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Bleus mais déjà mûrs
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Publié 30/03/2007 à 07:00 GMT+2
En Lituanie ou face à l’Autriche, les novices de l’équipe de France n’ont pas déçu. Il faut dire que les anciens, Thuram notamment, les ont mis dans le bain. Parfaitement intégrés, les Benzema, Diaby, Diarra ou Nasri ont apprécié et n’ont désormais qu’une
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Un match amical a toujours un intérêt. Parfois, il faut s'employer à gratter la patine pour le trouver. D'autres fois, il saute aux yeux. Ce fut le cas mercredi soir lors d"un France-Autriche (1-0) qui a peut-être écrit les premiers pages d"une nouvelle histoire de l"équipe de France. En intégrant et en donnant la clé à quelques jeunes talentueux, comme Abou Diaby (2e sélection), Lassana Diarra (2e sélection), Samir Nasri (1re sélection) ou Karim Benzema (1re sélection), Raymond Domenech a creusé un réservoir qui ne cesse de s'approfondir. Il a également ouvert de belles perspectives à une nouvelle génération. Du "gagnant-gagnant" selon l"expression consacrée par l'ancien entraîneur de l'OL.
Sur la pelouse du Stade de France, les bleus des Bleus ont semblé comme des poissons dans l'eau. Rarement leur inexpérience n'a semblé prendre le dessus. Lassana Diarra a confirmé sa première cape convaincante et honorée samedi dernier en Lituanie (victoire 1-0). Samir Nasri et Adou Diaby, titularisés à ses côtés, n'ont pas dépareillé, avec une mention spéciale pour le joueur de l'OM, ovationné comme peu de Marseillais l'ont été au Stade de France, Zinédine Zidane mis à part... Quant à Karim Benzema, entré à la pause en lieu et place d'un Djibril Cissé conspué à chacun de ses loupés, il n'a mis que sept minutes à ouvrir son compteur en équipe de France.
Intégration réussie
Si le talent est pour beaucoup dans cette soirée réussie, il n'est pas inutile de signaler que leur intégration a été un franc succès. Dès leur arrivée à Marcoussis en début de semaine dernière, ils ont été pris sous l'aile de quelques anciens soucieux de les mettre dans les meilleures dispositions. On pense évidemment à Lilian Thuram. Du haut de ses désormais 128 sélections, le Barcelonais est allé vers les jeunes pousses. Mercredi à l'issue du match, son nom revenait d'ailleurs souvent dans les bouches des Nasri, Diaby, Diarra et autre Benzema. "Une fois arrivés, des joueurs comme Claude Makelele ou Lilian Thuram, qui ont un certain vécu et un passé en sélection, nous ont parlé comme si on était là depuis des années. Ils nous ont facilité la tâche et nous ont mis dans les meilleures conditions", a confié Nasri. Lassana Diarra aussi a apprécié l'accueil : "L'intégration s'est bien passée. Les plus anciens nous ont mis à l'aise. Par les mots mais aussi lors des entraînements, on te donne la balle, on te met dans le bain. C'est bien de se sentir à l'aise dans un groupe. C'est plus facile après."
Même son de cloche du côté d'Abou Diaby. Le Gunner a pu profiter de l'aide des plus expérimentés, lui qui n'a disputé qu'une poignée de matches de Premiership depuis le début de sa carrière. "C'est plus facile de s'intégrer avec des grands joueurs autour. Ils nous ont beaucoup aidés. Sur ce plan, il n'y a eu aucun problème. Les anciens essayent de nous orienter. Lilian Thuram m'a beaucoup parlé. Il me conseillait au niveau du placement sur le terrain." Les anciens ont joué leur rôle. Mais encore fallait-il tomber sur des jeunes à l'écoute. A fortiori, ils le sont. Et ont de surcroît bien compris qu'il fallait rester à sa place pour durer. Ne pas griller les étapes.
Cette jeunesse-là a bien en tête que pour revenir en équipe de France, il faudra continuer, voire mettre les bouchées doubles. "Revenir, il faut s'en donner les moyens, assume Samir Nasri. Il faut désormais redescendre sur terre et continuer à travailler. Ne pas se croire arrivé, travailler, faire preuve de régularité dans les performances, d'une certaine continuité et se montrer décisif. Il n'y a que comme cela que l'on peut être rappelé." Karim Benzema l'a aussi compris. On savoure mais on se remet rapidement la tête dans le guidon : "Je travaille tous les jours à fond. De plus, j'ai un bon groupe qui m'encadre et j'essaie de gravir les échelons tout doucement. A moi de continuer."
Dans leur bouche, la valeur "travail" a pris une place particulière. Et encore une fois, Lilian Thuram n'y est pas étranger. Mardi avant la rencontre face à l'Autriche, le défenseur dévoilait les petits conseils qu'il a savamment distillés aux jeunes : "Ça semble stupide de répéter cela mais c'est le travail qui permet d'y arriver. Je discutais dernièrement avec l'un d'entre eux. Je lui disais que l'on parle souvent des qualités de Zidane mais on oublie d'insister que derrière le talent il y avait une capacité de travail énorme. Pour durer, il faudra aussi qu'ils sachent se remettre en question." Avec Lilian Thuram, arrivé en sélection en août 1994, les Nasri et compagnie ont trouvé un exemple de choix. Le guide vers les sommets est le bon. Reste à suivre le sillon.
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