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Sifflets à couvrir et salut militaire : France-Turquie, épicé à tous niveaux

Sifflets à couvrir et salut militaire : France-Turquie, épicé à tous niveaux

Le 14/10/2019 à 08:03Mis à jour Le 14/10/2019 à 11:59

QUALIFICATIONS EURO 2020 - En quête d’une qualification pour l’Euro 2020, la France et la Turquie s’affronteront ce lundi à Saint-Denis (20h45). Loin d’être anodin, l’enjeu sportif ne sera toutefois pas le seul point chaud de cette rencontre, placée sous haute surveillance et qui se déroulera dans un contexte géopolitique particulièrement tendu.

Pour retrouver trace d’un match entre la France et la Turquie disputé sur le sol hexagonal, il faut remonter à juin 2009. A l’époque, les Bleus de Raymond Domenech s’étaient imposés grâce à Karim Benzema, qui avait transformé un penalty obtenu par Nicolas Anelka (1-0). Loin d’avoir été exaltant, cet amical de fin de saison n’avait pas spécialement marqué les esprits. Mais difficile de l’effacer complètement des mémoires, et pour cause : l’arbitre avait dû interrompre les débats pendant quelques minutes suite à des jets de projectiles et de fumigènes en provenance de la tribune des supporters visiteurs.

Une décennie plus tard, Français et Turcs croiseront de nouveau le fer ce lundi (20h45). L’enjeu est de taille, puisque les deux équipes sont aux avant-postes dans leur groupe de qualification, avec l’Euro 2020 en ligne de mire. Les hommes de Didier Deschamps auront en outre l’intention d’effacer l’affront de la défaite concédée à l’aller (2-0). Mais une fois encore, l’aspect strictement sportif - aussi important soit-il - ne sera pas le seul à devoir être pris en compte. Tout d’abord parce que le spectre d’un incident plane au-dessus de ce match, classé "à risques" par les autorités.

Karim Benzema (France) contre la Turquie, en 2009

Karim Benzema (France) contre la Turquie, en 2009Eurosport

"La musique sera très forte pour couvrir les sifflets"

Pas moins de dix unités de CRS (soit environ un millier de policiers) seront ainsi mobilisées dans le cadre de cette confrontation, tant aux abords qu’à l’intérieur du Stade de France. En plus des quelque 3 800 supporters attendus dans un parcage visiteurs a priori plein à craquer, de nombreux spectateurs d’origine turque devraient être disséminés un peu partout dans l’enceinte dyonisienne. "Cela va être un match compliqué dans un stade assez partagé entre les Français et les Turcs," a même supposé Steve Mandanda dans la foulée du succès arraché en Islande (0-1).

Sans aller jusqu’à craindre des débordements, Noël Le Graët s’attend malgré tout à un match animé en tribunes. "On risque d’avoir un peu de sifflets, un peu de mouvement, un peu d’excès… A l’aller, c’était dur car les supporters turcs ont sifflé tout le temps et n’ont pas été d’une grande sportivité," a rappelé le président de la FFF au Parisien. Avant d’ajouter, comme pour anticiper les huées qui pourraient descendre des tribunes au moment des hymnes : "La musique sera très forte pour couvrir les sifflets."

Un salut militaire collectif en guise de célébration

D’ordinaire emmitonnée dans une ambiance calfeutrée, la tribune présidentielle pourrait elle aussi être plus agitée qu’à l’accoutumée. Pour des raisons d’ordre géopolitiques. Les relations entre Paris et Ankara se sont en effet considérablement refroidies depuis que l’Etat dirigé par Recep Tayyip Erdogan a lancé une opération militaire contre les Kurdes. A l’instar de ses voisins européens, la France a fermement condamné cette offensive. Contrairement à Emmanuel Macron, Jean-Yves Le Drian (ministre des Affaires étrangères) sera présent au stade et aura peut-être l’occasion d’évoquer ce sujet avec des membres de la délégation turque.

Est-ce hors de propos de mélanger les enjeux diplomatiques et sportifs ? Loin de là. Vendredi, juste après avoir fait la différence contre l’Albanie (1-0), Cenk Tosun et ses coéquipiers ont célébré le but en mimant un salut militaire, probablement en soutien à l’opération lancée par leur président. Potentiellement sous le coup d’une sanction de la FIFA (qui proscrit toute référence politique ou religieuse sur un terrain), les joueurs turcs sont susceptibles de récidiver s’ils trouvent le chemin des filets contre les Bleus. Cela ne ferait qu’ajouter un peu de piment à un match déjà bien épicé. A tous les niveaux.

Cenk Tosun (Turquie) et ses coéquipiers après le but contre l'Albanie

Cenk Tosun (Turquie) et ses coéquipiers après le but contre l'AlbanieEurosport

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