C'est l'un des deux buts les plus importants du XXIe siècle. 13 juillet 2014, stade Maracana de Rio, finale de Coupe du monde. L'Allemagne et l'Argentine ne parviennent pas à se départager. Prolongation. A la 113e minute, André Schürrle déborde, balance un centre. Mario Götze contrôle, reprend de volée et inscrit l'unique but du match. L'Allemagne est championne du monde. Un titre qui couronne une génération dorée et d'abord les deux héros du soir, deux jokers appelés à devenir des piliers.

Mario Götze, 22 ans, nouvelle merveille de la Nationalmannschaft. André Schürrle, 22 ans, deuxième meilleur buteur et passeur des champions du monde durant cette campagne brésilienne. Le monde leur appartient, l'avenir leur déroule le tapis rouge. Six ans plus tard, alors qu'ils devraient profiter de leurs meilleures années, le duo qui a changé le cours de l'histoire du football allemand a sombré dans des proportions difficilement imaginables.

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Schürrle et Götze, passeur et buteur de l'unique but de la finale du Mondial 2014

Crédit: Getty Images

J'ai sombré, je ne voulais plus jouer au foot

Schürrle n'arrivera jamais vraiment à digérer le sacre mondial. L'arrivée de Willian à Chelsea et son nouveau statut de remplaçant ne l'aidera pas à surmonter son spleen : "J'ai sombré, a-t-il avoué au Spiegel en annonçant sa retraite surprise à 29 ans, vendredi dernier. Je ne voulais plus jouer au foot. J'étais complètement au fond du trou." S'en suivront un retour raté en Allemagne (Wolfsburg), un transfert record mais sans relief pour Dortmund contre 30 millions d'euros, des blessures en pagaille, des prêts dans des clubs aux politiques sportives douteuses (Fulham, Lokomotiv Moscou) et un long déclassement difficile à supporter pour cet ultra-sensible. Schürrle vit le foot comme un esthète : pour le meilleur, jamais pour le pire. Et c'est ainsi qu'il faut lire sa décision de tout arrêter à 29 ans.

Schürrle et Götze à l'entraînement à Dortmund

Crédit: Getty Images

Götze n'est pas encore à la retraite mais il n'a pas de club. Dortmund ne l'a pas retenu à la fin de son contrat en juin, il a joué 500 minutes cette saison et on ne peut pas dire qu'on se bouscule pour le signer même si Monaco, qui s'est souvent spécialisé dans le recyclage d'anciens talents, semble intéressé. Le "Messi allemand", comme la presse de son pays aimait le surnommer en 2014, a connu des blessures diverses, bien sûr. Mais son manque de rigueur et sa tendance à prendre du poids ont fragilisé une carrière qui s'est effondrée après cette soirée carioca. Pep Guardiola et Carlo Ancelotti se sont lassés par ses problèmes physiques. Revenu à Dortmund en 2017, il rate toute la seconde partie de saison. "Trouble du métabolisme" selon le club, myopathie selon la presse.

Un but devenu boulet

Au fond, peu importe. En 2018, il avouait avoir du mal à "gérer l'impact" de ce but qui a changé sa vie. "Je suis devenu conscient de la dimension dans laquelle je suis passé dans la tête des gens, soulignait-il alors. Ils se disent : "c'est un joueur vital puisqu'il a marqué ce but en finale. Il se doit de faire ça à chaque match désormais." Son ancien coach à Dortmund, Jürgen Klopp, très conscient du problème lui donnait un précieux conseil en début de mois : "Il a besoin d'un club qui lui donne le sentiment qu'il n'a pas à changer le monde à chaque match."

Six ans après, cette soirée qui devait tout lancer a fini par dévorer ses deux principaux protagonistes. Il paraît qu'il n'y pas d'héroïsme sans cicatrice. Schürrle et Götze en sont les meilleurs exemples.

Schürrle et Götze à l'entraînement à Dortmund

Crédit: Getty Images

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