Aux côtés de Hatem Ben Arfa et André-Pierre Gignac, Kingsley Coman est le 3e convoqué "surprise" de Didier Deschamps pour les matchs amicaux face à l'Angleterre et l'Allemagne. Contrairement aux deux autres, il va découvrir le groupe France et Clairefontaine dans la peau d'un international A. Une progression somme toute logique pour un habitué des espoirs et des sélections de jeunes (près de 40 matchs joués depuis les U16), mais fulgurante grâce à son éclosion-éclair sous les couleurs du Bayern Munich.

Coman au Bayern : la "doublure" de Douglas Costa

Eclair car lorsque Coman rallie la Bavière fin août après une saison passée sur le banc de la Juve (14 apparitions, mais seulement 5 titularisations), difficile de l'imaginer s'imposer aussi rapidement dans la rotation du Bayern. Pourtant, près de quatre mois plus tard, l'ancien Parisien a déjà battu son record de titularisations (7 toutes compétitions confondues) et possède un vrai rôle dans l'effectif bavarois. Même s'il a profité des pépins physiques qui ont touché et touchent encore Götze, Robben ou Ribéry, il a surtout su saisir sa chance et devenir un atout offensif supplémentaire pour la formation de Pep Guardiola.
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Sur le plan statistique, Coman est aujourd'hui le deuxième "dynamiteur" de l'équipe derrière Douglas Costa. Avec le Brésilien, il partage une réelle science du dribble et l'envie de toujours aller provoquer les défenseurs adverses. En terme de dribbles tentés et réussis, il rivalise même avec l'ancien ailier du Shakhtar Donetsk, devenu superstar en Bavière depuis son arrivée au début de l'été. Avec 5 passes décisives, Coman est aujourd'hui le 3e meilleur passeur de l'équipe toutes compétitions confondues derrière Douglas Costa (9) et Thiago Alcantara (6). Sa dernière en date remonte à mercredi dernier, face à Arsenal en Ligue des champions.

Kingsley Coman (Bayern) face à Kevin Vogt (Cologne)

Crédit: AFP

Son excellent début de saison s'explique aussi par son rôle sur le terrain. Lorsque le Bayern est dans la moitié de terrain adverse, ce qui arrive très souvent, Coman évolue collé à la ligne de touche. Il attend les renversements de jeu venant du côté opposé ou les services de son latéral pour aller provoquer la défense adverse. A chaque fois, il bénéficie du travail de ses partenaires, qui lui créent l'espace ou viennent lui offrir des solutions sur lesquelles s'appuyer. En résumé, son profil de dribbleur se fond parfaitement dans l'animation de jeu mise en place par Pep Guardiola. En quelques mois, Coman a aussi intégré les consignes défensives de l'entraîneur catalan et participe à l'effort collectif dès que le ballon est perdu.

Coman en Bleu : un autre système de jeu à "intégrer"

Un point évidemment important alors que va se poser la question de son intégration à l'équipe de France. Excepté son attaquant de pointe, Didier Deschamps demande en effet à tous ses joueurs de revenir défendre si nécessaire. Face au Danemark le mois dernier, Martial avait passé le test avec brio en bloquant efficacement son couloir gauche face à Jacobsen (en plus de lui poser beaucoup de problèmes dans l'autre moitié du terrain). A Coman de faire les mêmes efforts pour marquer déjà quelques points sur le plan de l'état d'esprit.
Mais le plus gros chantier pour lui reste évidemment son intégration à l'animation offensive française. Car l'équipe de Didier Deschamps est très loin du système de jeu tourné vers l'attaque du Bayern Munich. Contrairement à Pep Guardiola, le sélectionneur français laisse beaucoup de liberté à ses éléments offensifs. Coman saura-t-il gérer cette relative nouveauté sans s'éparpiller ? La question peut être posée en attendant ses débuts. Autre élément-clé, le jeu plutôt vertical des Français met souvent les attaquants dans des situations de remises, dos au but et dans l'axe. Soit le contraire des habitudes de Coman, qui devra se montrer "malléable" pour rentrer dans les habitudes de jeu des Bleus.
Au-delà de ses considérations tactiques, l'arrivée de Kingsley Coman sous le maillot bleu se présente surtout comme le test d'un nouvel élément offensif. Si Martial a montré qu'il pouvait être une solution sur l'aile gauche, les Bleus n'ont plus de véritable joueur de son profil depuis l'arrêt de Franck Ribéry. Ntep blessé, c'est l'ancien Parisien qui en profite et a une occasion de montrer ses qualités de percussion. A lui de saisir sa chance comme il a su le faire jusqu'ici sous les couleurs bavaroises... même si les conditions risquent d'être moins favorables pour qu'il puisse étaler toute sa palette offensive.
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