C’est une situation nouvelle dont le sélectionneur des Bleus se serait, à coup sûr, bien passée. Alors que Didier Deschamps a fêté cette année ses 20 ans de carrière avec la casquette d'entraîneur/sélectionneur, il fait face avec l’équipe de France à une problématique sans précédent pour lui : relancer une équipe, sur le toit du monde il y a trois ans, et qui semble avoir perdu l’étincelle qui lui avait permis de décrocher le Graal en Russie.

"Ces Bleus sombrent dans une forme d'embourgeoisement"

Samedi soir, à quelque 700 kilomètres de Moscou, du côté du stade olympique de Kiev, Deschamps a tenté de réveiller son équipe. En effectuant pas moins de six changements dans son onze de départ par rapport à l’équipe qui avait débuté le match face à la Bosnie-Herzégovine à Strasbourg (1-1), le sélectionneur des Bleus voulait certainement créer une réaction et insuffler une nouvelle dynamique à sa formation. Ce fut (globalement) raté et les Bleus sont repartis de la capitale ukrainienne avec un nouveau match nul (1-1) dans leurs valises et la tête pleine de doutes.
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"Cela peut arriver sur certaines périodes. On va tout faire pour inverser cette tendance", expliquait le sélectionneur après la rencontre. Mais alors quelles solutions pour DD ? Comment relancer une équipe qui a tout gagné, ou presque ? Comment insuffler une nouvelle dynamique à une sélection aussi mûre que celle des Bleus de Deschamps ? Autant de questions auxquelles le Basque devra rapidement répondre s’il ne veut pas que son équipe plonge dans une crise de confiance inédite sous son ère.

L’exemple de l’OM version 2011-2012

Plus globalement, au cours de sa carrière d'entraîneur, Deschamps n’a jamais été confronté à cette problématique. Que ce soit à l’AS Monaco (de 2001 à 2005) ou à la Juventus (2006-2007), le coach Deschamps n’a jamais eu besoin de relancer une équipe avec laquelle il avait déjà remporté des titres. A Marseille, club qu’il a entraîné de 2009 à 2012, avant de devenir sélectionneur des Bleus, il avait été confronté à une situation qui pourrait un peu rappeler celle qu’il traverse actuellement avec les Bleus.

Deschamps

Crédit: Eurosport

Lors de sa dernière saison, et après avoir remporté le championnat de France et la Coupe de la Ligue pour sa première année, puis le Trophée des champions et de nouveau la Coupe de la Ligue l’année suivante, Didier Deschamps est dans le dur lors de l’exercice 2011-2012. Un peu comme pour les Bleus actuellement, il doit trouver des solutions pour relancer un groupe qui a connu la joie des titres sous ses ordres. Deschamps réussira, en partie, sa mission en emmenant les Marseillais en quart de finale de C1 et en remportant pour la 3e fois consécutivement la Coupe de la Ligue. Une mission réussie seulement partiellement car l’OM échoue cette année-là à une triste 10e place en Ligue 1.

Il est urgent de relancer une dynamique

Après le match face à l’Ukraine, la France reste désormais sur cinq matches nuls consécutifs, dont un qui lui a coûté une élimination dès les 8e de finale de l’Euro. Un ralentissement significatif pour une équipe qui avait pris l’habitude d'enchaîner les victoires depuis son sacre russe en juillet 2018 (23 victoires, 10 nuls et 3 défaites). "Il ne nous est pas souvent arrivé de ne pas gagner", avouait d’ailleurs Didier Deschamps. "Mais il y a eu des périodes avec un peu moins d'efficacité. On n'est pas habitué à prendre deux points sur six en deux matches."

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Relancer une équipe habituée à la gagne depuis tant d’année est d’autant plus compliqué que les Bleus de Deschamps s’appuient depuis 2018 sur un système de jeu qui, si pour certains n’offrait pas le spectacle attendu, garantissait à l’équipe de France une assise défensive et une confiance de tous les instants. Dans leur 4-2-3-1 (ou 4-4-2), il ne pouvait rien arriver aux coéquipiers d’Hugo Lloris.

Des changements mais une marge de manœuvre réduite

Face aux coéquipiers de Yaremchuk, Coman, Martial, Tchouaméni, Zouma ou encore Dubois étaient censés apporter cette fraîcheur qui manque tant aux Bleus depuis plusieurs mois. Des changements pour remobiliser un groupe mais du turnover qui serait également l’une des causes de cette mauvaise passe des Bleus. C’est ce discours paradoxal qui est servi par Deschamps depuis le début du rassemblement. "Les raisons de ces difficultés sont plutôt à trouver dans un manque de réussite et de confiance et dans un équipe de France fortement remaniée", détaillait le Basque après le match nul face à l’Ukraine. "Ce ne sont plus les mêmes joueurs. Il n’y avait que trois joueurs de la Coupe du monde 2018 face à l’Ukraine avec Hugo (Lloris), Paul (Pogba) et Antoine (Griezmann)", poursuivait le sélectionneur.
Trouver le juste milieu entre continuité et bouleversement pour à la fois s’appuyer sur ce qui a fait la force de cette équipe ces dernières années tout en insufflant une nouvelle dynamique : voici le casse-tête que devra résoudre Didier Deschamps avant d’affronter la Finlande, deuxième du groupe D ce mardi soir au Groupama Stadium de Décines.
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