Sakai (Marseille)

Stéfan Lainer (Red Bull Salzburg) et Hiroki Sakai (Marseille)Getty Images

Surtout, l’OM se remettait seulement avant le match aller d’un début de saison compliqué, marqué par l’humiliation contre Monaco (1-6) ou la défaite sans appel face à Rennes (1-3) à domicile. Au retour, les Marseillais n’avaient pas tenté grand chose, se contentant de leur point synonyme de qualification dans un Vélodrome qui sonnait creux. Seulement, l’OM a changé depuis. Marseille est de nouveau animé par l’euphorie des grandes soirées européennes, quatorze ans après sa dernière demi-finale continentale face à Newcastle et quelques semaines après la soirée mémorable face à Leipzig (5-2).

Mieux, l’attaque phocéenne, quelconque en phases de poule, est en feu. Kostas Mitroglou avait joué ses premières minutes marseillaises contre Salzbourg, à l’aller. Le début, pour le Grec, d’une adaptation compliquée. Tout est oublié désormais, après ses cinq buts lors de ses cinq derniers matches. L’OM vient de marquer treize fois en trois rencontres, et s’avance en pleine confiance, mettant presque de côté ses soucis défensifs. Tout le contraire en somme de sa phase de poule. Pour autant, la douce folie de l'événement existe aussi chez l’adversaire. Le Red Bull Salzbourg a éliminé au tour précédent la Lazio, au prix d’une remontée fantastique (4-2, 4-1). Il ne sera, lui non plus, plus le même qu’à l’automne.

Le joueur à suivre : Dimitri Payet

Jeudi au Vélodrome, Dimitri Payet n’aura pas que le destin de l’OM entre les pieds. Cette demi-finale est une nouvelle occasion de prouver qu’il a définitivement sa place parmi les 23 de Didier Deschamps pour la Coupe du monde. Son match étincelant face à Leipzig, ponctué par un but aux allures de chef d’oeuvre, a plus que jamais relancé le débat sur sa place en équipe de France. Parfois absent cette saison, mais impliqué sur sept réalisations en C3 et en constante progression, Payet a sans doute déjà colmaté une grande partie de son retard sur le groupe des Bleus. Quoi de mieux qu’une grande soirée européenne pour confirmer, et emmener l’OM dans son sillage ?

Trois stats à avoir en tête

1 : Le Red Bull Salzbourg n’a perdu qu’un seul de ses 21 derniers matches de coupe d’Europe : c’était cette saison, lors du quart de finale aller de C3 contre la Lazio (4-2).

3 : Salzbourg possède un bilan favorable face aux clubs français, avec trois victoires pour un nul et deux défaites.

7 : Avec trois buts et quatre passes décisives, Dimitri Payet est impliqué sur sept buts cette saison en Ligue Europa. Seuls trois joueurs font mieux : Immobile, Aduriz et Kokorin (9).

Rolando (Marseille) face à Salzburg

Rolando (Marseille) face à SalzburgGetty Images

Ils ont dit

  • Rudi Garcia, entraîneur de l’OM
" On a pris cinq buts en trois matches, et il va falloir faire mieux si on veut continuer à espérer."
  • Valère Germain, attaquant de l’OM
" On va leur laisser la pression. Être l’outsider, ça nous réussit bien."
  • Marco Rose, entraîneur du Red Bull Salzbourg
" On va venir à Marseille avec le plein de confiance."

Vidéo - Garcia : "Le favori, c'est Salzbourg"

01:08

Notre avis

Sur le papier, l’OM n’affronte pas un mastodonte. Le Red Bull Salzbourg a néanmoins déjà prouvé qu’en dépit de son expérience, il était capable de grandes choses en Europe. C’est une certitude : les deux équipes auront un tout autre visage que celui montré à l’automne. On devrait voir plus de buts que lors de la double confrontation des phases de poule. Marseille a les individualités pour s’en sortir, et saura se sublimer dans un Vélodrome en fusion. Attention néanmoins à ne pas se laisser emporter par l’euphorie : si elle a servi les joueurs de Rudi Garcia en quarts, le fait de jouer le match retour en Autriche change la donne, et appelle à plus de prudence jeudi.

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