D'ordinaire, c'est déjà une liste délicate à établir. Les rendez-vous internationaux de septembre ont toujours leurs lots de contrariétés. Cette période implique traditionnellement des écarts de préparation physique importants entre les joueurs, selon la date de reprise de leur championnat. Didier Deschamps en a l'habitude. Mais le contexte est encore différent. Sous sa direction, les Bleus étaient plutôt habitués à une reprise en douceur. Ce ne sera pas le cas cette année. L'Euro est passé par là.
Le fiasco de l'été est encore dans toutes les mémoires. L'élimination des Bleus dès les 8es de finale de l'Euro a cassé la dynamique des champions du monde 2018. Les regrets sont encore palpables. Deschamps ne les a pas vraiment cachés dans une longue interview accordée à L'Equipe dans le courant du mois d'août. Oui, les Bleus menaient encore 3-1 face à la Suisse à la 80e minute de jeu. Le sélectionneur n'a cessé de le répéter dans cet entretien. Mais tout le monde connaît la suite, et elle est de nature à changer radicalement la donne.

L'heure du changement est passée

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Encore que cela reste à prouver. La thèse de l'accident de parcours semble plutôt tenir la route dans l'esprit du duo Le Graët-Deschamps. Elle a incité le président de la FFF à maintenir son sélectionneur en poste malgré la désillusion estivale. Elle donne aussi des raisons à Deschamps de s'appuyer sur un groupe solidement installé à un peu plus d'un an de la Coupe du monde au Qatar. La campagne de qualification a bien débuté. De Strasbourg à Lyon en passant par Kiev, la France peut même valider son billet pour le prochain Mondial dès ce mois de septembre, selon les circonstances.

A un an et demi du Qatar, voilà ce que les Bleus et Deschamps doivent changer

Une raison de plus pour s'appuyer sur ceux qui ont bien démarré le travail pour le triptyque face à la Bosnie-Herzégovine (1er septembre), l'Ukraine (4 septembre) et la Finlande (7 septembre) ? Pas exactement. Le changement, ce n'est pas maintenant. Cette heure est déjà passée. Deschamps l'avait programmée pour le 18 mai dernier avec le retour inattendu de Karim Benzema chez les Bleus. Et tous les changements que cela a impliqué dans l'animation de son collectif. Cela n'a pas porté ses fruits à l'Euro. Mais ça ressemble à la base sur laquelle il compte travailler pour la Coupe du monde.

Des habitués manqueront à l'appel

Il ne faudra vraisemblablement pas attendre de surprises. Plutôt des ajustements liés à cette période de reprise. Ousmane Dembélé est forfait, Marcus Thuram est très incertain après avoir été victime d'une blessure avec Mönchengladbach le week-end dernier, Lucas Hernandez n'a toujours pas repris depuis son opération à un genou après l'Euro, Benjamin Pavard est touché, Adrien Rabiot aussi… Certains habitués du groupe tricolore risquent de manquer à l'appel pour ce premier rendez-vous de la saison avec la sélection.

"Deschamps et les Bleus se sont laissés aveugler par le trio offensif et ses promesses"

D'autres pourraient en profiter. A commencer par Moussa Diaby, qui confirme depuis la reprise les promesses entrevues sous le maillot du Bayer Leverkusen la saison passée. Ou encore Théo Hernandez, probablement le mieux placé pour compenser une éventuelle absence de son frère Lucas sur le flanc gauche de la défense. Houssem Aouar a une carte à jouer, surtout si Rabiot venait à déclarer forfait. Et Dayot Upamecano, désormais au Bayern Munich, est lui aussi un candidat crédible pour retrouver le groupe tricolore en défense.

Le cas Giroud

Olivier Giroud, lui, semble en pleine forme depuis qu'il a quitté Chelsea pour rejoindre l'AC Milan. Mais la question de sa présence dans la liste se pose cependant. Il a perdu sa place de titulaire chez les Bleus avec le retour de Karim Benzema. Il a été au centre d'une polémique avec Kylian Mbappé avant l'Euro, pour avoir déclaré qu'il ne recevait pas assez de ballons après le match amical contre la Bulgarie (3-0). Il a surtout été pointé du doigt par Deschamps dans son entretien à L'Equipe. "Il le sait, je le lui ai dit : il n'avait pas à dire ça, c'est une certitude", a lancé le sélectionneur.
Le cas de l'avant-centre de 34 ans, qui totalise 46 buts en 110 sélections avec l'équipe de France, sera l'un des plus scrutés pour cette première liste post-Euro. Si l'un des cadres du groupe de Deschamps semble menacé, c'est peut-être lui. Mais le noyau dur des Bleus ne semble pas forcément être amené à subir de profonds bouleversements. C'est l'hypothèse la plus probable. A moins que le sélectionneur ne réserve de nouvelles surprises. Réponse ce jeudi à 14h.

Olivier Giroud (France) face à la Bulgarie

Crédit: Getty Images

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