En un peu moins de trois ans, les supporters algériens ont appris à vivre avec le fameux ascenseur émotionnel, fait de hauts – une victoire inattendue lors de la CAN 2019 en Egypte et une série d’invincibilité de 35 matches – et de bas, avec une élimination dès le premier tour de la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Cameroun en janvier et février derniers. Les jours qui s’annoncent vont une nouvelle fois mettre leurs nerfs à rude épreuve, à l’occasion des barrages pour la Coupe du Monde 2022 contre le Cameroun, absent, comme l’Algérie, de l’édition 2018 en Russie. Une qualification face aux Lions Indomptables facilitera la digestion définitive de l’échec de la sélection nationale lors de la CAN. A contrario, une élimination pourrait laisser des traces au moins aussi profondes, avec, comme probable première conséquence, le départ de Djamel Belmadi.

Belloumi : "J’aimerais que Belmadi reste, même en cas d’élimination"

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Le sélectionneur algérien (46 ans) n’a jamais caché son ambition de disputer la Coupe du Monde au Qatar, un pays où il a joué, entraîné et où il vit une grande partie de l’année avec sa famille. Et dans les rues d’Alger, Constantine, Oran ou Blida, où sa cote de popularité reste élevée malgré l’échec enregistré lors de la CAN, beaucoup sont persuadés que l’ancien milieu de terrain de l’Olympique de Marseille videra les tiroirs de son bureau de la Fédération Algérienne de Football (FAF) en cas d’élimination, même si Lakhdar Belloumi, l’ex international aux 100 sélections, tente de se convaincre du contraire.

Djamel Belmadi, sélectionneur de l'Algérie

Crédit: Getty Images

"Je ne sais pas ce qui arrivera, mais moi, même si l’Algérie est éliminée, j’aimerais qu’il reste, car il a fait du très bon travail depuis sa nomination en 2018. En juin, les qualifications pour la CAN 2023 vont débuter, et ce serait à mon avis mieux qu’il reste." Mais pour son ancien coéquipier Ali Fergani (72 sélections), un départ de Belmadi semble inévitable si l’Algérie échoue face aux Lions Indomptables "Dans ce cas, il partira de lui-même, j’en suis quasiment convaincu." Et ce n’est pas le contrat qui le lie à la FAF, avec un salaire largement revu à la hausse après le sacre du Caire en 2019, qui y changera quoi que ce soit.

Ghezzal, Belfodil et Guedioura de retour

Mais le raté de l’Algérie au Cameroun n’a pas détruit le lien qui unit les supporters à leur sélection nationale. L’accident industriel de la CAN "fait partie des aléas du foot, cela est arrivé à d’autres sélections de haut niveau par la passé " rappelle Fergani. Djamel Belmadi, qui a analysé les causes de la CAN calamiteuse de son équipe, a procédé à plusieurs changements significatifs pour défier les Camerounais. Yacine Brahimi (Al-Rayyan, Qatar), Baghdad Bounedjah (Al-Sadd, Qatar), Farid Boulaya (Metz) ou encore Saïd Benrahma (West Ham) ont été écartés, au profit notamment des expérimentés Rachid Ghezzal (Besiktas Istanbul), Ishak Belfodil (Hertha Berlin) ou Adlène Guedioura (Sheffield United), tous absents au Cameroun. "Il fallait faire quelques changements, notamment dans le secteur offensif, qui n’a pas bien fonctionné lors de la CAN avec un seul but marqué", ajoute Fergani.

Mahrez et Slimani en forme

Belmadi a également pu constater ces dernières semaines que certains de ses cadres traversaient une bonne période en club, dont Riyad Mahrez, très en forme avec Manchester City ou Islam Slimani au Sporting Lisbonne. "Slimani fait partie des piliers de cette sélection, a retrouvé du temps de jeu au Sporting Lisbonne, où il marque des buts. Quand il est arrivé à la CAN, il ne jouait quasiment pas à Lyon. Et c’est important pour l’équipe de pouvoir compter sur le meilleur buteur de l’histoire de la sélection", reprend Belloumi. Mais si la CAN semble appartenir au passé, certains signes traduisent une évidente nervosité dans l’entourage très proche de la sélection.

Riyad Mahrez avec l'Algérie à la CAN 2022

Crédit: Getty Images

La divulgation par la presse locale, au mois de février, d’une information relative au stage prévu en Guinée Equatoriale du 21 au 24 mars a provoqué la colère du sélectionneur et de Charaf-Eddinbe Amara, le président de la fédération. "Comme s’il s’agissait d’une information top secret et de la plus haute importance", s’amuse Fergani. Cette réaction épidermique et les quelques plaintes concernant l’état de la pelouse du Stade Japoma à Douala ou la désignation d’un arbitre botswanais (Joshua Bondo) pour diriger le match aller n’ont pas échappé à l’attention de Yazid Ouahib, journaliste sportif au quotidien El Watan. "On a l’impression que certains commencent à sortir les arguments pour expliquer une éventuelle élimination. Il y a en effet peu de tension, preuve que la CAN a laissé des traces…"
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