Marc Keller, vous êtes membre du comité exécutif de la FFF depuis 2016. Avez-vous hésité avant de vous représenter aux côtés de Noël Le Graët, qui préside la Fédération depuis 2011 ?
Marc Keller. : "Non, je faisais partie des gens qui poussaient Noël Le Graët à se représenter. Il a pris une très bonne décision. Avant le Covid, on était dans une vraie dynamique sportive, économique, populaire, sociale, pour le foot français. Sur le bilan, il n'y a rien à dire. Et par rapport à la crise qu'on traverse, l'expérience du président est un vrai atout."
N'est-il pas risqué d'axer la campagne sur la continuité, quand les listes concurrentes pour l'élection du 13 mars promettent du renouveau ?
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M.K. : "Le président parle vrai. Il y a un travail d'urgence à faire, puis sur le moyen terme. Une des priorités consiste à renforcer l'accompagnement des clubs face à la crise sanitaire, pour qu'ils obtiennent toutes les aides disponibles notamment de l'Etat. Ils ne sont pas forcément structurés en interne pour le faire. Il y a aussi la création d'une cellule FFF-Ligues-Districts pour accompagner l'application des protocoles sanitaires. Troisième mesure d'urgence : l'attribution de 10 millions d'euros de dotation en matériel en juin 2021 pour accompagner le retour des clubs amateurs sur le terrain. Cette opération peut être renouvelée une fois, c'est un engagement en quelque sorte de 20 millions d'euros. Sur le moyen terme, l'idée c'est de travailler sur davantage de mixité, avec notamment la première licence gratuite aux femmes dirigeantes... On souhaite aussi donner une dynamique à l'arbitrage amateur."

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Vous êtes en charge des sélections de jeunes pour le Comex actuel. Conserveriez-vous cette attribution en cas de réélection ?
M.K. : "A titre personnel, j'ai pris un grand plaisir aux missions qui étaient les miennes, notamment auprès des Espoirs. Ils se sont qualifiés deux fois de suite pour la phase finale de l'Euro, on ira aussi aux Jeux olympiques... Je ne cache pas que je me réjouirais d'accompagner encore cette sélection, mais c'est Noël Le Graët qui va décider."
L'histoire de la succession ? Ce n'est pas le sujet aujourd'hui
Noël Le Graët est toujours très élogieux envers vous, à tel point que vous avez été perçu comme son héritier, son dauphin potentiel...
M.K. : "Sur l'histoire de la succession, c'est vrai que mon nom est apparu ici ou là... Ce n'est pas le sujet aujourd'hui. La campagne va commencer, on va débuter la tournée des ligues, il y a une élection à gagner. Je reconnais que Noël Le Graët a dit que j'étais un successeur possible, qu'il m'aimait bien, c'est très flatteur. Mais il a rappelé aussi que j'étais président de Strasbourg (une fonction incompatible avec un mandat exécutif). C'est un club que j'ai fait grandir et qui doit encore grandir. S'il est élu, il s'engage pour un mandat de quatre ans et moi je serai à ses côtés pour continuer le travail entamé sous sa direction."
Vos parcours et vos personnalités sont différentes, mais un lien fort semble vous unir. D'où vient cette proximité ?
M.K. : "C'est une relation proche, mais axée sur l'efficacité. On échange souvent, on partage nos idées. On a une proximité liée à notre ancrage régional, lui en Bretagne et moi en Alsace, et l'attachement à un club. C'est un président qui aime faire remonter les idées avant de trancher. Il est à l'écoute des membres du Comex et j'apprécie ce mode de travail participatif."
Cette liste s'inscrit dans la continuité de la précédente. Les concurrents jouent la carte du "dégagisme" et tirent à boulets rouges sur la gestion du foot amateur. Ces critiques vous agacent-elles ?
M.K. : "Dans la liste de Noël Le Graët, il y a quatre présidents de ligues, un président de district, la voix des amateurs est entendue et leur cause est âprement défendue au Comex. Par rapport à ce que font Michel Moulin ou Frédéric Thiriez, je préfère parler des projets que de critiquer. Nous sommes là pour parler du bilan et imaginer la vision à court et à moyen termes. Sur la saison 2019-20, il y a à peu près 90 millions d'euros qui ont été reversés au football amateur. Ce sont des chiffres qui parlent."
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