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Du Big 6 au Super 2 : L’Angleterre, pays du non droit à l’erreur

Du Big 6 au Super 2 : L’Angleterre, pays du non droit à l’erreur

Le 01/09/2019 à 14:51

PREMIER LEAGUE – Arsenal – Tottenham, c'est l'affiche du week-end et ça ressemble à un match à ne pas perdre. Notamment pour les Spurs, qui avaient des allures de troisième force dans la course au titre, avant que le championnat ne commence. Mais les hommes de Pochettino ont déjà pris du retard sur les superpuissances Manchester City et Liverpool. Et, en Premier League, c'est interdit.

Arsenal - Tottenham, le choc de la dernière chance ? Je vous entends d’ici, supporters des Spurs - et à un degré moins des Gunners -, maugréer contre cette assertion volontairement provocatrice. Comment, avant même la fin du mois d’août, peut-on écrire que ce toujours alléchant derby à venir entre les deux clubs phares du nord de Londres est un duel sans filet en vue du titre ? Trois journées et des poussières de jouées seulement et la couronne d’Angleterre se serait déjà envolée vers le nord du pays ? Vous avez raison, c’est exagéré. Mais moins que vous ne l'imaginez.

Tottenham et Arsenal partagent un point commun avant de se retrouver sur la pelouse de l’Emirates Stadium ce dimanche : les deux clubs ont déjà perdu des points et tous les deux été battus lors de la 3e journée. Les hommes d’Unai Emery ont été épinglés par Liverpool (3-1). Rien d’infamant. Ceux de Mauricio Pochettino, eux, ont mordu la poussière face à Newcastle, à domicile (0-1). Ce qui, pour le coup, est bien plus gênant au regard de leurs ambitions.

Après les victoires de City et de Liverpool samedi, les Spurs comptent déjà huit longueurs de retard sur la tête du championnat, occupée par Liverpool, et six sur Manchester City, deuxièmes. Les Londoniens avaient pourtant commencé la saison en ramenant un point miraculeux de l’Etihad Stadium (2-2), performance balayée par la défaite concédée face aux Magpies. Défaite interdite, serait-on tenté de dire, au cœur de l’univers impitoyable de la Premier League.

Joel Matip of Liverpool celebrates after scoring their 1st goal during the Premier League match between Liverpool and Arsenal at Anfield

Joel Matip of Liverpool celebrates after scoring their 1st goal during the Premier League match between Liverpool and Arsenal at AnfieldGetty Images

Super 2 et Big 4

Si les écarts sont élastiques et faits pour se réduire ou s’agrandir au fil des semaines, il n’est pas anodin de gâcher des unités aussi vite dans un championnat tel que la Premier League où, plus qu’un Big 6 (Manchester United, Manchester City, Arsenal, Chelsea, Liverpool et Tottenham), la structure des forces en présence ressemble désormais à un Super 2 suivi, à distance très respectable, d’un Big 4.

Ce Super 2, évidemment constitué du roi d’Angleterre, Manchester City, et du souverain européen Liverpool, mène grand train depuis quelques mois déjà. La preuve en deux chiffres : 98 et 97. Soit le nombre de points obtenus par les deux clubs la saison dernière. Dans l'histoire de la Premier League, aucun duel n'avait hissé deux clubs aussi haut. Les deux équipes n'ont quasiment rien lâché la saison dernière et n'offrent aucun droit à l'erreur aux autres. Rappelez-vous que Liverpool n'a perdu qu'un match et n'a pas été sacré. Et, malgré ce train domestique d’enfer, a été capable d’aller décrocher une sixième Ligue des champions. En 2017/2018, City avait poussé le bouchon jusqu'à atteindre les 100 unités. Ça vous donne une idée du niveau.

Alors, vous allez me dire, c'est du passé et il ne faut jamais insulter l’avenir, qui ne sera peut-être pas du même acabit. Certes. Mais le souci est que ce train d'enfer est mené par deux équipes et non une seule. Et qu'il faudrait que les deux se cassent les dents… Une formation de ce niveau qui se loupe, pourquoi pas. Les deux ? Ça parait improbable au regard des forces des armadas en place, qui ne se sont pas affaiblies cet été. La meute n’a quasiment pas de droit à l’erreur.

Le duel entre Virgil van Dijk (Liverpool) et Gabriel Jesus (Manchester City) durant le Community Shield

Le duel entre Virgil van Dijk (Liverpool) et Gabriel Jesus (Manchester City) durant le Community ShieldGetty Images

" Ils ne vont pas ralentir"

Ça, Harry Kane l'a bien compris. Et depuis belle lurette. Cette semaine, le buteur des Spurs a résumé le problème londonien au regard du rythme imposé par City et les Reds. "Comme vous le voyez, ils ne vont pas ralentir…, a confié le capitaine de l’équipe d’Angleterre. J'ai dit avant le début de saison qu'il faudrait réussir une série d'entrée, gagner durant deux ou trois mois sans perdre de points. Ça nous aurait donné de l'élan." Raté. "La route est encore longue", n'a pas manqué d'ajouter le buteur de Tottenham, qui sait aussi qu'elle est plus pentue que jamais.

Nouveau "pundit" de la chaine Sky Sports, José Mourinho n’avait pas laissé entendre autre chose au cœur du mois d’août, quand le championnat n’en était qu’à ses balbutiements. Dans son style inimitable, il avait lancé sans sourciller que l'équipe B de Manchester City était mieux armée pour gagner le titre que le reste de la Premier League hormis… l'équipe A de City, donc, Liverpool et Tottenham. Cette déclaration date d'il y a bientôt trois semaines. Elle semble déjà avoir pris du plomb dans l'aile. Parce que Tottenham, qui avait fini 4e à 27 unités du champion l’an dernier, a déjà pris du retard. Et qu’en Angleterre, ça peut vite rimer avec rédhibitoire.

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