Attendu au tournant dans une saison atypique sur fond de pandémie de Covid-19, Pep Guardiola a ramené Manchester City au sommet de la Premier League, sans jamais renier ses principes. Le 29 mai, en finale de la Ligue des champions contre Chelsea, il aura même l'occasion de rentrer dans le club très fermé des six entraîneurs à avoir remporté la C1 avec deux clubs différents.
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On l'avait quitté au sortir d'un exercice 2019-2020 passé dans l'ombre de Liverpool en championnat et achevé brutalement par une nouvelle désillusion européenne, en quart face à Lyon (3-1), après un nouveau pari tactique perdu. Au sortir d'une trêve écourtée, le technicien catalan avait entamé sa dernière année de contrat en panne de certitudes.
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16/06/2021 À 10:31
Lui, l'intellectuel du foot, le coach aux mille dispositions tactiques, semblait ne plus trouver la formule pour que son équipe redevienne dominante. Le début de saison n'a rien arrangé. Treizième à huit points des coleaders Tottenham et Liverpool après une défaite face aux Spurs (2-0) fin novembre, le déclic est venu quatre journées plus tard après un nul contre West Bromwich Albion (1-1). "J'avais le sentiment que ce n'était pas une équipe dans laquelle je me reconnaissais. Je n'avais pas aimé ce que j'avais vu", a-t-il expliqué sur le site internet de City en février.

Une "révolution" achevée

Loin de tout chambouler, c'est dans ses convictions profondes qu'il est allé chercher les solutions. Une "révolution" ? Oui, au sens où une planète achève la trajectoire de son orbite pour revenir à sa position de départ. Il a puisé dans les principes qui l'ont imprégné au Barça, où il a été formé, a passé la majeure partie de sa carrière de joueur, et a débuté comme coach avec la réserve en 2007.
Promu sur le banc de l'équipe première l'année suivante, il avait conquis 14 trophées, dont deux Ligues des champions et trois Ligas, dans ce qui est considéré comme "l'âge d'or" du club catalan (2008-2012), porté également par l'éclosion de Lionel Messi. Après une année sabbatique, il avait rejoint le Bayern au sommet.

Pep Guardiola porté aux nues après le sacre européen du Barça en 2011

Crédit: Imago

Trois saisons (2013-2016) d'expérimentations tactiques fourmillantes pour voir s'il pouvait installer partout son jeu fait d'une multitude de passes rapides, de schémas asymétriques... Un succès indéniable - trois titres de champion, deux coupes d'Allemagne, une Supercoupe d'Europe et un Mondial des clubs -, mais terni par deux revers cuisants en demi-finales de la Ligue des champions face au Real Madrid puis... Barcelone.
C'est ensuite l'aventure anglaise, depuis 2016, dans un environnement très "Barça-compatible", avec les présences de Txiki Begiristain et Ferran Soriano comme directeur du football et président respectivement.

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Une touche de zen en plus

Les trophées ont continué à s'empiler (doublé Championnat/Coupe de la Ligue en 2018, triplé national inédit en 2019), jusqu'à la saison passée, couronnée seulement d'une Coupe de la Ligue. Depuis quelques semaines, Guardiola ne jure plus que par le mantra "être soi-même", ajoutant, à 50 ans et après avoir finalement prolongé jusqu'en 2023, une touche de zen qui pourrait amener son équipe à un premier titre continental. Métronome du Barça de Cruyff dans les années 1990, sacré champion olympique à Barcelone en 1992, il a refait de la possession l'alpha et l'oméga de son jeu, parce qu'elle permet de dicter le rythme du match.

Pep Guardiola, plus mûr avec Manchester City cette saison

Crédit: Getty Images

"La seule différence (entre le début de saison raté et la suite) c'est qu'on court moins. On courait trop", a-t-il analysé en janvier. "Quand on a la balle, on peut (...) rester davantage en position et laisser la balle courir, pas nous. C'est ce qu'on fait de mieux", a-t-il admis. "On avait perdu ça les premiers jours - (c'était de) ma faute."
On le sent plus épanoui que jamais. Cruyff "m'a appris qu'à ce niveau, il n'y a qu'une chose qu'on ne peut pas faire, c'est ne pas prendre de plaisir", a-t-il raconté avant d'affronter Paris. Avec une Coupe de la Ligue, la reconquête du championnat et un record anglais de 21 victoires consécutives toutes compétitions confondues, il reste la C1 à aller chercher, la grande ambition des propriétaires émiratis de City, pour que le plaisir soit complet.

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