Les promesses du losange

Didier Deschamps a beaucoup essayé durant l'automne dernier. Du losange, déjà, une défense à trois, un retour à la méthode russe, qui restait il n'y a pas si longtemps le modèle plus convaincant pour ces Bleus-là. Mais Benzema est revenu et cela a modifié quelque peu la donne. Pour garder un bon équilibre tout en mettant en valeur la triplette Griezmann – Mbappé – Benzema, le sélectionneur national a opté pour un système en losange, avec Griezmann à la baguette, derrière les deux pointes. Et un milieu de terrain à trois, donc une équipe qui conserve son assise. Force est de constater que cela n'a pas trop mal marché face aux Gallois (3-0), dans l'animation comme dans la récupération, même si les Tricolores n'ont pas été soumis à rude épreuve dans ce secteur. Devant, liberté totale quand le ballon est dans les pieds des Bleus, obligation de défendre quand il est perdu.

Idéal pour le trio d'attaque, un peu moins pour l'équilibre : le 4-4-2 losange est-il viable ?

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Mbappé : Le réveil au meilleur moment

L'automne maussade, le printemps morose : Kylian Mbappé ne devait pas être satisfait de ses dernières sorties en Bleu. En particulier au cours d'un mois de mars où il s'est raté dans les grandes largeurs. Personne ne doutait encore de lui, surtout après ses cinq mois fabuleux sous le maillot du PSG. Mais son match réussi mercredi arrive au meilleur moment, à deux semaines de démarrer la compétition qui doit faire de lui l'arme fatale numéro 1 des Bleus et, pourquoi pas en cas de victoire, le favori au Ballon d'Or. Opportuniste sur son but, malin sur sa passe décisive, il fut l'attaquant le plus dangereux. Son entente avec Benzema coule de source, la présence du Madrilène enlève sans doute un peu de responsabilité au gamin de Bondy et l'aide sans doute à simplifier son jeu. On l'a mois vu tenter de trouver la solution tout seul.

Mbappé

Crédit: Getty Images

Et un autre clean-sheet

Evidemment, le Pays de Galles, à dix après 25 minutes, n'a pas poussé très fort après ce coup du sort et l'expulsion de Neco Williams. Il n'en reste pas moins que l'équipe de France n'a pas encaissé de but à Nice, mercredi. Et ça fait trois matches que ça dure. Alors oui, ce n'est "que" le Kazakhstan, la Bosnie et le Pays de Galles. Mais il n'empêche que cela n'était plus arrivé aux Bleus depuis 2017 et que c'est la meilleure série égalée sous DD. Certes, il y a eu quelques courants d'air dans les couloirs en première période, côté Pavard surtout. Mais on ne va pas faire la fine bouche, d'autant que le dernier rempart Hugo Lloris s'est montré une nouvelle fois solide sur sa ligne. Ça aussi, c'est plutôt de bon augure.

Tolisso, le recours qu'on attendait plus

Alors que, selon ses propres mots, il ne croyait plus du tout à un retour en équipe de France, Corentin Tolisso a démarré la préparation dans la peau d'un titulaire. Bien sûr, il le doit avant tout à l'arrivée tardive de N'Golo Kanté à Clairefontaine mais le Munichois est très en avance sur ses temps de passage. Impressionnant à l'entraînement cette semaine à Clairefontaine, il rappelle qu'il est un spécialiste des préparations et qu'en 2018, il avait fini par s'inviter dans le onze pour le premier match de la Coupe du monde. Face aux Gallois, il a brillé par son activité, son volume et a équilibré le onze. Si Kanté, Pogba et Rabiot partent avec une longueur d'avance, la présence de Tolisso donne une vraie alternative à Didier Deschamps. Voire plus en cas de défaillance de l'un des membres du trio.

Tolisso (France) face au Pays de Galles

Crédit: Getty Images

Penalties : Problème en suspens

C'est la seule vraie ombre de ce début de préparation. Rater un penalty lors d'une large victoire n'a rien de dramatique. En louper cinq lors des huit dernières tentatives dessinent un syndrome qui pollue les têtes et fait trembler les pieds. Rappelons-nous que sans la réussite d'Antoine Griezmann sur l'exercice en 2018, les Bleus n'auraient peut-être pas de deuxième étoile au-dessus du cœur et avec l'instauration du VAR, les penalties se multiplient lors des tournois. Depuis le sacre russe, le Barcelonais, qui n'en a plus la charge dans son club, a raté ses trois dernières tentatives en sélection, Karim Benzema également et Kylian Mbappé reste sur un échec.

Mbappé, Griezmann ou Benzema : Qui doit tirer les penalties des Bleus ?

Dans le détail, leur réussite en équipe de France est très faible :
  • Griezmann : 70% de réussite (3 échecs, 7 réussis)
  • Mbappé : 50% de réussite (1 échec, 1 réussi)
  • Benzema : 40% de réussite (2 réussites, 3 échecs)
Qui aura la responsabilité de tirer les penalties durant l'Euro ? "Je n'ai rien décidé, a commenté Didier Deschamps après la rencontre. Ce sera le ressenti des joueurs. L'essentiel c'est qu'il n'y ait pas d'affichage de choses négatives." Le sélectionneur ajoute une part d'incertitude à un problème qui doit pourtant rapidement trouver une issue.
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