Plus de 30 ans d’attentes et deux énormes déceptions en quelques mois seulement. L’équipe de France espoirs, qui débute ce jeudi sa campagne de qualification pour le prochain Euro U21 qui se tiendra en 2023, en Roumanie et Géorgie, sort d’une période délicate sur le plan des résultats. Eliminée par les Pays-Bas en mai dernier en quart de finale du dernier Euro que les jeunes Bleuets abordaient pourtant dans la peau de favoris, puis sorti la tête basse dès le premier tour des Jeux Olympiques de Tokyo, les hommes de Sylvain Ripoll veulent repartir sur de nouvelles bases.
Depuis 1988 et la victoire en championnat d’Europe espoirs, les Bleuets courent après un titre dans une grande compétition. Sylvain Ripoll, arrivé sur le banc des Espoirs en 2017, cristallise bien souvent la plupart des critiques. S’il a, bien évidemment, sa part de responsabilité il n’est pas le seul coupable de cette mauvaise passe. D’une communication surprenante de la part de la fédération à un manque de leadership sur le terrain en passant par une panne d’inspiration tactique sur le banc, tour d’horizon de ce qui manque encore aux Bleuets dans la quête de leur premier titre depuis 33 ans.

Un sélectionneur en manque d’inspiration

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Sylvain Ripoll a entamé en mai dernier sa quatrième année à la tête de la sélection Espoirs. Nommé en mai 2017 pour prendre la suite de Pierre Mankowski qui avait échoué à qualifier les Bleuets pour l’Euro 2017, Ripoll a, depuis, un bilan comptable tout a fait honorable. Avec 29 victoires pour sept nuls et neufs défaites (dont trois sur les cinq derniers matches), le Breton a surtout permis aux Espoirs français de participer de nouveau aux compétitions qui comptent. Avant son arrivée sur le banc des Bleuets, les jeunes français n’avaient plus disputé d’Euro U21 depuis 2006 et de JO depuis 1996.

Sylvain Ripoll

Crédit: Getty Images

Si le bilan purement statistique de son mandat est plutôt positif, les critiques émises par les observateurs sur le jeu de son équipe se font de plus en plus nombreuses depuis l’année dernière. Dans une situation très particulière à Tokyo, car privé de la plupart des joueurs qu’il avait sélectionné, Ripoll a parfois semblé à court d’idée, laissant ses joueurs livrés à eux même sur le plan tactique. Quelques mois auparavant, c’est également, en partie, un manque de liant collectif qui avait précipité les Bleuets hors de l’Euro 2021 face aux Pays-Bas.
Critiqué par son manque de leadership présumé et son manque d’expérience sur un banc au plus haut niveau (il avait entrainé seulement le FC Lorient avant de prendre en main les Espoirs), Sylvain Ripoll a pourtant, depuis de nombreux mois, l’une des plus belles générations de jeunes joueurs en Europe à sa disposition.

Gouiri, Camavinga, Badiashile… des leaders encore timides avec les Bleuets

Des jeunes joueurs, qui, s’ils sont parfois déjà titulaires indiscutables dans leur clubs, ont souvent manqué de solidité avec le maillot frappé du coq. Dans la liste convoquée pour affronter la Macédoine du Nord ce jeudi au Mans (18h30) puis les Iles Féroé lundi prochain, 11 joueurs découvrent les Espoirs. Si Ripoll s’est défendu de vouloir "repartir d’une page blanche", il a avoué attendre "beaucoup de fraicheur et d’enthousiasme pour attaquer une nouvelle dynamique". Pour lancer parfaitement cette campagne de qualification, il pourra s’appuyer sur plusieurs joueurs, supposés leaders, mais qui ont, ces derniers mois, manquer de consistance avec les Bleuets. Benoit Badiashile en défense, Amine Gouiri en attaque mais surtout Eduardo Camavinga dans l’entrejeu, sont appelés à prendre plus de responsabilités dans les prochains mois.
Le dernier cité, qui vient d’être transféré au Real Madrid et qui a déjà eu la chance de porter le maillot de la grande équipe de France, a le talent pour porter cette équipe U21 sur ses jeunes épaules. "Il a eu six mois plus difficiles la saison dernière, ce qui correspondait à l’échéance de l’Euro" a expliqué son sélectionneur mardi. Tout en réaffirmant sa volonté de placer le jeune milieu de terrain du Real dans la peau d’un leader naturel. "J’ai toute confiance en Eduardo. Sa situation se clarifiant, il va pouvoir être complètement libre et se lâcher dans ce qu’il doit apporter à l’équipe de France Espoirs".

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Relations compliquées avec les clubs et communication surprenante

Si Noël Le Graet a réaffirmé, après le fiasco des Jeux de Tokyo, son soutien à son sélectionneur, le président de la FFF s’est parfois montré maladroit dans sa communication autour de l’équipe de France Espoirs. Sa dernière sortie, lors d’un entretien accordé à nos confrères de Ouest France, durant lequel il avouait ne pas connaitre la moitié des joueurs appelés par Sylvain Ripoll pour ces deux matches du mois de septembre, l’illustre parfaitement. "Ils sont à peine titulaires dans leurs clubs", affirmait-il pour se justifier.
D’autre part, l’épisode douloureux pré-olympique, que le coach Breton a qualifié de "mascarade", a mis en lumière parfois le peu de considération des clubs de l’élite pour cette équipe de France. A l’heure d’entamer un nouveau chapitre avec pour ligne de mire le championnat d’Europe 2023, les Bleuets de Sylvain Ripoll vont devoir trouver des solutions à ces problématiques s’ils veulent, dans les années qui viennent, enfin dépoussiérer l’armoire à trophée de la sélection Espoirs.

Noël Le Graët lors du Mondial 2018

Crédit: Getty Images

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