Il y a quatre ans, au Brésil, les Bleus avaient terminé leur Coupe du monde sur un crève-coeur. L’équipe de France avait été battue en quarts face à l’Allemagne (1-0), futur vainqueur de la compétition. Ce 4 juillet, un homme devait être encore plus malheureux que les autres : Raphaël Varane. Auteur jusque-là d’un Mondial solide, le Français était coupable sur le seul but du match, inscrit de la tête par Mats Hummels. Rien ne semblait malgré tout pouvoir empêcher le Madrilène de devenir le patron de la défense des Bleus. Las : quatre ans après, à l’aube de la Coupe du monde russe et avant son retour pour le dernier amical face aux États-Unis samedi (21h), Varane n’a toujours pas fait taire toutes les critiques en équipe de France.
Dans l’intervalle, le Français s’est pourtant forgé un palmarès immense au Real Madrid. Il est désormais quatre fois vainqueur de la Ligue des champions, fait inédit pour un Français hors Karim Benzema. Il compte également, à ce jour, deux titres de champion d’Espagne, une Coupe du Roi ou deux Supercoupes d’Europe. Au-delà des titres, Varane a su progressivement écarter la concurrence pour s’imposer comme titulaire indiscutable aux côtés de Sergio Ramos. L’intéressé le résume lui-même : "Cette saison, j'ai gagné en régularité. J'ai fait une saison pleine. (...) J'ai répondu présent."

Mats Hummels remporte son duel aérien avec Raphael Varane pour ouvrir le score contre la France

Crédit: AFP

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"Il n’y a pas d’inquiétude à avoir"

Pour autant, en Bleu, le Madrilène est loin de jouir du même statut. S’il reste un titulaire inamovible sous Deschamps -hors blessures-, il n’en est pas pour autant indiscutable. "En équipe de France, on a moins de matches, s’est-il défendu. Et le fait d'arriver très tôt au plus haut niveau fait qu'on commet des erreurs. C'est un apprentissage un peu plus rapide mais aussi un peu plus violent." Varane n’est pourtant plus un jeune premier. Il compte à ce jour 41 sélections (2 buts), et il est l’un des six Bleus à avoir déjà goûté à un Mondial (avec Lloris, Matuidi, Pogba, Giroud et Griezmann).
Varane n’a certes pas été béni par la chance. Le Madrilène a notamment dû déclarer forfait en dernière minute avant l’Euro 2016, étant remplacé à l’époque par l’éternel revenant Adil Rami. Mais ses performances n’ont que trop rarement atteint des sommets. Et ses dernières sorties avec les Bleus, en mars, ont été quelconques. Varane est apparu particulièrement en difficulté lors de la défaite française face à la Colombie (2-3), en perdant notamment des ballons inhabituels et en manquant de vigilance sur le premier but concédé. "On a encore la possibilité de progresser dans nos automatismes, a t-il expliqué cette semaine en conférence de presse. (...) C'est normal d'avoir besoin de plus de temps. On est en phase de préparation, de rodage. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir."
Umtiti, aligné à ses côtés dans ce qui est censé être la charnière présente et future des Bleus, n’a pas non plus rassuré en mars et en mai. Le Barcelonais a une nouvelle fois été maladroit contre l’Italie, la semaine passée (3-1). Contrairement à Madrid, Varane ne bénéficie pas du confort apporté par l’aura sans égal de Sergio Ramos. L’absence de Laurent Koscielny pour blessure lui donne pourtant l’opportunité de prendre encore plus de responsabilités en Russie. Quatre ans après son erreur face à l’Allemagne, Varane a grandi, au point de devenir la référence en France à son poste. Il est grand temps d’être à la hauteur de ce statut avec le maillot bleu.
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