C'est pour ces semaines-là qu'il est revenu en Premier League. C'est pour ces enchaînements-là qu'il risque d'avoir du mal à la quitter. Après avoir enquiquiné Jürgen Klopp et Liverpool samedi (1-1), au point que l'Allemand a eu des mots cassants envers le style de jeu des Spurs après coup, Antonio Conte défie ce jeudi Mikel Arteta dans un North London Derby déterminant pour l'avenir des deux formations. Mais également pour celui de l'Italien.
A Tottenham, pas une semaine ne se passe sans que le sort de son coach ne soit discuté. Avec Conte, c'est le prix à payer. L'oiseau est si rare qu'il en devient capricieux. Rare parce qu'avec lui, c'est une assurance de résultats immédiats et de titres possibles. Depuis son arrivée au chevet de Tottenham en novembre dernier, les Spurs sont redevenus une équipe compétitive. Seuls Liverpool, Manchester City et Arsenal, tiens tiens, disposent d'un meilleur bilan comptable depuis son intronisation en novembre.
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Capricieux parce qu'avec Conte, tout se règle par le rapport de force. Son départ tonitruant de l'Inter la saison passée, après avoir mis fin à l'hégémonie de la Juve, a encore traduit sa place toute particulière dans le gratin européen : contrairement à d'autres, l'Italien est incapable de mettre de l'eau dans son vin ou de s'adapter aux contraintes parfois inattendues subies par son club. Son palmarès et sa faculté à gagner lui autorisent ce comportement fougueux et parfois déraisonnable, qui font de lui, chaque été, un animateur attendu du marché des coaches.
"Son départ est un sujet de débats constant en Angleterre et est réellement vu comme une possibilité", nous confirme ainsi Marcus Foley, journaliste Eurosport UK. Et alors que le PSG cherche un successeur à Mauricio Pochettino, la rumeur Conte n'a cessé de prendre de l'épaisseur ces dernières semaines, forçant même le principal intéressé à démentir fermement en conférence de presse.

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La pression sur le board dès février

Mais Antonio Conte est-il réellement sur le départ ? Cette question ne trouvera peut-être sa réponse qu'à l'issue de ce North London Derby malgré un contrat qui court jusqu'en 2023. Alors que les Gunners ont désormais quatre points d'avance sur les Spurs, ce duel face à Arsenal représente un virage pour Tottenham dans la course au Top 4. De ce classement final dépend l'été de Conte. "Si Tottenham se qualifie pour la Ligue des champions, je dirais qu'il a 90% de chances de rester au club. Si ce n'est pas le cas, les paris sont ouverts", glisse encore le journaliste anglais.
La méthode est désormais connue mais terriblement efficace : pour obtenir ce qu'il souhaite, Conte met systématiquement son sort dans la balance. Et, à Tottenham, ce qu'il souhaite est assez clair : des investissements massifs et une mainmise sur le choix des hommes. Dès le mois de février, il avait fait monter la température de plusieurs degrés dans le bureau de son président Daniel Levy, venu le chercher en personne pour l'imposer à Fabio Paratici, directeur sportif des Spurs depuis l'été 2021.
"Ce qu'il s'est passé lors du mercato de janvier n'était pas facile à gérer, expliquait ainsi Conte à Sky Italia. Nous avons perdu quatre joueurs, quatre joueurs importants pour Tottenham qui plus est, et nous en avons acheté deux. Ne serait-ce que numériquement, plutôt que de renforcer l'équipe nous l'avons affaiblie. Bentancur et Kulusevski sont des 'prospects' idéaux pour Tottenham puisque Tottenham recherche des jeunes joueurs qui peuvent grandir et se développer, pas vraiment des joueurs déjà prêts. C'est ça le souci. C'est la vision du club. C'est évident que si vous voulez grandir plus vite et être compétitif plus rapidement, vous avez besoin de joueurs avec de l'expérience car ils élèvent le niveau de votre équipe. Mais, je le redis, je ne réalise que maintenant que c'est la politique du club".

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L'exemple de Klopp

Tottenham serait-il enclin à changer son projet pour donner les pleins pouvoirs à Conte et enfin se donner une chance de gagner ? La réciproque est aussi vraie : Conte peut-il devenir un manager sur le long terme alors que toutes ses expériences passées, hormis avec l'Italie, se sont terminées par des fâcheries sévères ? Visiblement oui puisqu'il a longuement évoqué l'exemple de Jürgen Klopp au London Evening Standard au début du mois.
Interrogé sur la possibilité d'épouser la même trajectoire aux Spurs que celle de l'Allemand chez les Scousers, il n'a pas tourné autour du pot très longtemps. "Je ne sais pas mais si j'étais sûr que ce genre de situations pouvait arriver, je signerais un nouveau contrat dès maintenant. […] Ça dépend d'abord du désir du club. Quand Liverpool a choisi de mettre Jürgen en place il y a sept ans, ils voulaient construire quelque chose de significatif. Pour cela, vous avez besoin de temps et de patience, surtout si vous commencez à travailler avec une équipe qui démarre loin des meilleures places".

Jürgen Klopp et Antonio Conte

Crédit: Getty Images

Du temps, de la patience mais surtout de l'argent. Presque déprimé par l'écart colossal entre le duo City-Liverpool et le reste de la meute, Conte ne voit qu'une manière de rattraper les deux colosses de Premier League. "Pour réduire cet écart, vous devez dépenser beaucoup d'argent car vous devez acheter des joueurs importants, a-t-il encore insisté. Il faut avoir cela en tête sinon vous ne pourrez jamais faire la jonction et vous serez obligé de croire systématiquement au miracle". Très peu pour lui, visiblement.
Alors, comme toujours, Conte garde toutes les cartes en main. Quitte à frustrer l'Angleterre du football. Dans un podcast de The Athletic cette semaine, Jack Pitt-Brooke, correspondant du média auprès des Spurs, résumait le sentiment général en Angleterre et sans doute l'avantage décisif que possède Tottenham face à l'intérêt du PSG : "En étant honnête, je dirais que cette semaine sera un moment décisif et je crois que Conte a adoré cette semaine, expliquait-il. Il a passé la semaine d'avant à se préparer à jouer contre la meilleure équipe du monde, il a pu défier Jürgen Klopp à Anfield, il l'a franchement embêté et Conte peut très bien se dire : 'je peux aller au PSG cet été mais ce n'est pas aussi drôle de secouer Genesio ou Galtier que d'emmerder Klopp donc peut-être que je devrais rester à Tottenham la saison prochaine pour challenger Pep et Klopp". Vu comme ça, forcément…

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