Un investissement à 50 millions d'euros pour MU

Selon Marca, le transfert de Raphaël Varane va coûter 50 millions d'euros à Manchester United. Cela va placer l'international français assez loin dans la hiérarchie des transferts les plus onéreux du club anglais. Il ne sera que 10e derrière neuf hommes recrutés dans l'ère récente, avec 2014 comme date zéro (Paul Pogba, Harry Maguire, Jadon Sancho, Romelu Lukaku, Angel Di Maria, Bruno Fernandes, Anthony Martial, Fred, Aaron Wan-Bissaka). Il chasse un confrère de ce top 10 : Rio Ferdinand, recruté pour 46 millions d'euros à Leeds Uniteds à l'été 2002, soit un transfert annonciateur d'un mercato déréglé avec une vingtaine d'années d'avance.
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Mais à la différence de tous, Varane a coûté 50 millions alors qu'il a entamé sa dernière année de contrat, c'est une prouesse en soi et une dépense qui peut être considérée comme folle. A six mois près, MU pouvait le recruter gratuitement avec comme seule vraie dépense directe, une prime à la signature. Mais ne pas foncer maintenant condamnait le club anglais à presque perdre le joueur. Le marché est ainsi fait. On ne peut mieux le résumer que par un : "Timing is everything".
Il y aura aussi un beau salaire à amortir. Selon L'Equipe, Varane va doubler ses émoluments par rapport à son salaire madrilène. Mais pour regarder Manchester City dans les yeux sur une saison, et peser à nouveau en Ligue des champions, le jeu en vaut la chandelle, même en période de Covid.

Varane perpétue la tradition française à Old Trafford

Anthony Martial, Pogba et Raphaël Varane. Si Pogba ne plie pas bagages cet été, les trois hommes évolueront ensemble pour au moins une saison. Avouons que cela a de la gueule et que cela a un petit côté nostalgique qui ne déplaira pas à ceux qui ont connu le grand Manchester United des années 1990 et 2000. Quand il signera son contrat, le défenseur central deviendra le 13e joueur français à s'engager à Manchester United en l'espace de 29 ans.
Il suit les pas d'illustres compatriotes : d'Eric Cantona, le premier de cordée en 1992, en passant par Laurent Blanc, Fabien Barthez, Louis Saha, Patrice Evra, puis Anthony Martial et Paul Pogba en 2016. Restera ensuite le plus difficile : réussir et résister au temps. A ce petit jeu, Cantona et Evra sont des références. Louis Saha a lui aussi réussi son petit bonhomme de chemin en étant un homme de confiance de Sir Alex Ferguson. Pour le reste, Varane a un beau créneau à prendre dans une ère différente. Défenseur complet, il a les qualités pour réussir en Premier League. Son duo avec Harry Maguire promet d'être redoutable dans les airs.
Il va aussi débarquer avec ses 18 titres remportés avec le Real Madrid sur une décennie complète, dont quatre Ligue des champions. Pour MU, qui n'a remporté que deux Premier League en dix ans (2011 et 2013 avec Ferguson), une Ligue Europa (2017), une Cup (2017), une League Cup (2018) et trois Community Shield (2011, 2013, 2016), la différence est abyssale.

Paul Pogba et Raphaël Varane

Crédit: Getty Images

Ceci est un exploit : il part du Real en douceur

Raphaël Varane est une exception ou presque. Des cadres ayant remporté la Décima à Lisbonne en 2014 et les trois autres Ligue des champions entre 2016 et 2018, il est le seul à être parti en bons termes du club madrilène. C'est presque un miracle vu que quitter le Real de manière douce est une mission impossible. Le Français a eu droit à un communiqué court, mais fourni, avec des mots ne laissant pas de place au doute. "Le club souhaite remercier le joueur pour son professionnalisme et sa conduite exemplaire tout au long des dix saisons passées sous nos couleurs."
Le dernier en date à quitter le navire s'appelait ni plus, ni moins que Sergio Ramos, le comparse de Varane en charnière centrale. Si l'ancien capitaine du Real avait eu droit à sa cérémonie spéciale en présence de Florentino Pérez, où les larmes avaient coulé, il avait fusillé la direction du club dix minutes après le cérémonial, en passant en conférence de presse. Il avait été sujet de sa prolongation de contrat kafkaïenne.

Les cadres des "quatre C1" ne sont pas partis, ils ont été chassés

Pour la génération des quatre Ligue des champions, cela a été tout aussi compliqué. Cristiano Ronaldo a payé cher son après-match à Kiev en 2018, entre autres choses. Un an avant lui, Pepe avait eu les mêmes problèmes de prolongation que Ramos. Sorti par la porte de derrière, le Portugais avait lâché son venin dans la presse, furax contre Florentino Pérez qu'il n'avait même pas salué au moment de plier bagages. "Les façons de procéder du Real Madrid n'ont pas été les bonnes. Le club ne m'a jamais proposé de prolonger de deux saisons, mais une seule." En 2019, Keylor Navas sera transféré pour une somme "modeste" au PSG (entre 10 et 15 millions d'euros) afin de laisser le champ libre à Thibaut Courtois.
Avant eux, Xabi Alonso s'était fait pacifiquement ouvrir la porte de sortie pour laisser place à Toni Kroos, tout frais champion du monde avec l'Allemagne en 2014. Le Basque, un peu seul dans le vestiaire, avait plié bagages sans se retourner. Un an plus tard, Iker Casillas fera aussi les frais de la guillotine Florentino Pérez. Impossible également, de ne pas évoquer le cas Zinedine Zidane. Revenu en pompier en mars 2019, après un départ un peu abrupt en 2018, le Français a terminé le dernier exercice épuisé par une saison en enfer, où l'environnement global inhérent à la Casa Blanca lui a enlevé l'envie de continuer à entraîner sa deuxième maison.
Dans sa version moderne, le Real et ses héros ont toujours raté leurs adieux : Luis Figo avait plus ou moins ouvert le bal en 2005. Peu à peu placardisé à l'époque, il avait trouvé une porte de sortie à l'Inter en fin de mercato. Sa relation très froide avec Florentino Pérez, qu'il n'appréciait pas, mais respectait, avait été un des moteurs de ce départ. "J'étais un joueur que le président ne voulait pas. (...) Les départs sont toujours compliqués. J'aurais aimé partir d'une autre façon, mais la décision de partir est la mienne. On me considérait comme foutu alors que j'avais 32 ans."
Ronaldo Nazario - peu en forme à l'époque et vendu à l'AC Milan pour une somme symbolique de 7,5 millions d'euros en janvier 2007 - et Raul Gonzalez, accueilli par le célèbre "je compte sur toi, mais tu seras sur le banc" par José Mourinho à l'été 2010, avaient suivi ses pas pour l'ère des Galactiques. C'est dire ce qu'a réussi Varane avec ce départ en "Gentlemen's agreement". La machine à broyer a, elle, épargné le champion du monde.

Raphaël Varane

Crédit: Getty Images

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