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Serie A - Milan - Juventus : L'Italie n'a d'yeux que pour Cristiano Ronaldo, alors que Suso...

L'Italie n'a d'yeux que pour Ronaldo, alors que Suso...

Le 11/11/2018 à 00:01

SERIE A - Depuis son arrivée en Italie, Cristiano Ronaldo cristallise toutes les attentions. Et c'est bien normal. Mais dimanche soir, lui et la Juventus Turin affrontent l'AC Milan (20h30) de Suso, auteur de cinq buts et huit passes décisives (toutes compétitions confondues) depuis le début de saison. De nouveau convoqué avec l'Espagne, le gaucher est incontournable pour son équipe.

Depuis le 10 juillet dernier, l'Italie n'a d'yeux que pour lui. Qu'on l'aime ou non, qu'il rassemble ou qu'il divise, Cristiano Ronaldo a le mérite de ne pas laisser indifférent. Alors forcément, quand son arrivée à la Juventus est devenue réalité, c'est toute la botte qui en a parlé. Plutôt logique, non ?

Le problème, c'est qu'on en oublierait presque les autres protagonistes de la Serie A depuis. Car si CR7 carbure déjà (7 buts, 5 passes décisives), il n'est pas le seul. Prenez par exemple le cas de Jesús Joaquín Fernández Sáez de la Torre. Ce nom ne vous dit rien ? C'est normal. Lui, c'est en réalité Suso, comme tout le monde l'appelle depuis toujours. Avec quatre buts et huit passes décisives, l'Espagnol est le monsieur plus de l'AC Milan.

Adaptation difficile

Bien évidemment, il n'est pas question de comparer Cristiano Ronaldo et Suso. Mais comme les deux joueurs s'affrontent dimanche soir, lors du choc entre l'AC Milan et la Juve (20h30), le parallèle est intéressant. Si le quintuple Ballon d'Or est rapidement devenu incournable avec son nouveau club, l'Espagnol, lui, l'est déjà depuis plusieurs saisons avec le sien.

Repéré par Rocco Maiorino, alors directeur sportif du Milan, il est arrivé en Lombardie un jour de janvier 2015. Le tout dans l'anonymat général. Les mois suivants, l'ancien joueur de Liverpool a connu une adaptation difficile. Au point qu'un an plus tard, il a filé six mois au Genoa. Un prêt fructueux qui va tout changer.

Avec 19 matches et 6 buts, Suso s'est donné le droit à une nouvelle chance milanaise. "Ces six mois ont été importants. J'ai démontré que j'avais le niveau pour jouer ici", avait-il confié à son retour en Lombardie.

Pied gauche fatal

Depuis, le numéro 8 milanais a disputé deux saisons pleines. Au fil du temps, il est devenu indispensable pour son équipe. Son pied gauche ? Tout le monde le connaît, personne n'en limite son influence. À l'image de l'éternelle feinte d'Arjen Robben, Suso parvient toujours, à travers son jeu de corps et sa vitesse d'exécution, à réussir la sienne.

Suso Hernandez, Udinese-Milan, Getty Images

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Ainsi, exilé sur son côté droit, revenir dans l'axe pour se remettre sur son pied gauche est un jeu d'enfant. "Quand il n’est pas là, ça se voit. C’est un joueur d’une très grande qualité, un joueur très important pour nous. Il t’apporte une supériorité numérique parce qu’il élimine ses adversaires avec une grande facilité. Nous savons qu’il est très important pour nous", confiait récemment Gennaro Gattuso, son entraîneur.

Buteur face au Betis Séville (1-1), jeudi, en Ligue Europa, Suso a une nouvelle fois sauvé les siens. "Il fait partie de ses joueurs qui font lever un stade rien qu'en prenant le ballon. Quand il s'en saisit, on sait qu'il va forcément se passer quelque chose", nous confie un supporter habitué de San Siro.

La saison de la consécration ?

S'il reste parfois critiqué pour un jeu trop stéréotypé, l'international espagnol (2 sélections) cherche à varier son jeu. Cette saison, on le voit régulièrement prendre le ballon dans l'axe. Et ça marche, en témoigne sa magnifique passe décisive pour Gonzalo Higuain contre le Chievo Verone (3-1), le 7 octobre dernier.

Auteur de cinq buts et huit passes décisives toutes compétitions confondues depuis août, Suso va désormais tenter de trouver de la régularité. La saison passée, il avait disparu de la circulation en deuxième partie de saison. Il faut dire que l'Espagnol ne se repose (presque) jamais, lui qui n'a pas manqué une seule minute de championnat cette saison. Il est trop important. Et Gattuso se sait en partie "Suso-dépendant".

Devenu papa ces dernières heures, le joueur de 24 ans va tenter d'offrir une première joie à son fils ce dimanche soir. Mais face à la Juventus de Cristiano Ronaldo, rien ne s'annonce simple pour le meilleur passer des cinq grands championnat. Encore moins quand on sait qu'Alex Sandro sera chargé de limiter son influence.

Son avenir ? "Je suis heureux à Milan", répond-il

Concernant son avenir, souvent objet des plus grands fantasmes, Suso se montre clair. "Je suis heureux à Milan", a-t-il répondu jeudi. En coulisses, la situation est quelque peu différente. Des négociations sont en effet en cours entre le board milanais et Alessandro Lucci, l'agent de l'Espagnol. Le but ? Enlever de son contrat une clause libératoire de... 40 millions d'euros. Un montant "dérisoire" pour un tel joueur au vu du marché actuel.

Suso - Betis-Milan 2018

Suso - Betis-Milan 2018Getty Images

Récemment, la presse italienne faisait état d'un possible intérêt du Real Madrid pour lui. Voilà qui devrait raviver des souvenirs chez l'intéressé. "En 2010, quand je jouais à Cadix, le club de ma ville, j'étais proche de signer pour le Real Madrid. Quand, un jour, le téléphone a sonné et Rafael Benitez m'a parlé. Il m'a convaincu que Liverpool était le club pour moi et que je devais changer mes plans", explique-t-il souvent.

La suite est connue. Le futur de Suso, un peu moins. Sous contrat jusqu'en 2022, il suscite beaucoup de convoitises. Au point que même l'Inter Milan, l'ennemi juré, a (encore) tenté le coup l'été dernier... en vain. L'AC Milan n'a évidemment aucune intention de s'en séparer. Pour conserver l'un de ses meilleurs éléments, une qualification à la prochaine édition de la Ligue des champions semble primordiale. À ses coéquipiers de jouer.

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