Se pencher sur le palmarès de Raphaël Varane, c'est prendre le risque de ressentir une sensation prononcée de vertige. Mais avec l'avantage, non négligeable, de pouvoir se rattraper aux nombreuses anses qui remplissent son armoire à trophées. A bientôt 28 ans, le défenseur de l’équipe de France n'a plus cinquante nouveaux sommets à gravir. Parce qu'il les connaît déjà, pour la plupart. Européens avec le Real Madrid, mondiaux avec l'équipe de France, l'international aux 71 sélections a (presque) tout gagné. Il ne lui reste qu'un pic à atteindre, pour compléter son combo : aller chercher l'Euro en juillet prochain.
La quête, qui a été décalée d'une année pour les raisons que vous imaginez, débute dès mercredi face à l'Ukraine. Le monde est drôlement fait mais c'est ainsi : en même temps que le début des qualifications pour le prochain Mondial, les Bleus se lancent dans la dernière ligne droite vers leur immense objectif estival et leurs espoirs de doublé.
Cinq ans après avoir loupé l'Euro à la maison, Varane a encore un peu de mal à se projeter sur le 15 juin, date du premier match des Bleus face à l'Allemagne. L'Euro 2016, regardé sur le canapé et devant la télé, a toujours du mal à passer. Cet été, il aura l'opportunité de faire coup double en effaçant un mauvais souvenir et en le remplaçant par un autre, extraordinaire. Mais Varane y va à tâtons. "Je n'ai pas envie de me projeter et de trop me prendre la tête par rapport à ça, nous confiait-il récemment lors d'un entretien réalisé avec son nouvel équipementier. J'ai manqué l'Euro 2016 que j'ai vu de la maison, ça m'a fait mal. Depuis, je ne me projette plus aussi loin, je préfère voir à court terme". Voir à court terme n'empêche pas d'aller loin. Et d'imaginer le meilleur.
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Les 100 sélections déjà...
Trois ans après avoir soulevé la Coupe du monde, l'envie d'Euro est surtout débordée par l'envie de revivre un autre été à la sauce 2018. Parce que Varane a autant été marqué par le pendant que l'après et le depuis. "C'est difficile à décrire mais on sait qu'on a marqué l'histoire de manière indélébile. On sait qu'on est tous liés à jamais par cet événement et je pense qu'on est entré dans le cœur des Français. C'est ce qu'il y a de plus beau en sélection : rassembler un pays. Dans un moment aussi difficile que celui que l'on vit actuellement, on a envie de recréer ça, de rapprocher les gens, qu'ils se souviennent d'où ils étaient durant la finale… Les gens nous en reparlent, on sait qu'on a marqué tout le monde. On sait ce qu'il y a derrière la victoire et on a envie de revivre ça. Mais on connaît la difficulté de la tâche."
Le jeu en vaut la chandelle. Parce qu'il y va (aussi) de la trace individuelle que l'ancien Lensois laissera dans l'histoire du football français. Elle est déjà immense et Varane soutient la comparaison avec Laurent Blanc et Marcel Desailly, les deux mythes du doublé 1998-2000. "Là, on parle de légendes…, atténue-t-il cependant. Ce sont des objectifs difficiles à atteindre. Il y a des paliers. Les 100 sélections déjà, ce serait déjà magnifique. Mais je n'ai jamais été du genre à me fixer des objectifs précis. Il faut foncer et on verra, c'est ma façon de penser. Je donne le maximum et j'essaie de prendre tout ce qu'il y a à prendre. Quand ce sera fini, je me retournerai et regarderai tout ce que j'ai accompli."
Depuis le début de la saison, Varane s'est pas mal adapté en équipe de France. Lui l'habitué du classique quatuor a dû s'essayer à la défense à trois. Ce qui ne lui a pas posé plus de problème que ça. Pas plus que le profil varié de ses différents partenaires, de Lenglet à Kimpembe, en passant par Upamecano ou Zouma. Trois ? Quatre ? Varane fait avec, comme à l'automne où Didier Deschamps a testé tout ce qu'il pouvait en termes d'animation défensive. Il a fallu beaucoup communiquer avec les copains. Et ça change du Real où un regard avec Sergio Ramos suffit.
"A trois, les mouvements sont différents. Les lignes de passe, aussi, sont différentes. Il faut faire preuve de plus de coordination. Ça demande une adaptation. Après, à gauche, à droite… j'aime beaucoup jouer plein axe aussi, reconnait-il. Il faut faire en fonction des complémentarités mais avoir autant de choix, c'est aussi avoir la possibilité de s'adapter à l'adversaire, de faire en fonction des états de forme de chacun. On prend aussi du plaisir quand on doit s'adapter".
Dans la dernière ligne droite, celle qui va emprunter la route du Stade de France mercredi, passer par le Kazakhstan et la Bosnie, Varane devrait avoir un peu moins à s'adapter, si les choses se passent bien, il s'entend. A l'Euro, les Bleus devraient jouer à quatre. Et, a priori, Presnel Kimpembe possède désormais une longueur d'avance sur la concurrence. Il y a trois ans, le Parisien était déjà là. Mais dans l'ombre de Samuel Umtiti. Le 15 juillet 2018, il avait quitté le vestiaire des Bleus avec sa célèbre enceinte. Raphaël Varane, lui, berçait la Coupe du monde comme un bébé. "Je l'ai partagée un peu quand même (rires). Il fallait faire plaisir à tout le monde, même si c'est vrai que je l'ai gardée un bon petit moment…" La coupe Henri-Delaunay est plus compliquée à pouponner, mais Varane a bien envie de s'y essayer cet été.

Varane et les Bleus ? "J'aime bien jouer en tant que dernier défenseur"

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