Personne ne l'a oubliée. Et certainement pas lui. Steven Gerrard maudira éternellement ce 27 avril 2014. Cette glissade malheureuse sur une passe de Mamadou Sakho dans le temps additionnel de la première période d'un match capital face à Chelsea. L'erreur de sa vie, immédiatement punie par Demba Ba. Le buteur sénégalais avait initié la victoire des Blues à Anfield (0-2). En tête du classement, les Reds n'avaient plus leur destin en main pour remporter le titre avec cette défaite. Manchester City en avait profité pour leur ravir ce plaisir à la dernière journée. Gerrard, lui, a eu tout le temps de ruminer cette glissade. Elle a ruiné sa meilleure opportunité d'être champion avec Liverpool.
C'est l'anomalie de sa carrière. Stevie G. est un héros à Anfield. Il est l'un des joueurs les plus capés de l'histoire du club avec 710 apparitions sous le maillot des Reds. Il est l'homme qui a remis Liverpool sur le toit de l'Europe un soir inoubliable de 2005, guidant son équipe vers une formidable remontée face à l'AC Milan en finale de la Ligue des champions. Il a aussi gagné une Coupe de l'UEFA, deux Supercoupes d'Europe, deux Coupes d'Angleterre et trois Coupes de la ligue anglaise. Mais il n'a jamais été champion. C'est sans lui que le club de la Mersey a mis un terme à 30 ans de disette en 2020.
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Steven Gerrard peut rendre un sacré service à Jürgen Klopp et Liverpool e week-end. (visuel : Quentin Guichard)

Crédit: Eurosport

"Je l'ai rangé dans un coin de ma tête, mais ça revient, tout le temps"

Ce titre, même s'il n'était plus à Liverpool, avait mis du baume au cœur à Gerrard. Et atténué un peu la douleur de son souvenir. "Je pense à cette glissade tous les jours, reconnaissait-il en janvier 2020 dans le podcast The Greatest Game. Quand j’analyse correctement la saison 2013-2014, je comprends évidemment que ce n’était pas seulement ce moment qui nous a fait perdre le titre, mais une partie de moi, dans ma tête, pense que c’est le cas. Voir Liverpool gagner le titre aiderait à soigner ce que je ressens à coup sûr."

"Il y a une part de victimisation dans le discours de Guardiola"

Ce sacre l'a aidé. Mais il n'a pas forcément permis de cicatriser totalement la plaie. "C'était un moment brutal et cruel dans ma vie, disait Gerrard, alors entraîneur des Glasgow Rangers, quelques mois après le titre de Liverpool dans le podcast High Performance. Je l'ai rangé dans un coin de ma tête, mais ça revient, tout le temps. Qu'est-ce qui le déclenche ? Je ne sais pas. La télé, les images. Juste moi en réfléchissant. Votre carrière vous amène aussi à vivre des moments compliqués. Ce serait facile de soulever le tapis, de tout pousser en dessous et de ne plus jamais y penser. Mais je pense que ce ne sera jamais le cas. Je sais que non seulement cela m'a fait mal, mais aussi à beaucoup de gens qui avaient suivi ce club pendant de très nombreuses années."

Une équation simple : ne pas perdre à City

Cela n'a pas altéré l'affection des supporters de Liverpool à son égard. L'ovation que Gerrard avait reçue à Anfield en novembre dernier, pour son grand retour devant ses anciens supporters en tant qu'entraîneur d'Aston Villa, en a été la plus belle preuve. Les fans des Reds ne lui en ont jamais vraiment voulu. Et si le malheureux Gerrard leur a "coûté" le titre en 2014, il peut aussi leur offrir sur un plateau celui de 2022. Le hasard du calendrier a voulu que Manchester City accueille Aston Villa dimanche lors de la dernière journée, avec un petit point d'avance sur Liverpool en tête du classement. Ce coquin de sort a planté un drôle de décor.
L'équation est simple. Si Gerrard et ses hommes ne s'inclinent pas devant la formation de Josep Guardiola, ils ouvriront la voie du titre à Liverpool. Les Reds ont évidemment leur part du travail à faire. Ils doivent impérativement s'imposer contre Wolverhampton dans le même temps pour espérer remporter le titre. Un nul peut suffire, à condition que Villa batte City par sept buts d'écart mais ce scénario paraît totalement irréaliste. Liverpool n'a pas le choix. Il lui faut gagner contre les Wolves et espérer un nul ou une victoire de l'équipe de Gerrard contre le champion en titre.

Darwin Nunez vaut-il toutes ces folies ?

Coutinho était là aussi...

L'hypothèse d'un tel scénario fait évidemment couler beaucoup d'encre en Angleterre comme ailleurs. Et cela ne date pas de la victoire de Liverpool à Southampton. Dans son style caractéristique, Gerrard s'est bien gardé d'en rajouter. "Le calendrier fait que nous avons notre mot à dire dans la course au titre, mais aussi dans celle pour le maintien, avait-il coupé devant la presse quand Aston Villa pouvait hypothéquer les chances de Liverpool d'être sacré, avant le match en retard de la 33e journée entre les deux équipes la semaine passée. C'est sur une saison de 38 matches, les deux équipes (Liverpool et Manchester City, NDLR) affrontent Aston Villa deux fois, donc je ne vais pas vous donner les gros titres que vous recherchez."
Liverpool s'était finalement imposé à Birmingham (1-2), laissant la possibilité de ce fabuleux clin d'œil de l'histoire où les Reds coifferaient City sur le fil pour le titre grâce à un résultat de la formation de Steven Gerrard. L'entraîneur des Villans n'est certainement pas le seul à l'avoir en tête. Son meneur de jeu, Philippe Coutinho, était lui aussi dans les rangs de Liverpool en ce jour où la glissade de Gerrard avait douché les espoirs du club de la Mersey de remporter le titre. Un jour maudit que Stevie G. n'oubliera peut-être jamais. Mais s'il a une occasion de l'exorciser, c'est bien dimanche qu'elle va se présenter.
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