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Giroud et Trezeguet, deux manières de réussir sa vie en Bleu

Giroud et Trezeguet, deux manières de réussir sa vie en Bleu

Le 23/03/2019 à 15:41Mis à jour Le 23/03/2019 à 15:45

EQUIPE DE FRANCE - Vendredi à Chisinau, Olivier Giroud a inscrit son 34e but sous le maillot de l'équipe de France. Le champion du monde a rejoint un autre champion du monde et numéro 9 historique des Bleus, David Trezeguet. Les deux attaquants occupent la troisième place du classement des buteurs tricolores. Deux hommes, deux trajectoires.

15 juillet 2018. Moscou. Il est 22 heures passées quand Olivier Giroud apparait dans les coursives du stade Loujniki. Dernier à sortir du vestiaire, le frais champion du monde a étiré le temps jusqu'à l'éternité. Radieux, Giroud l'est. A bientôt 32 ans, l'attaquant sait d'ores et déjà qu'il ne connaitra pas mieux dans sa vie de footballeur. Vingt ans et trois jours plus tôt, David Trezeguet avait éprouvé le même sentiment de plénitude, au Stade de France. En larmes, sur le banc des Bleus, il avait atteint le sommet d'une carrière qui, elle, débutait à peine. Vingt ans, une poignée de matches avec les Bleus, onze pour être précis, et une couronne. Déjà.

Vendredi soir, dans un cadre plus champêtre que ceux de Moscou ou de Saint-Denis, les deux hommes se sont rapprochés un peu plus, quand Olivier Giroud, d'une reprise de près, a marqué son 34e but sous les couleurs de l'équipe de France. Trente-quatre, comme Trezeguet. Les deux hommes se partagent la troisième place du podium. Derrière Thierry Henry, 51 réalisations, et Michel Platini, 41 au compteur.

Précocité et maturité

Giroud est parvenu à cette marque en 88 sélections, Trezeguet en 74. L'objet, ici, n'est pas de comparer les performances des deux hommes. Mais de se rendre compte que, l'un comme l'autre, sont arrivés au même point comptable en franchissant des obstacles qu'ils n'avaient probablement pas soupçonnés quand ils ont fait leurs premiers pas sur un terrain de football.

Thierry Henry, David Trezeguet, France

Thierry Henry, David Trezeguet, FranceGetty Images

A la précocité exceptionnelle d'un David Trezeguet, Olivier Giroud a répondu par une lente maturation qui l'a mené jusque chez les Bleus, à l'automne 2011. De Grenoble à Tours, en passant par Istres, rien ne le prédestinait à gravir de tels sommets. Quand il est apparu sous le maillot bleu un soir d'amical face aux Etats-Unis, sur la lancée montpelliéraine d'une saison qui allait devenir historique, Giroud était vu "comme un complément idéal de Karim Benzema", par le sélectionneur d'alors, Laurent Blanc. Le principal intéressé ne voyait pas les choses comme ça. Ce qu'une partie du public lui a toujours reproché, en creux.

David Trezeguet, lui, a eu le monde à ses pieds dès ses premiers pas. Mais, au final, gardera de sa carrière internationale un goût d'inachevé. Parce qu'il n'a jamais vraiment réussi à sortir de ce rôle de super remplaçant qui lui allait comme un gant. C'eut pu être en 2000, à l'Euro. Mais Anelka et surtout Henry, à qui l'aile ne suffisait plus, lui étaient passés devant. Le mois de juin avait été douloureux pour Trezeguet. Heureusement, il y avait eu juillet pour panser les plaies, d'une reprise du gauche gravée dans l'histoire tricolore. La suite ? Une cohabitation inaboutie et finalement impossible avec Henry, sinon un soir de novembre 2003, à Gelsenkirchen (0-3).

Désamour

Mais les deux hommes partagent un point commun, qui va au-delà du nombre de fois où ils ont fait trembler les filets sous la tunique bleue. Elle réside en un désamour. Celui du public, qui ne laisse rien passer à Giroud, pas le moindre de ses ratés. Et ce sera le cas jusqu'à la fin de sa carrière. Parce que son abnégation ne suffira jamais à faire admettre à une frange de personnes que l'on a aussi le droit d'y arriver et d'être le numéro 1 à son poste sans avoir un talent intrinsèque unique.

Antoine Griezmann, Olivier Giroud, Benjamin Pavard

Antoine Griezmann, Olivier Giroud, Benjamin PavardGetty Images

Le désamour dont a été victime Trezeguet n'a pas grand-chose à voir avec les tribunes. Mais lui aussi a dû se battre contre des vents contraires au fil de sa carrière internationale, et surtout vers la fin, quant à son incompatibilité technique est venue se greffer un antagonisme profond avec le patron, Raymond Domenech. Jusqu'à l'arrivée de Domenech, il avançait plus vite que Thierry Henry en termes d'efficacité (ndlr : lors de ses 55 premières sélections, il avait marqué 29 fois, contre 24 pour 'Titi'). La suite fut moins rose. Le climax fut atteint un dimanche soir sur une chaine cryptée française, quand le buteur de la Juventus jugea bon de donner une leçon tactique au boss des Bleus. Tableau noir et crayon en main, il creusait définitivement le fossé séparant les deux hommes.

Giroud, lui, n'a jamais eu besoin de ça. Parce que DD l'a soutenu, contre vents et marées. Et Trezeguet peut aujourd'hui penser qu'il aurait été le plus heureux des hommes s'il avait dû jouer en sélection sous les ordres de Didier Deschamps, qui l'a dirigé à la Juventus pendant une année. Mais on ne refait pas l'histoire. Elle n'est certes pas parfaite. Mais suffisamment belle ainsi. Pour Giroud. Comme pour Trezeguet.

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