Partout où il est passé ces dernières années, Antonio Conte a apposé un sceau particulier sur le style de jeu de ses équipes. Souvent avec succès, comme à Chelsea ou à l’Inter Milan. Une démarche plus confortable quand il débarque à l’intersaison dans un club qui n’est pas dans l’urgence d’un besoin de points ou d’une qualification en compétition européenne. Mais lorsque le technicien italien pose ses valises à Londres pour remplacer un Nuno Espirito Santo dépassé, Tottenham a besoin des deux.
Assez pour pousser Conte à mettre de l’eau dans son vin ? Sûrement pas. Le technicien italien a ses méthodes, elles ont fait leurs preuves, il les applique. Sept matches plus tard, les Spurs sont toujours invaincus en championnat et l’équipe est redevenue plaisante à voir jouer, capable d’offrir des matches spectaculaires comme contre Liverpool (2-2) lors de la 18e journée.
Si bien qu’en cas de faux pas de West Ham et Manchester United, ce Boxing Day est l’occasion pour Tottenham de raccrocher la 5e place, synonyme de qualification en Ligue Europa. Et ce n'était pas gagné, trois semaines après son arrivée, le néo-Londonien se lamentait en conférence de presse : "Le niveau à Tottenham n’est pas si élevé. Nous devons beaucoup travailler pour améliorer la qualité de l’équipe. Je ne suis pas un magicien."
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Conte révolution

Si un chiffre incarne bien ce qu’Antonio Conte boulverse au sein de son nouvel effectif, c’est celui des kilomètres parcourus. Sous Nuno Espirito Santo, l’équipe courait en moyenne 100 km par match, le plus faible total de Premier League. Depuis le changement d'entraîneur, les joueurs tournent à 115 km par rencontre… le plus haut total de l’élite anglaise.
Selon The Athletic, l’ancien entraîneur de l’Inter, qui s’était plaint de trouver des joueurs en surpoids lors de son arrivée à Londres, instaure rapidement une discipline drastique sur l’alimentation et introduit une immense charge de travail athlétique. Giorgio Chiellini, sous ses ordres à la Juventus entre 2011 et 2014 résumait en peu de mots les méthodes Conte : après les entraînements "on n’est pas fatigués…on est morts".
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Un travail de fond nécessaire pour assurer 90 minutes complètes dans un 3-5-2 ou 3-4-3, se reformant en 5-3-2 à volonté à la perte du ballon. Le tout en conservant assez de lucidité pour se projeter à la vitesse de l’éclair. Car que ce soit contre Norwich ou contre Liverpool, les Spurs de Conte laissent généralement le cuir à leur adversaire.
Sans toutefois stéréotyper le jeu et subir à outrance, mais plutôt presser au moment opportun. En témoigne le nombre de pressions sur le porteur de balle adverse effectuées par Heung Min Son et ses coéquipiers à chaque match : 137 en moyenne sous Espirito Santo, 148 sous Conte.

Un jeu mieux léché

Le tableau n'est pas parfait pour autant. Si tout va bien en Premier League, sur la scène européenne c'est la soupe à la grimace. La défaite surprise contre Mura (D1 Slovène) a condamné Tottenham à l'élimination en phase de poule de la C4, la dernière rencontre face à Rennes ayant été perdue sur tapis vert pour cause de flambée du Covid.
Aussi, pour gagner en régularité et éviter de sombrer dans des rencontres aussi piégeuses qu'un match de poule de C4 en Europe peut l'être, le onze de départ doit gagner en clarté. Pour le moment, depuis la blessure de Cristian Romero, la triplette défensive Davinson Sanchez - Eric Dier - Ben Davies semble avoir les faveur du coach.
Mais les pistons, rôle prépondérant dans le système de Conte, ne semblent pas donner pleinement satisfaction à l'Italien. Entre Reguilon, Doherty, Emeroyal, Tanganga et Sessegnon, c'est la grande alternance. Les uns sont baladés d'un côté puis de l'autre tandis que les autres alternent titularisations et banc des remplaçants. Au milieu, ça avance aussi à tâtons, avec un entrejeu rarement reconduit d'une rencontre à l'autre. La réception de Crystal Palace ce dimanche (16h), qui n'a pris que six points en huit matches à l'extérieur cette saison, est une bonne occasion de glaner quelques certitudes.

Antonio Conte a de quoi retrouver le sourire avec de bons résultats en Premier League

Crédit: Getty Images

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