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Million d’euros et Premier League : pourquoi la Belgique n’affronte "que" l’Arabie saoudite

Million d’euros et Premier League : pourquoi la Belgique n’affronte "que" l’Arabie saoudite

Le 26/03/2018 à 22:44Mis à jour Le 27/03/2018 à 14:02

MATCHES AMICAUX - Alors que les chocs aux allures de finale se multiplient au mois de mars, la Belgique a décidé d’aller à contre-courant en affrontant l’Arabie Saoudite mardi (20h45). Une histoire de gros sous, mais aussi d’accords avec les clubs de Premier League accueillant des joueurs belges.

Espagne-Argentine, Allemagne-Brésil, France-Colombie… Ce mois de mars a des allures de phase finale de Coupe du monde. Et pour cause : à quelques semaines du coup d’envoi du Mondial russe, les gros profitent du printemps pour montrer leurs muscles à travers ces nombreux chocs. Mais, parmi les prétendants au titre, la Belgique nage à contre-courant. Les Diables rouges sont l’un des seuls favoris à ne disputer qu’un seul match au mois de mars, a fortiori contre une opposition faible : l’Arabie Saoudite. Le choix de cet adversaire, dernier sparring partner mardi avant l’annonce de la liste des sélectionnés pour la Russie, interroge.

La fédération belge n’a pourtant pas hésité à accepter le match. L’amical représente en effet une aubaine financière : le quotidien Le Soir rapporte que la fédération saoudienne aurait mis un million d’euros sur la table pour affronter les Diables rouges. Aussi les dirigeants belges se sont-ils gardés de tout commentaire politique. Roberto Martinez, le sélectionneur belge, a lui refusé de se mouiller : “Je pense que le football est une opportunité incroyable pour apporter quelque chose de positif aux communautés. Après, je ne veux pas m’impliquer dans autre chose. Je souhaite juste voir deux équipes qui se respectent entre elles, et qui respectent les droits humains.

Axel Witsel, Romelu Lukaku et Thorgan Hazard avec la Belgique

Axel Witsel, Romelu Lukaku et Thorgan Hazard avec la BelgiqueEurosport

L’accord anglais

Au-delà des considérations éthiques et financières, le choix de l’adversaire a aussi étonné au niveau sportif. Pendant que les grandes nations se croisent entre elles, pour le prestige où à la recherche d’un défi, la Belgique se contente d’un sparring partner. L’Arabie Saoudite est certes qualifiée pour la Coupe du monde russe, mais elle ne possède que peu d’arguments. Le choix d’une équipe aussi faible se fait habituellement en juin, juste avant l’ouverture de la compétition. À titre de comparaison, l’Allemagne affronte justement début juin l’Autriche et l’Arabie Saoudite.

Mais ce choix répond en réalité d’une volonté claire du staff belge. Avant même le début de la saison, Roberto Martinez avait fait le choix de ne jouer qu’un seul match amical au printemps, et trois en juin. Le sélectionneur belge a en réalité privilégié les nombreux joueurs des Diables évoluant en Premier League : la presse belge fait ainsi état d’accord avec les coaches des grands clubs anglais pour libérer leurs joueurs plus tôt en fin de saison, en échange d’une trêve internationale de mars plus légère. Courtois, De Bruyne, Kompany, Hazard, Dembélé, Lukaku et le reste du contingent massif de Premier League devraient ainsi rejoindre le groupe belge plus tôt que prévu, pour préparer les amicaux face au Portugal (2 juin), à l’Egypte (6 juin) et au Costa Rica (11 juin).

Romelu Lukaku lors de Belgique-Japon

Romelu Lukaku lors de Belgique-JaponEurosport

"L’apogée" d’une génération

Roberto Martinez se projette déjà sur les jours qui vont suivre l’annonce de sa liste. En effet, l’ancien coach d’Everton a prévu d’annoncer son groupe définitif le 28 mai, 13 jours après avoir communiqué une pré-liste de 33 joueurs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que, blessures exceptées, la liste belge risque de ne réserver que peu de surprises. La Belgique s’appuie de toute façon sur le même noyau depuis 2014. En dépit des méformes (Mirallas ou Origi, notamment), le groupe change peu. Seuls Yannick Carrasco, perdu en Chine, et Christian Benteke sont sortis du noyau retenu pour affronter les Saoudiens. Le pari est fait sur “l’apogée” d’une génération, selon les mots de Gareth Southgate, sélectionneur de l’Angleterre, placée dans le même groupe que les Diables.

La Belgique, en sacrifiant les essais au printemps, s’avance sûre de sa force. Jan Vertonghen, le défenseur de Tottenham, a d’ores et déjà fixé “les demi-finales” comme objectif : “Cela peut être l’année où nous serons récompensés. On nous a fait beaucoup de compliments ces dernières années, et désormais, tout le monde sait ce que l’on est capables de faire.” Attention à ne pas déraper mardi dans ce qui ressemble à une formalité. D’autant que l’Arabie Saoudite, en dépit de ses capacités discutées, rappelle un mauvais souvenir au Plat Pays : celui d’une défaite 1-0 en phase de groupes de la Coupe du monde 1994, marquée par un but devenu légendaire d’al-Owairan.

Dries Mertens avec la Belgique contre le Japon

Dries Mertens avec la Belgique contre le JaponEurosport

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