Vous connaissez le refrain : début novembre, la France profite du jour férié de la Toussaint, on sort les manteaux parce qu'il commence à faire froid et Kevin de Bruyne compte déjà six ou sept passes décisives au compteur en championnat. Mais cette année, surprise ! Le pilote de la navette citizen ne régale plus ses coéquipiers avec les mises sur orbite auxquelles il les a habitués.
Vingt passes décisives sur la saison 2019/2020, douze l’année dernière, le Belge a pourtant l’habitude de mettre ses attaquants en mode objectif lune. Plus globalement, le niveau qu'il affiche est un cran en deçà de ses standards. Contre le PSG en Ligue des champions, on l’a vu débordé par le milieu parisien. Incarnation de son manque de maîtrise, il aurait pu écoper d’un carton rouge suite à une grosse semelle sur Idrissa Gueye.
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Ses performances en demi-teinte n’ont pas échappé à l’impitoyable presse anglaise, qui le scrutera de près ce samedi dans le derby mancunien. "Alors qu’il a porté cette équipe de City, il est actuellement un simple joueur de complément", écrivait récemment le Manchester Evening News à son sujet.
Des journalistes sont d'ailleurs venus taquiner Pep Guardiola au sujet de son meneur de jeu après la débâcle collective à Crystal Palace lors de la dernière journée de championnat (2-0). Le technicien espagnol a saisi l’occasion pour défendre son joueur : "Nos standards sont tellement élevés, avait-il avancé. On sait à quel point c’est difficile de se maintenir au niveau. […] Ce qui est important est de rester positif".

Grealish est passé par là

Pourtant, rien n'indique une quelconque érosion mentale. En sélection, sur le plan personnel, tout roule. Sur les six dernières rencontres avec les Diables Rouges, Kevin de Bruyne présente une feuille de stats plus conforme à ses standards : cinq passes décisives, un but et surtout un Roberto Martinez qui lui confie les clés du jeu offensif. S’il avait déjà cette responsabilité chez les Citizens les saisons précédentes, c’est désormais à nuancer depuis l’arrivée de Jack Grealish.
L’Anglais, playmaker par excellence lorsqu’il évoluait à Aston Villa, a tendance à polariser le jeu sur son côté lorsqu’il est aligné en position d’ailier. En tout cas beaucoup plus qu’un Raheem Sterling ou un Riyad Mahrez, plutôt enclins à dynamiter les défenses adverses sur un appel ou un dribble. Guardiola apprécie le profil de l’ex-Villain pour sa capacité à participer au jeu, même depuis des positions excentrées. Malheureusement, dans football, il n’y a qu’un seul ballon et il faut le partager.

Kévin de Bruyne et Jack Grealish

Crédit: Getty Images

La saison dernière, l’ancien meneur de Wolfsburg recevait le ballon en moyenne 54 fois toutes les 90 minutes, le chiffre chute à 49 pour l’exercice 2021/2022. Moins de ballons donnés par ses partenaires et moins de prises de risque. Lorsque City était sacré champion en mai dernier, Kevin de Bruyne portait le ballon vers l’avant (sur cinq mètres minimum) près de dix fois par match. Après dix journées, ce total s’élève désormais à cinq.
Il se retrouve donc moins souvent en position dangereuse, tente moins de gestes potentiellement décisifs et ses stats en pâtissent. De quoi impacter le jeu de son équipe ? Toujours est-il que City marque moins. Deux buts par match en moyenne en championnat, son ratio le plus faible depuis la saison 2016/2017.

Un Euro sur une jambe et un retard à l'allumage

Cet été, Kevin de Bruyne a connu un Euro qui lui a coûté cher physiquement. Assez pour lui faire traîner la patte sur les premières rencontres. Arrivé blessé pour le début de la compétition, son sélectionneur n’avait eu d’autres choix que de le faire rentrer dès la première journée contre le Danemark, les Belges étant mené à la mi-temps. Il avait d'ailleurs renversé le match avec un but et une passe décisive.
Jamais vraiment remis sur pied, il s’était blessé de nouveau et avait confessé avoir joué le quart de finale contre l’Italie avec une déchirure aux ligaments de la cheville. "Personnellement, je ne peux que dire merci au staff médical qui a fait un boulot monstrueux pour me remettre sur pied", avait-il expliqué. Il en payé le prix très rapidement, puisqu’il a manqué toute la pré-saison et trois rencontres de championnat avec City. Depuis, il a du mal à être à 100% et n'a joué 90 minutes complètes que trois fois en club.
On sait l'importance que revêtent les derbys Outre-manche. La preuve en est, s'il en fallait une, le retentissement de la gifle infligée par Liverpool à Manchester United (5-0), il y a deux semaines. Dans une confrontation fratricide entre les deux Manchester, Kevin de Bruyne pourrait se relancer sportivement contre des Red Devils affaiblis et mettre de nouveau des étoiles dans yeux des supporters en brillant contre le meilleur ennemi.
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