Le menhir du football français Noël Le Graët a été reconduit samedi pour quatre années à la tête de la Fédération qu'il dirige depuis 2011, un nouveau succès pour le Breton de 79 ans, imperméable à la crise sanitaire et aux attaques de ses concurrents. Le "Prèz'" reste aux commandes. Pour la troisième fois après 2012 et 2017, Noël Le Graët a été largement réélu président de la FFF, déclaré vainqueur samedi dès le premier tour à 73,02% des voix de l'Assemblée fédérale, contre 25,11% à son rival historique, l'avocat et ex-dirigeant de la Ligue professionnelle (LFP) Frédéric Thiriez, et 1,87% à l'homme d'affaires et conseiller de clubs Michel Moulin.
Arrivé en 2011 pour redorer le blason d'une Fédération salie par l'affaire Knysna au Mondial 2010 en Afrique du Sud, l'ancien maire de Guingamp, qui a fait planer le doute jusque dans les dernières semaines précédant l'élection sur ses intentions de briguer un nouveau mandat, repart donc pour un tour, assurément le dernier. "Nous sommes prêts, dès qu'on aura la clé, à rouvrir les stades, pour qu'on puisse retrouver une vie", a-t-il assuré devant l'Assemblée, plaçant la crise sanitaire et le Covid-19 comme "priorité des priorités". Sans avoir bouleversé son entourage pour mener une campagne axée sur la continuité, l'expérience et sur son bilan face à la crise sanitaire, l'entrepreneur breton, traditionnellement largement soutenu par le football professionnel, a également su séduire le monde amateur.

Noël Le Graët lors du Mondial 2018

Crédit: Getty Images

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Reconquête
Celui-ci représentait en effet 63% des voix de l'Assemblée fédérale et ses 207 membres exprimés sur 218 au total, composée des présidents de Ligues régionales et districts, ainsi que d'autres délégués issus des instances locales et des clubs. Réunie en visioconférence pour des raisons sanitaires, l'Assemblée fédérale a semble-t-il été convaincue par son souhait d'ouvrir désormais "la période de la reconquête", celle des licenciés, des éducateurs et des bénévoles après une nette baisse consécutive à la crise du Covid-19, comme il le disait à l'AFP dans le sprint final de la campagne.
Ni ses quelques dérapages publics, comme lorsqu'il a dit, au sujet du climat délétère chez les Bleues, qu'elles pouvaient "se tirer les cheveux" tant qu'elles gagnaient, ni les critiques sur sa gestion interne de la "3F" jugée autoritaire par ses détracteurs, n'ont suffi à ses adversaires."Pleurer, c'est facile. Apporter les solutions, c'est beaucoup plus compliqué", a-t-il lancé lors de l'Assemblée, exhortant, "dans ces moments difficiles", à être "présent, positif" face à des gens "qui critiquent et n'ont pas envie que cela marche". L'avocat à la célèbre moustache Frédéric Thiriez (68 ans), soutenu par Basile Boli et Jean-Pierre Papin, n'avait pas mâché ses mots à l'encontre du dirigeant, accusé "d'asphyxier" le monde amateur et de "ne plus maîtriser son langage".

Didier Deschamps discute avec Noël Le Graët

Crédit: AFP

Préparer l'héritage

Mais l'homme fort du football français, architecte de la deuxième étoile décrochée par les Bleus au Mondial 2018 et à l'origine de la nomination du sélectionneur Didier Deschamps, a su rester imperturbable face aux attaques, estimant n'avoir "aucune leçon à recevoir de personne", alors que sportivement, les trois sélections majeures (masculine, féminine, Espoirs) sont qualifiées pour l'Euro.Remis d'une leucémie lymphoïde annoncée avant le Mondial-2018, "NLG" se dit "en pleine forme" pour poursuivre l'aventure, préférant toujours parler d'"expérience" plutôt que d'âge, alors qu'il sera octogénaire en décembre.
Ira-t-il jusqu'au bout de son mandat ? Le terrain est damé pour sa succession, avec en première ligne ses fidèles parmi les fidèles, Marc Keller, président de Strasbourg, voire Jean-Michel Aulas, le patron de l'Olympique lyonnais. Tous deux resteront membres du Comité exécutif de la FFF, auquel ils ont été reconduits pour quatre années. Mais un potentiel passage de témoin à mi-mandat a été évoqué... En attendant, Le Graët semble déterminé à ne rien modifier à la gouvernance actuelle de sa Fédération, malgré des secousses en interne ces dernières années, notamment relatives aux méthodes managériales de la directrice générale Florence Hardouin. La continuité, jusqu'au bout.
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