Un détonateur. Une étincelle dans un groupe qui ne demandait qu’à s’embraser. Un "gamechanger" comme on dit outre-Manche. S’il fallait retenir une date de cette saison 2019-2020 si particulière pour Manchester United, on irait volontiers vers celle-ci : le 29 janvier 2020, tout a basculé. Ce jour-là, les Red Devils claquent 55 millions + 25 de bonus sur Bruno Fernandes, 25 ans mais sans grande référence internationale. Le pari est osé. Il est déjà largement rentabilisé.

Dimanche, Manchester United s’est brillamment qualifié pour la prochaine Ligue des champions en obtenant la troisième place de Premier League. Rien d’exceptionnel à première vue pour un habitué des lieux qui avait déjà obtenu le précieux sésame trois fois sur les cinq dernières saisons. Mais, cette fois-ci, il y a quelque chose de nouveau. Une sorte de panache. Un rayon d’espoir qui semblait avoir définitivement quitté Old Trafford depuis 2013 et le départ de Sir Alex Ferguson.

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Voilà donc le coup de force de Bruno Fernandes, recrue incontestable de l’année malgré six petits mois sur les prés anglais. Réussir à réveiller un Manchester United moribond à la trêve (8e avec 28 points et surtout cinq défaites) pour en faire un heureux troisième (66 points), dominant l’autre Premier League, celle qui ne résume pas au mano à mano Liverpool-City. Mais si l’impression est si nette, c’est aussi que MU a remis le Fergie Time au goût du jour : depuis la reprise en juin dernier, c’est bien les Red Devils qui présentent le meilleur bilan comptable en Premier League (12 matches, 8 victoires, 4 nuls).

Mason Greenwood lors du match opposant Manchester United à Bournemouth, le 4 juillet 2020

Crédit: Getty Images

De vraies limites mais une nouvelle fierté

De cette fin de saison canon, Ole Gunnar Solskjaer a dégagé de nombreux enseignements. Bruno Fernandes est à même d’être le pendant parfait d’un Paul Pogba enfin épanoui (et en bonne santé) et moins éparpillé sur le pré, Anthony Martial a la capacité de claquer 20 buts minimum par saison, Marcus Rashford a tout pour devenir la future star de Manchester mais aussi d’Angleterre tandis que la dynamite Mason Greenwood n’a pas fini d’exploser. En somme, Manchester United regorge de talents brillants mais surtout réguliers. Et ça change tout.

Voilà pour le côté pile. Côté face, les lacunes mancuniennes semblent éternelles. Derrière, l’arrivée d’Harry Maguire n’a pas encore rassuré tout le monde et cette défense ressemble à un pari à chaque match, incarné par le pauvre David de Gea, plus que jamais maillon faible d’une équipe forte, lui qui a si longtemps incarné le seul au niveau des exigences mancuniennes. Sur le banc, Ole Gunnar Solskjaer a le beau rôle de critiquer les journalistes une fois le podium acquis. Son MU reste encore un intermittent du spectacle, capable d’être en feu le samedi mais complètement éteint le mardi. Avant, cela se payait cash. Sur cette fin de saison, les Mancuniens ont toujours réussi à limiter les dégâts, voire à s’en tirer in extremis pour l’emporter. Tiens, encore un symbole qui rappelle quelqu’un.

Solskjaer se paie les journalistes : "Epargnez-moi vos compliments !"

Les plus critiques rappelleront que la troupe de l'ancien attaquant mancunien est l’une des plus cycliques du Royaume. A son arrivée, le Norvégien avait réussi à enchaîner dix victoires et un nul avant d’affronter le PSG en Ligue des champions. La suite de l’histoire fut moins brillante. Mais cette saison, quelque chose d’autre a changé. Une forme de fierté, incarnée par les jeunes pousses Rashford et Greenwood, est revenue. Au moins, cette équipe a une identité et une âme, chose difficile à affirmer concernant les précédentes moutures sous van Gaal ou Mourinho. Manchester United s’assume et regarde vers l’avenir là où, ces dernières saisons, il ne faisait que se plaindre des mauvais choix passés, notamment sur le mercato.

Pour Solskjaer mais surtout pour le projet, tout passe par cet été

Il n’a pas fallu attendre longtemps avant que le mot magique revienne à la mode. Sitôt la qualification en poche, Gary Neville et Roy Keane, pundits star dans le Royaume mais surtout anciennes gloires mancuniennes, ont dressé la shopping-list de Manchester pour l’été qui s’ouvre. Comme une dépendance à laquelle on adore céder à nouveau, MU promet d’investir cet été. Massivement.

Pourquoi les géants anglais vont encore se caricaturer cet été

C’est la rançon du succès en Premier League. Liverpool a eu besoin de trois années complètes pour bâtir son équipe de champions autour des Mané, Salah, van Dijk et autres Alisson. Pep Guardiola a dépensé plus de 450 millions d’euros avec Manchester City avant de soulever la Premier League. Autrement dit, Manchester United a du boulot. L’espoir fait vivre mais ne suffit pas pour gagner.

Voilà donc pourquoi les Mancuniens sont à un tournant. S’ils font vraiment confiance à Ole Gunnar Solkjaer pour les années à venir, ils doivent lui donner les moyens de réussir. Et surtout l’écouter. Car c’est par le sportif que tout passera. L’obsession Jadon Sancho, malgré des ailiers à la pelle, ressemble davantage à une peur de passer à côté de la nouvelle terreur anglaise qu’à une réelle nécessité au regard de l’effectif mancunien. Mais c’est aussi ça MU. Et quoi de mieux que "the next big thing" pour apporter de l’eau au moulin de l'optimisme qui a enfin recommencé à tourner ? Après tout, Old Trafford a un surnom bien connu. Rien n’interdit de rêver…

Paul Pogba et Bruno Fernandes

Crédit: Getty Images

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