C'est à Nice que tout (re)commence. A Nice, où les Bleus avaient passé une tête lors de la préparation pré-Mondial 2018. A Nice, où les Tricolores débutent leur quête européenne. A treize jours d'un Allemagne – France dont la simple évocation fait vibrer quelques cordes sensibles en nous, Didier Deschamps lance ses gars dans le grand bain. C'est tard, pour lui. C'est en tout cas ce qu'il nous a confié, fataliste, dans un entretien à venir sur Eurosport : "Avant la Coupe du monde 2014, j’ai eu 30 jours de préparation. Aujourd'hui, j’en ai 20. Avec les dix jours qui manquent, j’aurais sans doute fait d’autres choses intéressantes. C’est comme ça…"
Vingt, c'est moins que trente. Mais ça peut suffire à faire bouger les lignes. Parce que les préparations servent aussi à ça. Et pas seulement à retaper les corps et régénérer les esprits après des saisons plus ou moins longues, plus ou moins éreintantes. C'est un classique du genre. L'équipe-type qu'on imaginait s'envoler pour l'Euro ou le Mondial quelques mois ou semaines auparavant n'est pas automatiquement celle qui débute le tournoi.
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On sait d'ores et déjà que 2021 ne fera pas exception à la règle. Si une ligne doit bien bouger, c'est celle d'attaque. Sauf si vous avez passé les deux dernières semaines à l'isolement ou dans une grotte, il ne vous a pas échappé qu'un dénommé Karim Benzema (81 sélections, 27 buts) a fait son retour chez les Bleus, retenu par Didier Deschamps dans ses 26. DD n'a pas caché bien longtemps son ambition pour l'ex-banni : il revient pour jouer. Point barre. Et, sauf si la préparation est cataclysmique, on connait déjà le premier enseignement des matches face au Pays de Galles (mercredi) ou face à la Bulgarie (8 juin) : Benzema a de fortes chances de passer devant Olivier Giroud et débuter à l'Allianz-Arena le 15 juin.
Ce ne serait pas la première fois que Giroud démarrerait une compétition majeure sur le banc. C'était déjà le cas en 2012 et 2014, déjà barré par KB9. Pas plus tard qu'il y a deux ans, à Kazan, le massif attaquant de Chelsea avait également suivi les 70 premières minutes du match face à l'Australie du bord du terrain. Sa place, le futur champion du monde l'avait en partie "perdue" face aux Etats-Unis (1-1), lors du dernier match de préparation.
Le remue-ménage de 2018
Guère en vue et touché à la tête – ce qui lui avait valu six points de suture -, l'ancien Montpelliérain avait dû sortir. Benjamin Mendy et Djibril Sidibé, aussi alignés face aux Américains et longtemps indiscutables à gauche et à droite de la défense, n'étaient pas sortis blessés. Mais, encore juste physiquement après avoir être respectivement revenus d'une rupture du ligament croisé du genou droit et d'une blessure au ménisque, les deux latéraux n'avaient guère rassuré alors que la doublette Lucas Hernandez – Benjamin Pavard gambadait dans les couloirs bleus. Ce que l'Italie avait gravé dans le marbre quelques jours plus tôt.
Corentin Tolisso et Ousmane Dembelé ont passé le plus clair de leur temps sur le banc en Russie. Mais Didier Deschamps leur avait également donné les clés face aux Australiens. Corentin Tolisso fut l'homme de la préparation des Bleus, et de loin. DD en avait tenu compte. La seule "faute" du Bavarois: ne pas avoir confirmé une fois arrivé au Mondial.

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Avec le recul, ce onze "australien" n'est pas celui qui a gagné la Coupe du monde. Mais était assurément celui de la préparation. Preuve que celle-ci pèse au moment de lancer une aventure. Et ce n'est pas une spécificité made in DD. L'histoire des Bleus est parsemée d'exemples de joueurs qui cassent la baraque dans le sprint final. Le plus célèbre d'entre eux est possiblement Franck Ribéry. Appelé pour la première fois lors de la divulgation de la liste, chaud comme la braise en préparation, il avait finalement terminé parmi les têtes d'affiche de l'attaque tricolore lors de l'aventure allemande de 2006 et titulaire dès l'ouverture face à la Suisse (0-0).
Six ans plus tôt, Nicolas Anelka avait composté son ticket pour le onze en démontrant ses atomes crochus avec Thierry Henry, du côté du Maroc (1-5), lors du Tournoi Hassan II. Ce qui avait éloigné David Trezeguet des premiers rôles durant un certain temps. Jusqu'au coup de gong de Rotterdam. Preuve que débuter, c'est bien. Terminer, c'est souvent mieux. Et l'un ne va pas toujours avec l'autre.
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