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Cristiano Ronaldo, place au terrain (enfin)

Ronaldo, place au terrain (enfin)

Le 17/08/2018 à 17:05Mis à jour Le 18/08/2018 à 12:16

SERIE A - Cela fait déjà plus d’un mois que le quintuple Ballon d’Or est officiellement un joueur de la Juventus. Un laps de temps durant lequel on l’a trop peu vu sur les pelouses pour se faire une première idée. Mais l'attente est terminée puisque la Serie A reprend ses droits.

“Les recrues, surtout Cristiano Ronaldo, ne changent pas les objectifs par rapport aux saisons passées, elles ont seulement déplacé les aiguilles de la balance sur le fait que tout le monde le pense que ce sera facile. Ce n’est pas le cas, on a besoin de tous les joueurs, d’'équilibre et de sacrifice, alors qu’il y a trop d'enthousiasme et d’euphorie liés à l’arrivée de Cristiano.” Max Allegri a remis les pendules à l’heure au début du mois et il le refera surement dès que l'occasion se présentera en ce début de championnat.

Le transfert du Portugais est comparable à un ouragan, certes, le quotidien de la Juventus (et de la Serie A) a été chamboulé, c’est vrai, et il s’agit sans aucun doute d’une excellente nouvelle pour les suiveurs du Calcio. Or, après cinq semaines de béatitude, le carré vert va rendre ses premiers verdicts dont on ne connait pas encore l’issue.

Un été agité mais tronqué

Des visites médicales, un shooting photo, une conférence et puis s’en va pour deux dernières semaines de vacances. CR7 a donc travaillé à la Continassa, néo QG bianconero, à partir du 31 juillet avec les Mondialistes, les pensionnaires de l’Equipe B et Aldo Dolcetti, un des adjoints d’Allegri. Quelques entraînements en petit comité, pas beaucoup plus avec l’effectif au complet au retour de la tournée US et deux amicaux en interne, c’est tout ce que le Portugais a eu à disposition pour se rôder. Il fait partie de la catégorie de joueurs... hors-catégorie et n’a pas forcément besoin d’une préparation estivale complète pour prendre ses marques, mais on peut se permettre d’avoir l’ombre d’un doute.

Face aux U19, lors du traditionnel vernissage de Villar Perosa, il a ouvert la marque après seulement huit minutes, son pressing a provoqué le second, sa spéciale, un retourné acrobatique, a été contré par un défenseur, puis, les minutes se sont égrenées jusqu’à la mi-temps, terminus de sa première sortie. Trois jours plus tard, il a remis ça face aux U23, avec un maillot d’entrainement, d'un tir placé et puissant du gauche. Là aussi rideau après 45 minutes.

Ronaldo - Villar Perosa

Ronaldo - Villar PerosaGetty Images

Il commencera ainsi d’emblée face à un Chievo aux allures de victime sacrificielle, pourtant, mais qui est en fait l’archétype du club italien. Une équipe bien en place tactiquement, pensant d’abord à ne pas prendre de buts et guidé par des défenseurs roublards. Fabrizio Cacciatore, Luca Rossettini et Nenad Tomovic ne font pas dans la dentelle et seront un parfait échantillon de ce qui attendra Cristiano dans sa nouvelle aventure.

Quoi qu’on en dise, la Serie A reste le championnat le plus compliqué pour les attaquants, moins d’espaces, moins d’erreurs individuelles et collectives à exploiter et des portiers meilleurs en moyenne. L’ancien madrilène enfilera les buts, mais ne devrait a priori pas exploser les compteurs comme en Liga, pour ces raisons, mais aussi son âge, un probable turn-over afin le préserver pour la Champions League et la volonté des adversaires de faire bonne figure face à la "recrue du siècle". Rien n’est acquis d'avance pour reprendre Allegri.

Dybaldo, le duo qui promet

D’ailleurs, comment le Toscan va-t-il l'utiliser ? Vu le panel offensif, les solutions sont multiples. Une chose est sûre, il faudra miser sur la synergie entre Cristiano Ronaldo et Paulo Dybala. Les deux ne se quittent plus d’une semelle depuis qu’ils sont coéquipiers et postent des clichés sur les réseaux sociaux pour illustrer leur complicité sur et hors du terrain. La Joya va bénéficier de l’arrivée de CR7, c’est de la pression en moins sur ses frêles épaules et cette saine collaboration est une excellente base favoriser leur relation technique. Tout l'inverse de ce qu'il a connu en sélection avec Lionel Messi.

Selon les maigres indices récoltés jusqu’alors, l’Argentin évoluerait derrière son nouveau partenaire, au sein d’un 4-2-3-1 qui facilitera les mouvements alternatifs des deux joueurs, la capacité à s’excentrer, à redescendre, à repiquer. Pour les assister, des ailiers de métier comme Douglas Costa, Bernardeschi, Cuadrado voire Joao Cancelo essayé à ce poste. Fini le Dybala exilé dans un 4-3-3, ce qui l’avait pénalisé l’an passé, moins de Mario Mandzukic également, qui part avec un statut de doublure de CR7. Néanmoins, si les deux sont alignés ensemble, un 4-3-1-2 est envisageable avec le Croate au service de la superstar, "à la Benzema”.

Reste un nom qui manque à l’appel par rapport à l’an dernier. Pipita est parti, il est le grand sacrifié, après 55 buts en deux saisons. Sera-t-il regretté ? En Champions League non, il disparaissait trop souvent face aux top clubs. En championnat oui, eu égard sa capacité à être décisif face aux rivaux lors des confrontations directes. Ce n’est pas assez pour justifier les 90 millions d’euros investis il y a deux étés, mais Ronaldo aura tout de même un petit héritage à assumer, d’autant que son prédécesseur abattait aussi un important travail défensif et s’est transformé en véritable playmaker offensif durant sa seconde année.

En outre, la Juventus a choisi de renforcer une formation comme le Milan, rival plus à la hauteur mais toujours historique et qui sera donc désormais plus compliqué à battre. Ça a même gâché l'été de certains de ses supporters. A CR7 de leur rappeler qui vient de débarquer dans leur équipe de coeur.

Paulo Dybala et Cristiano Ronaldo (Juventus Turin)

Paulo Dybala et Cristiano Ronaldo (Juventus Turin)Getty Images

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