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L'antisèche de Marseille – Atlético Madrid (0-3) : Le vent de l'épopée a soufflé vingt minutes…

L'antisèche : Le vent de l'épopée a soufflé vingt minutes…

Le 16/05/2018 à 23:42Mis à jour Le 17/05/2018 à 09:29

LIGUE EUROPA – Comme en 1991, 1999 et 2004, l’Olympique de Marseille s’est incliné en finale d’une coupe d’Europe. Mercredi à Lyon, c’est l’Atlético qui a mis fin au rêve olympien. Mais, si Antoine Griezmann et ses copains se sont montrés impitoyables, les Marseillais se sont tirés une belle balle dans le pied après vingt premières minutes de qualité. Encore une fois.

Le jeu : Du bon pied pour finir la tête à l’envers

Ils ont balancé un long ballon dès l'engagement, comme pour montrer qu'ils n'avaient pas peur du combat qu'allait leur imposer l'armada de Diego Simeone. Ils ont fait mieux que ça lors de vingt premières minutes abouties et au cœur desquelles il n'aura manqué qu'un but, que Germain a pourtant eu au bout du pied. Ce même bout de pied qui a joué des tours à Zambo Anguissa, auteur d'un contrôle long comme ses cannes et que Griezmann a transformé en but (21e).

Mené au score, le 4-2-3-1 de Garcia s'est petit à petit désuni après la sortie malheureuse de Payet et l'Atlético qui a fait prévaloir son expérience. Les coéquipiers de Diego Costa n'en ont pas trop fait, jouant dans leur camp, sans le ballon bien souvent, le football qu'ils aiment, fait de patience et d'une forme d'attentisme apparent. Pour mieux piquer un OM qui a définitivement plongé après la pause.

Les joueurs : Zambo coûte cher, Griezmann superstar

Comme l’OM, Zambo Anguissa a eu tout bon pendant vingt minutes et des poussières. Et un peu après, aussi. Malheureusement, une micro-seconde d'inattention sur une passe - il est vrai - dispensable de Steve Mandanda, l’a fait entrer dans la grande histoire des maudits de l'OM. Pas loin de Laurent Blanc, qui avait, cruellement et malgré lui, fait basculer la finale de C1 en 1999.

Lucas Ocampos a donné tout ce qu'il avait, mais l'énergie suffit rarement en finale de Coupe d'Europe. La bonne volonté non plus. Bouna Sarr en est un exemple parfaitement abouti. Valère Germain n'a pas plus pesé sur l'Atlético que sur sa balance. Enfin, et même si cela ne lui fera pas plaisir, Florian Thauvin est encore passé à côté d'un rendez-vous majeur.

Côté Atlético, comment ne pas féliciter Antoine Griezmann qui, s'il a mis deux buts et levé la malédiction de ses deux grandes finales de 2016, a aussi brillé par son activité et son intelligence dans le jeu. Pour se consoler, le football français peut se dire que le meilleur buteur de l'Euro arrive lancé au Mondial. Déjà ça de pris.

Antoine Griezmann auteur d'un doublé en finale de la Ligue Europa contre l'OM

Antoine Griezmann auteur d'un doublé en finale de la Ligue Europa contre l'OMGetty Images

Le facteur X : Et si Germain…

On peut refaire l'histoire dans les tous les sens, se remémorer tous les détails d'une finale qui s'est terminée comme on le craignait. Mais qui avait débuté comme on ne l'aurait pas forcément imaginé. Avec un OM conquérant. Et un Valère Germain à qui Dimitri Payet a offert un caviar que le fils de Bruno a envoyé dans les nuages. On jouait alors la quatrième minute.

La stat : 0

Comme le nombre de buts inscrits par l’Olympique de Marseille depuis la 44e minute de la finale de la Ligue des Champions 1993. Parme en 1999, Valence en 2004 et donc l'Atlético Madrid en 2018 sont restés imperméables. Comme l'Etoile Rouge de Belgrade l'était restée durant cent-vingt minutes en 1991.

Vidéo - L'Atlético et Griezmann dans l'histoire, l'OM et Zambo aussi... : La finale en chiffres

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Le tweet : La désolante timeline du football français

La décla : Adil Rami (défenseur de l'OM)

" La marche était trop haute. Il ne faut pas jouer au ballon face à eux, il faut savoir balancer. Sinon on se met en danger. Et puis il y a eu un fantastique Antoine Griezmann."

La question : L'issue de cette finale était-elle inéluctable ?

"C'était sûr". "Je te l'avais bien dit". "L'Atlético était trop fort". Vous en entendrez, jeudi matin, pas loin de la machine à café, proférer ce type d'analyses définitives sur une finale qui n'a pas accouché de la surprise dont rêvait l'Olympique de Marseille et ses bruyants supporters. Ils auront raison de vous rappeler qu'ils avaient vu juste et que, sur le papier, l'OM ne pesait pas hyper lourd face à des Colchoneros qui savent, mieux que personne, tuer un adversaire en le cuisinant à l'étouffée. Difficile de leur donner tort puisqu'ils ont complètement raison.

Difficile néanmoins de ne pas rappeler que la finale a définitivement tourné sur une faute technique qui n'est plus pardonnée après les U9. L'OM a eu raison dans ses intentions, sauf dans la finition, durant près du quart de cette finale. C'est peu. Mais c'est suffisant pour avoir des regrets. Car si la défaite a toujours ce goût acre reconnaissable entre mille, il tend vers l'amertume quand le revers nait d'un événement que le tableau noir ne pouvait évidemment pas prévoir.

Et si Zambo n’avait pas raté son contrôle ? Cela n’aurait peut-être pas empêché l’OM de se prendre les doigts dans la porte en tentant de l'ouvrir sur le paradis. Et peut-être que cela n’aurait rien changé. Mais on ne peut s’empêcher de le regretter. Le vent de l'épopée aurait soufflé plus de vingt minutes.

Luiz Gustavo (Marseille) lors de la finale de la Ligue Europa

Luiz Gustavo (Marseille) lors de la finale de la Ligue EuropaGetty Images

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