Il y a des unions qui ne semblent pas naturelles. Des alliances qu'on n'a pas vu venir et interpellent. Mais voilà, rien n'est impossible dans ce monde. Encore moins dans l'univers du ballon rond, devenu un vrai business. Alors, il ne sert peut-être à rien de s'étonner de la possible arrivée de José Mourinho sur le banc d'Arsenal. Et pourtant ! Si cela se fait, comme évoqué par le Times ce dimanche, c'est un drôle de mariage auquel on pourrait assister. Presque contre-nature.
Comment Arsenal peut penser à José Mourinho, qui a fait les beaux jours du voisin Chelsea, même si on ne parle pas de Tottenham ? Cela en dit sûrement plus long qu'on l'imagine sur l'état du club. Et cette frustration au sein du board des Gunners de ne plus jouer le titre en Premier League depuis des années maintenant. Le club londonien n'est pas rentré dans le rang. Mais son dernier sacre de champion remonte à 2004 et il domine ce sentiment qu'il ne joue plus vraiment dans la même cour que Manchester City ou Liverpool. Voir le nom de Mourinho aux Gunners ne fait que confirmer cette impression. Et en dit donc tellement.
José Mourinho, c'est un peu l'anti-Arsenal. L'homme que l'on n'associe pas naturellement au club du Nord de Londres. Et pour de multiples raisons… Pendant des années, la Premier League a vécu au rythme de son combat à distance avec Arsène Wenger. Qualifié un jour de 2014 de "spécialiste de l'échec" par l'ancien boss du Real Madrid ou de l'Inter, le Français ne vivrait sûrement pas très bien l'arrivée de son rival à son ancien poste. Et l'Alsacien, légende des Gunners, ne sera sûrement pas le seul. Certains fidèles de l'Emirates pourraient aussi avoir du mal à avaler cette pilule portugaise.
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Des questions d'identité

Dès qu'il en avait l'occasion, le Mou ne ratait en effet jamais l'opportunité d'égratigner les Gunners. Il se gargarisait de les battre régulièrement. Et l'avait encore gentiment rappelé aux supporters en 2017 après un succès d'Arsenal contre Manchester. "Quand je quittais Highbury, ils pleuraient. Quand je quittais l'Emirates, ils pleuraient. Ils marchaient dans la rue, la tête basse. Et enfin, aujourd'hui, ils peuvent chanter. C'est bien pour eux", avait-il lancé avec sa verve habituelle devant les micros.
Certes, les paroles s'envolent. On peut passer un coup de balai et oublier ce passé d'adversaires. Le souci, c'est qu'il n'y a pas que ses piques taquines… Il y a d'autres raisons qui pousseraient à se lever pour protester contre ce mariage. Il y a quelques années, elles auraient pu être d'ordre financière. Cependant, Arsenal a montré lors des derniers mercatos que le club avait accepté l'idée de casser sa tirelire. Si Wenger a longtemps dû se montrer mesuré, Mourinho pourrait donc se faire plaisir après avoir dépensé à tout va à Chelsea ou Manchester United. Ce qui cloche est ailleurs. Et relève plus de questions d'identité. De jeu et de philosophie.

José Mourinho, futur entraîneur des Gunners d'Arsenal ?

Crédit: Getty Images

Mourinho et Arsenal, ça ne colle pas dans l'imaginaire collectif. Arsenal, c'est une certaine idée du jeu depuis des années. Le "Boring Arsenal" du début des années 1990 a été rangé au placard. Les Gunners cherchent à prôner depuis longtemps maintenant une envie de développer du jeu, de séduire avec un style offensif. C'est ça Arsenal dans l'esprit de beaucoup. Même si ce n’est pas vraiment convaincant depuis des saisons. Avec Mourinho, Arsenal prendrait un virage violent. Avec lui, le résultat prime. On est plus dans l'hommage à Alfred de Musset et sa citation "qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse" ! On parle quand même du manager qui a souvent garé un "bus devant son but" pour atteindre son objectif.
Un autre point qui cloche ? Quand vous pensez à Arsenal, vous pensez à quoi ? Aux jeunes qui s'y imposent, non ? Depuis des années, ils ont en effet été légion à percer en équipe première chez les Gunners. Mais voilà, Mourinho n'est pas vraiment un coach qui lance de nombreux jeunes. Même s'il s'en défend, ce n'est pas sa marque de fabrique. Son ADN, c'est la gagne. A tout prix. Mais visiblement, c'est aussi cela qui pourrait plaire aux dirigeants d'Arsenal, marqués par tant d'années d'échecs en Premier League. Qu'importe le passé.
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