Est-ce un problème mental ? Un souci défensif en l'absence du si précieux Giorgio Chiellini, trop souvent blessé cette saison ? Ou est-ce plus profond que cela ? Voilà les questions qui hantent la Vieille Dame après cette soirée de jeudi. Cela devait pourtant être le soir d'un 9e titre de champion d'Italie d'affilée. Finalement, c'est une nouvelle soirée décevante pour la Juventus Turin. Opposée à l'Udinese – modeste 16e du championnat avant ce match -, la Juve a affiché ses limites actuelles. En laissant une équipe revenir au score, encore une fois.

"Nous voulions aller chercher cette victoire à tous prix. Et nous avons perdu notre discipline, ce qui a amené le match sur une pente dangereuse. Etre agressif est plus usant. Et c'est pour cette raison, que ce qui compte le plus en ce moment est l'ordre. On a perdu parce qu'on voulait prendre trois points", a tenté sur Sky Italia Maurizio Sarri pour expliquer ce revers. Le souci, c'est que ce n'est pas l'histoire d'une soirée où les Bianconeri avaient envie de conclure l'affaire pour fêter leur titre. Depuis plusieurs journées maintenant, le champion d'Italie montre en effet un visage bien fébrile.

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Incapable de conserver son avantage

Face à Milan à San Siro (4-2), les Turinois ont trouvé le moyen de perdre après avoir marqué les deux premiers buts ! Rebelote face à Sassuolo quelques jours après, avec cette fois-ci un nul après avoir encore gâché un avantage de deux buts (3-3). Et contre l'Udinese, l'ouverture du score superbe de Matthijs de Ligt n'a donc pas empêché les coéquipiers de Cristiano Ronaldo de s'incliner (2-1). Cela devient une habitude pour cette équipe turinoise, qui a déjà laissé filer 18 points en route alors qu’elle menait au score cette saison. Une statistique indigne de cette Juventus qui règne sur l'Italie depuis neuf ans.

Bien sûr, la formation de Turin compte encore six points d'avance sur l'Atalanta à trois journées de la fin et reste en position de force pour terminer avec un nouveau Scudetto dans son armoire à trophées. Mais l'équipe de Maurizio Sarri n'a décidément rien à voir avec ses prédécesseurs. Et on ne parle pas là de son style de jeu. Cela ne sert à rien de redire que l'identité voulue par Sarri se fait toujours attendre pour cette Juve si décevante sur le plan collectif et si dépendante de l'efficacité de Cristiano Ronaldo devant. C'est le cas depuis le début de la saison et cela risque de durer. En revanche, la fébrilité de sa défense est bien le sujet du moment.

Une défense qui prend l'eau depuis de nombreux matches

Contrairement aux années passées et malgré l’investissement consenti l’été dernier sur Matthijs de Ligt, la Juventus de Sarri est poreuse. Elle ne sait notamment pas fermer les vannes après avoir ouvert le score pour s'assurer une victoire tranquille. Son manque de maîtrise collective n'y est pas étranger. Les Bianconeri, incapables de conserver leur cage inviolée depuis sept matches, ne cessent ainsi de trembler. Et prennent l'eau. Lors de ses cinq dernières sorties, la Juve a encaissé 12 buts ! Voilà les Turinois avec déjà 38 buts pris en 35 journées pour présenter la 3e défense de Serie A. Ils ont été cherchés le ballon au fond de leur filets huit fois de plus que la saison passée (30 buts). Ce qui représentait déjà leur pire bilan depuis le début de leur règne en 2011-2012 !

Non, ce n’est pas la Juventus que l’on avait l’habitude de voir en Serie A. Dans une équipe qui connait des baisses de régime au cours d'un même matches, le manque de solidité est trop flagrant. "Chiellini nous a manqué toute la saison, il aurait été plus qu'utile", plaide Sarri. C'est sûrement vrai. Mais ce n'est pas l'histoire d'un homme. D'ailleurs dans la Botte, la situation inquiète, et notamment pour la Ligue des champions. "Ils jouent avec le feu", a estimé la semaine passée dans la Gazzetta dello Sport l'ancien milieu de terrain du club Alessio Tacchinardi. "Plus vite ils gagnent le Scudetto, plus vite ils pourront souffler et se tourner vers Lyon, qui sera surmotivé et frais comme une rose". Les Gones, vainqueurs 1 à 0 à l'aller dans leur huitième de finale, savent surtout qu'ils vont retrouver une équipe sans certitudes et bien fébrile. De quoi espérer.

Matthijs de Ligt avec la Juventus Turin, 2020

Crédit: Getty Images

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