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Du coup de fil de Milito à la bromance "LuLa", comment Lautaro a conquis l'Inter

Du coup de fil de Milito à la bromance "LuLa", comment Lautaro a conquis l'Inter

Le 05/12/2019 à 23:22Mis à jour Le 06/12/2019 à 11:16

SERIE A - Avec 13 buts inscrits en 19 matches, Lautaro Martinez prend une nouvelle dimension cette saison avec l'Inter Milan, qui affronte l'AS Rome vendredi (20h45) en ouverture de la 15e journée. Débarqué à l'été 2018 sur les conseils d'un certain Diego Milito, l'international argentin a su faire preuve de patience pour s'imposer. Mais c'est loin d'être sa seule qualité.

Du côté de l’Inter, évoquer les souvenirs de l'année 1997 fait souvent naître des sentiments contrastés. Il y a tout d'abord le mauvais, avec cette finale de la Coupe de l'UEFA perdue aux tirs au but face à Schalke 04. Mais il y a le bon, voire le très bon, lorsqu'un certain Ronaldo Luis Nazário de Lima posa ses valises dans la capitale lombarde un soir de juin.

Et puis, enfin, il y a celui méconnu. Du moins à l’époque. Pendant que le peuple nerazzurro trépignait d’impatience en attendant les premiers pas du Brésilien, son futur attaquant, lui, voyait le jour le 22 août du côté de Bahía Blanca, une ville de la province de Buenos Aires. Son nom ? Lautaro Martinez. Après une première saison en demi-teinte, l'attaquant argentin (22 ans) prend une toute nouvelle dimension avec l'Inter. Portrait d'un champion en puissance.

"Javier, il faut que tu recrutes Lautaro"

Diego Milito s'en souvient comme si c'était hier. Directeur sportif du Racing Club (Argentine) depuis 2017, l'ancien attaquant est resté en contact régulier avec l'Inter, un club dont il a contribué à la légende. Alors, un jour, il décide de décrocher son téléphone pour appeler Javier Zanetti, son ami et ancien capitaine. Par chance, le vice-président nerazzurro répond.

2009/10 Champions League Inter Milito Zanetti

2009/10 Champions League Inter Milito ZanettiEurosport

"Je lui signale alors un jeune garçon qui évolue chez nous, c'était Lautaro, confie Milito à La Gazzetta dello Sport. Javier me répond qu'il le connaît déjà, mais il veut plus d'informations. On en a parlé plusieurs fois. Je lui ai dit avec fermeté : "Si vous le recrutez, vous allez sur du sûr". Et maintenant, voilà où nous en sommes aujourd'hui."

Bien décidé à l'écouter, Zanetti décide d'accélérer les négociations avec le Racing. Au point que Piero Ausilio, le directeur sportif de l'Inter, fait directement le voyage sur place en février 2018. Il reviendra avec l'accord de toutes les parties dans ses bagages. Pour le Racing Club, un chèque de 25 millions d'euros. Et pour le joueur, un contrat de cinq ans et une clause libératoire fixée à 111 millions d'euros. Cinq mois plus tard, le transfert est officialisé. L'histoire peut enfin commencer.

Adaptation, temps de jeu et Icardi

Pour Lautaro, la première saison est celle de l'adaptation. Nouveau championnat, culture différente, attentes plus élevées... Celui qu'on surnomme "El Toro" prend doucement ses marques. Luciano Spalletti, alors sur le banc, en fait le remplaçant de Mauro Icardi. Dans son 4-2-3-1, il n'y a pas la place pour deux hommes. Et le capitaine de l'Inter, qui sera destitué du brassard au cours de la saison, a bien évidemment la priorité.

Lautaro Martinez, Luciano Spalletti, Inter, Imago

Lautaro Martinez, Luciano Spalletti, Inter, ImagoImago

Lautaro doit donc se contenter des miettes. Au total, il est titularisé à 13 reprises en championnat. Et en Ligue des champions, il ne démarre jamais. Lorsqu'il entre en jeu, l'attaquant laisse toutefois entrevoir de jolies choses. En plus d'un physique imposant, sa technique parle pour lui. Dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport, on lui attribue une note moyenne légèrement supérieure à 6. On a connu pire pour une première saison.

Mais parfois trop ésseulé à la pointe de l'attaque, notamment dans un collectif où le jeu se base principalement sur les côtés, il n'inscrit que 9 buts en 1761 minutes. Le calme avant la tempête. En fin de saison, Luciano Spalletti est remercié pour faire gentiment place à Antonio Conte. L'été qui suit, Mauro Icardi est quant à lui prié d'aller visiter Paris. Une révolution qui va profiter à l'international argentin qui, entre-temps, a conquis l'Albiceleste lors de la Copa America.

"Maintenant, je joue..."

Cette fois, le "Toro" commence à courir. Avec Conte et son fidèle 3-5-2, la donne change. "Maintenant, je joue avec continuité. L'année dernière, je rentrais souvent en fin de match. C'est compliqué de montrer tes qualités. Je suis content d'avoir autant de temps de jeu", expliquait Lautaro en octobre dernier. La longue blessure d'Alexis Sanchez y a contribué. Le transfert avorté d'Edin Dzeko aussi.

