La première touche de Griezmann

Depuis la rentrée, le joueur formé à la Real Sociedad prend une nouvelle envergure dans le collectif des Bleus. Le souhait de Didier Deschamps de "verticaliser" le jeu en s'appuyant sur une "première passe" efficace des défenseurs a rendu capitale la capacité des attaquants à enchaîner rapidement. Et dans ce registre précis, Antoine Griezmann a montré bien plus de qualité que les autres, notamment Mathieu Valbuena, parfois en difficulté face à l'Arménie.
Sa "première touche" et sa capacité à prendre immédiatement la profondeur pour offrir une solution lui permettent de bonifier les relances de ses partenaires. Lorsqu'il est trouvé entre les lignes adverses, le ballon ne ralentit pas et les Bleus parviennent souvent à poursuivre l'action jusque dans les 20 derniers mètres adverses, s'installant dès lors très haut (zone où Valbuena prend ensuite le relais). Très utile dans une équipe où les milieux relayeurs se nomment Paul Pogba et Blaise Matuidi, qui peuvent arriver lancés sur les remises de leurs attaquants.
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Face au Danemark, l'absence de Valbuena a poussé Griezmann à prendre plus de responsabilités. D'abord cantonné au flanc droit, où il a beaucoup combiné avec Jallet, le joueur formé à la Real Sociedad a très vite dézoné pour offrir des solutions à ses partenaires. Malgré un rythme de jeu plus lent, il a conservé ses habitudes : lâcher rapidement la balle afin de faire courir le ballon et offrir de nouvelles solutions. Il a notamment permis aux Bleus d'utiliser intelligemment la largeur.

Deux profils de n°6

Au mois de juin, l'équipe de France était au fond du gouffre après ses défaites face à la Belgique et l'Arménie. Un poste en particulier suscitait beaucoup de crainte chez les observateurs : celui du n°6, ce milieu positionné devant la défense centrale. En difficulté au PSG, Yohan Cabaye était alors le choix n°1 de Didier Deschamps. Un choix qui avait été gagnant en 2013 face à l'Ukraine, mais qui, depuis, était loin de donner satisfaction.
Mais en football, tout va très vite et les choses ont bien changé en l'espace de quelques mois. Face à l'Arménie, la France a redécouvert Lassana Diarra et son volume de jeu. Le Marseillais a décuplé l'activité défensive des Bleus et contribué à de nombreuses récupérations. Moins en vue lorsqu'il fallait casser les lignes adverses, sa capacité à jouer vite vers l'avant après un duel gagné pourrait en faire un joueur précieux. Notamment dans les matches couperets, plus fermés et où la qualité des transitions fait souvent la différence.
La rencontre face au Danemark a, elle, confirmé les bonnes dispositions de Morgan Schneiderlin dans ce rôle de "sentinelle". Encadré par Moussa Sissoko et Blaise Matuidi, le joueur de Manchester United a fait parler son sens de l'anticipation en chassant les milieux danois jusque dans leur moitié de terrain. Avec le ballon, il a pris plusieurs fois ses responsabilités en recherchant directement ses attaquants. Un registre différent mais pas moins intéressant.

Lassana Diarra contre l'Arménie

Crédit: AFP

Ils ont aussi marqué des points

  • Absent de la liste de rentrée, Mamadou Sakho a retrouvé sa place aux côtés de Raphaël Varane face à l'Arménie. Si ses erreurs en deuxième mi-temps ont terni sa prestation, sa capacité à "verticaliser" le jeu des Bleus a contribué au bon rythme de la première période. Sur ce point, l'ancien Parisien a indéniablement une longueur d'avance sur Eliaquim Mangala ou kurt Zouma, qui n'ont pas le même bagage dans cet exercice précis. A lui désormais de se relancer complètement à Liverpool en profitant de l'arrivée de Jürgen Klopp.
  • Conséquence directe de la titularisation de Lassana Diarra contre l'Arménie, Yohan Cabaye est revenu à son poste de prédilection de relayeur. Et le joueur de Crystal Palace n'a pas perdu de temps pour retrouver des repères, rappelant qu'il pourrait être une doublure intéressante derrière Pogba et Matuidi en juin prochain. En position défensive, sa bonne lecture des trajectoires lui a permis de ratisser plusieurs ballons au milieu de terrain. Plus mobile, il a aussi eu plus de champ pour faire parler son jeu long.
  • Pour sa première titularisation en bleu, Anthony Martial n'a pas fait dans le détail. Face à une formation danoise apathique mais laissant peu d'espaces dans l'axe, l'attaquant le plus cher de Premier League est devenu la solution n°1 pour la relance française sur son aile gauche. Très solide dos au but, il a dominé physiquement son vis-à-vis et remis intelligemment à Digne ou Matuidi qui arrivaient lancés. Sa polyvalence pourrait offrir à Deschamps une solution supplémentaire face à des blocs densifiés dans l'axe.

Anthony Martial et Olivier Giroud - Danemark-France 2015

Crédit: AFP

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