Le Portugal n'a jamais été aussi près de retrouver ses mauvaises habitudes. Ce dimanche, les coéquipiers de Cristiano Ronaldo affrontent la Serbie en "finale" du groupe A, où une défaite les contraindrait à passer par les barrages pour tenter de se qualifier pour la Coupe du monde 2022. Comme en 2010. Comme en 2012 pour l'Euro, comme en 2014. Ces derniers temps, la Seleção das Quinas parvenait à éviter cet écueil, avec plus ou moins de facilité, et le statut dont elle jouit depuis son titre européen en 2016, ainsi que sa nouvelle génération dorée, semblaient la mettre à l'abri d'un tel accident. Et pourtant.
S'il a changé à bien des égards, le champion d'Europe est plus que jamais imprégné de la philosophie de Fernando Santos, dont le pragmatisme ferait passer Didier Deschamps pour un romantique. Jeudi, au moment d'affronter la république d'Irlande (0-0), le sélectionneur lusitanien a tout fait pour éviter la moindre prise de risque. Dans le choix des hommes, en se privant des joueurs susceptibles d'être suspendus pour le match face à la Serbie ; l'approche a d'ailleurs touché ses limites, Pepe ayant été exclu en fin de rencontre. Mais aussi… dans le jeu : le Portugal a joué petit bras, ne cadrant que trois tirs en tout et pour tout.

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Faire match nul ou gagner 5-0, c'était la même chose
"Nous avons beaucoup joué latéralement, vers l'arrière et le gardien de but", avait analysé "l'ingénieur" après la rencontre. Ce qui ne l'avait pas franchement perturbé : "Je suis satisfait du résultat, naturellement. Faire match nul ou gagner 5-0, c'était la même chose." Sur le plan strictement comptable, impossible de donner tort au sélectionneur portugais : avec deux points de plus au compteur, le Portugal n'aurait pas eu le droit de perdre son dernier match, ce dimanche.
De cette manière, Santos n'a pas franchement redonné du crédit à un mandat franchement balbutiant, même si la Fédération portugaise, elle, avait encore choisi de conforter l'entraîneur qui a guidé la sélection vers son tout premier titre international. Ce, alors que la qualité de l'effectif à sa disposition n'a pas grand-chose à voir avec celle des champions d'Europe 2016, et que les résultats au dernier Mondial (élimination en huitièmes face à l'Uruguay) puis à l'Euro (élimination en huitièmes face à la Belgique) ont été décevants.

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Désormais, en plus de cadre performants (Rui Patricio, Pepe, Bernardo Silva, Cristiano Ronaldo), Fernando Santos peut compter sur des joueurs devenus des références mondiales à leurs postes (Cancelo, Bruno Fernandes, Ruben Dias) et une jeune génération particulièrement talentueuse (Nuno Mendes, Rafael Leao, Joao Felix). Et si la plupart de ces éléments évoluent dans des clubs habitués à jouer pour gagner, ils doivent se résoudre, en sélection, à tout faire pour ne pas perdre. Ce qui, vous en conviendrez, ne correspond pas tout à fait à la même idéologie.

5 victoires en 20 matches contre le Top 15 FIFA

Depuis son titre européen, le Portugal a disputé vingt matches contre des sélections classées dans le Top 15 du classement FIFA actuel. Le bilan ? Neuf résultats nuls, six défaites et seulement cinq petites victoires, dont une face au Mexique et deux face à la Suisse. Un tableau qui ne colle pas tout à fait à une équipe qui, sur le papier, devrait plutôt faire partie des "cinq meilleures nations mondiales", comme l'a souligné Dragan Stojkovic, le sélectionneur serbe.

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Pour le Portugal, la bonne nouvelle est que la Serbie ne fait pas partie des 15 ou 20 meilleures nations FIFA. La mauvaise est qu'elle a beaucoup plus à gagner qu'à perdre. "Le Portugal cherchera toujours à imposer son registre, a tenté de rassurer Fernando Santos, samedi, en conférence de presse. Je ne pense pas que ce sera un match d'attente ou de patience. Mais je ne pense pas non plus qu'une équipe va jouer de manière débridée." S'agissant de l'approche du Portugal, on veut bien le croire.
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