La saison passée, lors des 14 premières journées, l'Argentin avait débuté à quatre reprises. Il est à plus du double aujourd'hui. Et en C1, il n'a manqué aucune rencontre. Forcément, ça change tout. En confiance, il étale tout son talent à chacune de ses sorties. C'est simple, l'attaquant nerazzurro sait tout faire. Buteur, dribbleur, passeur : sa palette est aussi variée que ses qualités. Rapide dans les espaces, intelligent dans les appels, solide dans les duels... Lautaro a tout de l'attaquant moderne. Pouvoir associer qualité et quantité, ce n'est pas donné à tous les attaquants du monde.

Face à la Spal (2-1), dimanche dernier, il a inscrit deux buts qui résument bien le concept. Le premier au terme d'une course axiale ponctuée d'une frappe croisée à ras de terre du pied droit. Et le deuxième après une tête puissante au point de penalty.

Vidéo - Groupe F - Conte : "Lautaro a un grand potentiel, mais il doit travailler"

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"Il a beaucoup évolué. Avant, peut-être qu’il vivait uniquement en fonction du but. Pour moi, un attaquant doit faire les deux phases (...) Ce n'est pas encore un produit fini", martelait toutefois Conte la rencontre. Méticuleux comme personne, l'entraîneur italien est bien conscient d'avoir un diamant brut entre ses mains. Maintenant, il souhaite encore le polir pour le rendre unique.

"LuLa", histoire d'une bromance

En attendant, Lautaro Martinez, lui, continue de marquer. Lors de ses cinq dernières (et donc premières) apparitions en Ligue des champions, il a inscrit cinq buts. Avec 13 réalisations en 19 matches, le taureau emporte tout sur son passage.

Comme le rapporte Opta, l'Argentin est le plus jeune joueur des cinq grands championnats à avoir marqué 13 buts toutes compétitions confondues. Avec Romelu Lukaku, son compère d'attaque, il forme un duo complémentaire. Et irrésistible. Rebaptisée "LuLa" par les médias italiens, la paire compte pas moins de 24 buts.

Lukaku e Lautaro Martinez, Inter

Lukaku e Lautaro Martinez, InterGetty Images

Bien aidé par son compère belge, l'international argentin détonne. Et comme lors de son passage en Argentine, lorsqu'il avait inscrit 18 buts entre championnat et Libertadores, il a attendu la deuxième saison pour le faire. "Il est devenu plus mature, expliquait Juan Sebastián Verón il y a quelques jours. Le championnat italien, c'est l'université du football (...) C'est un championnat où la tactique tromphe, où tu joues dans des espaces réduits et c'est là que ta qualité doit ressortir. Lautaro a bien appris la leçon en ajoutant à sa palette plusieurs notions."

Pour l'ancien joueur de l'Albiceleste, Lautaro est un unique. "'C'est impossible de le comparer. Dans certains mouvements, je revois Agüero. Il a la force de Batistuta quand il frappe, et la même malice que Crespo dans la surface", confiait-il dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. Difficile de faire mieux comme mélange.

Une clause qui inquiète l'Inter

Du côté de l'Inter, on pense désormais à se protéger. Pas dupes, les dirigeants du club lombard sont bien conscients que leur numéro 10 attire les regards et les convoitises. Les médias transalpins évoquent avec insistance un intérêt du Barça, à qui le joueur a d'ailleurs inscrit un but le 2 octobre dernier en C1. Sa clause libératoire, fixée à 111 millions d'euros, a soudainement basculé dans le domaine du raisonnable.

Lautaro Martinez - Borussia Dortmund-Inter - Champions League 2019/2020 - Getty Images

Lautaro Martinez - Borussia Dortmund-Inter - Champions League 2019/2020 - Getty ImagesGetty Images

"Il n'y a rien de compromettant. Il est reconnaissant envers l'Inter, ce n'est pas une situation inconfortable (...) Ce n'est pas le moment de parler de prolongation ou de transfert. Il sait toute l'estime et la confiance qu'on a pour lui", expliquait Giuseppe Marotta il y a quelques jours, tout en ajoutant que le mercato était "imprévisible" et que ce sont "toujours les joueurs qui veulent décider de leur avenir". Toutefois, en coulisses, l'administrateur délégué de l'Inter a bien entamé des discussions avec l'entourage du joueur. Et ce depuis plusieurs mois. Le but ? Prolonger son contrat et augmenter (voire supprimer) sa clause libératoire.

Actuellement, Lautaro Martinez est lié jusqu'en 2023 avec les Nerazzurri. En août dernier, la chaîne Sky Italia parlait d'un possible rallongement d'une année supplémentaire. Concernant son salaire, estimé à 1,5 million d'euros (soit l'un des plus faibles du club), il devrait être ajusté en fonction de son nouveau statut. La volonté de prolonger l'histoire semble en tout cas réciproque.

"Ici, c'est ma maison, je passe la plus grande partie de mon temps avec ces couleurs sur le dos et ça compte beaucoup mour moi", assurait l'intéressé mercredi à Sky Italia. "C'est un patrimoine du club. Il est heureux de porter notre maillot", confiait dans la foulée Javier Zanetti. C'est certain, le taureau n'a pas fini de faire valser les défenses italiennes.

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