Kevin de Bruyne est l'un de ces rares joueurs habitués aux double-doubles. Depuis le début de sa carrière, le Belge a bouclé six saisons en ayant délivré au moins dix passes décisives et inscrit dix buts en club, toutes compétitions confondues. Bien qu'il sera également une cuvée d'excellence, l'exercice 2021-2022 marquera une véritable différence sur le CV de "KdB". Lui, le meneur de jeu, passeur d'exception, visage des concepts guardoliens, s'apprête à clôturer un nouveau bilan avec beaucoup plus de buts que d'offrandes.
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Référence mondiale dans l'exercice de la dernière passe, le leader de Manchester City a décidé de changer de logiciel cette année. Le rôle de serviteur ne lui suffisait plus. Et même si son club vient de sortir le chéquier pour s'offrir un redoutable buteur, le Diable Rouge s'essaie de plus en plus à la finition. Avec réussite. À deux journées du baisser de rideau en Premier League, l'ancien joueur de Chelsea a déjà scoré quinze fois, et à quatre reprises en League Cup, FA Cup et Ligue des champions. Ce qui porte son total à 19 unités, pour "seulement" 12 passes décisives en tout dans ces compétitions.

"Avant, il ne pensait qu'aux passes décisives"

La semaine dernière, à Wolverhampton, le milieu de 30 ans s'est même offert le premier quadruplé de sa carrière, un mois après avoir aligné quatre matches consécutifs avec au moins une réalisation. Bref, les exploits de de Bruyne ressemblent de plus en plus à ceux des meilleurs attaquants du continent. C'est une vraie surprise pour un joueur déjà à maturité qui, il y a quelques mois encore, décrivait ainsi l'action de ses rêves à nos confrères de France Football : "Je dirais... Une passe décisive qu'il m'aurait fallu donner entre plusieurs défenseurs. Vous voyez le genre ? Un ballon juste assez brossé pour atterrir dans le dos de la défense, tout en restant hors de portée du gardien."

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Alors, ne vous y méprenez pas : de Bruyne aime toujours distribuer les caviars. Il s'est simplement découvert une attirance tardive pour le but. "Avant, il ne pensait qu'aux passes décisives, souriait son entraîneur Pep Guardiola la semaine dernière. Mais maintenant, j'ai l'impression qu'il se dit : 'J'aime quand mes coéquipiers viennent me serrer dans leurs bras parce que j'ai marqué un but.' C'est une bonne chose !" En réalité, cette nouvelle tendance a découlé naturellement des consignes de l'entraîneur espagnol qui n'a cessé, ces derniers mois, de déserter le cœur de la surface adverse, y compris lorsqu'il alignait un avant-centre de métier (Gabriel Jesus la plupart du temps).

Les défenseurs déboussolés

Joueur d'axe toujours capable de servir ses ailiers, de Bruyne a bénéficié de ses vieux automatismes pour surprendre les défenseurs et s'essayer à la frappe, parfois à l'entrée de la surface, souvent en son sein. "Il lui faut arriver dans la zone de vérité, soulignait Guardiola. Cette saison, il l'a fait de mieux en mieux." D'autant que le Belge a une autre grande force : il est presque aussi précis du pied gauche que du droit.

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De quoi rendre, là aussi, son ou ses vis-à-vis complètement barjots. "Mon pied droit est mon meilleur pied, mais je n'ai jamais peur de tirer avec le gauche, confiait-il sur Sky Sports. Même si ça ne rentre pas, ça pose des problèmes aux adversaires parce qu'ils ne seront plus aussi proches au marquage. Et il y aura donc des opportunités de passes en profondeur." Un cercle vertueux.
Mieux encore, de Bruyne est de plus en plus souvent le détonateur, grâce à des buts extrêmement précoces. Et souvent dans des rencontres extrêmement importantes. Ces dernières semaines, il a par exemple trouvé l'ouverture dans les cinq premières minutes du match face à Manchester United (4-1), Liverpool (2-2) ou encore le Real Madrid en demi-finale aller de la C1 (4-3). Au Molineux, il s'est même offert un doublé en un peu plus d'un quart d'heure. De quoi rendre la vie de son équipe un peu plus facile. Et combler son coach : "Que puis-je dire de plus ?, interrogeait Guardiola. Durant la deuxième partie de saison, il a été proche de la perfection."

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