C'est un étrange mois de mars. Etrange car unique. Unique parce que les Bleus auront trois matches, au lieu de deux habituellement. Unique surtout parce que, coincé entre une Coupe du monde qui démarre quasiment ce mercredi et un Euro comme objectif prioritaire, ce printemps démarre avec l'été 2021 et l'hiver 2022 comme lignes de mire.
Mais il ne s'agirait pas de courir deux lièvres à la fois sous peine de s'épuiser inutilement. Jongler n'a jamais été la qualité première de Didier Deschamps et le sélectionneur a suffisamment les idées claires pour établir l'ordre des priorités : d'abord les éliminatoires du Mondial, ensuite l'Euro. Même si l'urgence est d'établir un groupe pour juin prochain, il ne faudrait pas hypothéquer la course au Qatar pour les champions du monde en titre.
Voilà pourquoi le sélectionneur a rappelé la vieille garde (Thomas Lemar, Ousmane Dembélé). Celle qui a décroché l'étoile à Moscou. Plus question de faire des expérimentations, l'heure est à la performance. Même dans un groupe plus qu'abordable, même face à des adversaires qui ne dépassent pas le 24e rang mondial (Ukraine), la France n'a pas le droit au gadin dans un groupe à cinq sélections où le moindre faux-pas pourra se transformer en vrai boulet.
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Ukraine, Everest en forme de dos d'âne

La campagne démarre par son Everest en forme de léger dos d'âne. L'Ukraine, adversaire supposée le plus coriace du groupe, en avait pris sept au Stade de France le 7 octobre dernier (7-1). Alors certes, les Ukrainiens, durement frappés par une épidémie de Covid-19 à l'automne, présenteront un autre visage mais les Bleus ont une vraie marge. Le grand danger qui les guette en cette période où championnat, coupes nationales et d'Europe s'enchaînent sans temps mort, c'est l'infernal calendrier. L'Ukraine arrive dès ce mercredi alors que la plupart des cadres ont joué dimanche en championnat. "Certains seront concernés mercredi, d’autres dimanche et puis lors du troisième match, a confié Didier Deschamps mardi. Je n’ai pas à faire des essais ou procéder à des retours. Les mieux disposés à jouer seront sur le terrain."
La deuxième rencontre, prévue à Nur-Sultan au Kazakhstan dimanche (15h00), contre une équipe que les Bleus n'ont jamais affrontée, nécessite un interminable trajet de plus de six heures, avec un décalage horaire de cinq heures, un terrain synthétique à l'arrivée et des températures négatives attendues. "Un périple", de l'aveu même de Deschamps. Et c'est en Bosnie qu'il s'achèvera trois jours plus tard au terme d'une semaine internationale d'une rare densité.

Olivier Giroud en discussions avec Didier Deschamps lors de France-Ukraine.

Crédit: Getty Images

Des victoires… et un élan

Alors que faut-il attendre de ces trois matches ? Trois victoires au minimum, bien sûr. Les Bleus ont suffisamment de certitudes et d'avance sur leurs concurrents pour se remettre du calendrier démentiel. Des succès donc et un élan. Une dynamique qui doit les mener à juin avec les idées claires. Jusque-là, le sacre russe a plutôt été bien digéré et la démonstration de Lisbonne (victoire 0-1 face au Portugal) a rappelé que Deschamps et ses hommes demeuraient les grands favoris de l'Euro à venir.
Il ne s'agirait pas d'abîmer ce statut à trois mois de son coup d'envoi. Aujourd'hui, tout semble en place. Ce triple rendez-vous ne devrait pas, sauf immense surprise, remettre en cause un onze-type dans lequel Presnel Kimpembe et Adrien Rabiot ont remplacé Samuel Umtiti (puis Clément Lenglet) et Blaise Matuidi dans 4-4-2 redevenu référence. Deschamps aura beau dire le contraire, l'attention se concentre davantage sur la liste de l'Euro que sur les éliminatoires d'une lointaine Coupe du monde. Il a sans doute une petite vingtaine de noms en tête, il reste à définir les contours de la liste à son extrémité.

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Digne ou Mendy ? Ben Yedder ou Martial ? Lemar ou Dembélé ? Le Barcelonais, bouillant en Catalogne, sera l'une des grandes attractions d'un rendez-vous qui comporte finalement très peu d'inconnues. Lui, et son immense, peuvent bouger les lignes. Pour le reste, il s'agira avant tout de consolider un édifice déjà très solide. A trois mois de l'Euro, ce serait dommage de tout gâcher.
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