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Guerre d’ego et marathon : Sarri face au défi du pragmatisme

Guerre d’ego et marathon : Sarri face au défi du pragmatisme

Le 14/09/2019 à 11:39

SERIE A - Après la trêve internationale, la Juventus entre dans un véritable marathon entre le championnat et le retour de la Ligue des champions. Avec un effectif XXL à sa disposition et malgré sa propension à peu faire tourner, Maurizio Sarri va devoir bousculer ses habitudes et se plier à un strict turn-over, sous peine de voir son management des forts egos du vestiaire se compliquer.

Parfois, les préceptes très marqués d’un entraîneur peuvent se heurter à l’ADN d’un club et aux caractéristiques précises d’un effectif. Maurizio Sarri a effectué un grand saut cet été en rejoignant la Juventus après ses expériences à Naples et Chelsea. Dans le Piémont, et même s’il avait montré une certaine capacité d’adaptation outre-Manche, le technicien de 60 ans va devoir faire évoluer certaines idées bien ancrées dans son esprit. A commencer par la gestion de son effectif.

Son manque de turn-over avait agacé De Laurentiis

Un entraîneur dogmatique peut-il faire preuve de pragmatisme et effectuer des concessions ? Pas simple a priori. Dans le cas de l’actuel entraîneur de la Juventus, il n’aura pas le choix, car l’octuple champion en titre n’est pas Naples et la gestion de son vestiaire est bien différente. Il y a très peu de chances de voir Maurizio Sarri se contenter de 14 joueurs cette saison, comme il l’a fait tout au long de son passage à Naples. Pas vraiment adepte du turn-over, il alignait systématiquement les mêmes joueurs et se contentait de très peu de retouches (deux ou trois, grand maximum) entre Serie A et coupe d’Europe.

Pour passer un cap sportif, Aurelio De Laurentiis a offert de nombreuses possibilités à son entraîneur afin d’élargir l’effectif. Le président napolitain a ainsi dépensé près de 100 millions d’euros pour Adam Ounas, Marko Rog, Lorenzo Tonelli, Amadou Diawara, Leonardo Pavoletti et Nikola Maksimovic. Mais ces joueurs ont eu très peu d’espace avec Maurizio Sarri. Néanmoins, s’il est facile de laisser sur le banc des joueurs avec ce pedigree, il n’en sera pas de même à Turin où les egos sont surdimensionnés.

SSC Napoli president Aurelio De Laurentiis and SSC Napoli coach Maurizio Sarri look on before the Serie A match between US Sassuolo Calcio and SSC Napoli at Mapei Stadium - Città del Tricolore on August 23, 2015 in Reggio nell'Emilia, Italy.

SSC Napoli president Aurelio De Laurentiis and SSC Napoli coach Maurizio Sarri look on before the Serie A match between US Sassuolo Calcio and SSC Napoli at Mapei Stadium - Città del Tricolore on August 23, 2015 in Reggio nell'Emilia, Italy.Getty Images

De Laurentiis et son ancien entraîneur se sont régulièrement accrochés lors de leur collaboration sur cette thématique de la gestion du temps de jeu de l’effectif. Le président a régulièrement reproché, publiquement ou non, à Sarri d’user jusqu’à la corde ses titulaires ajoutant que cette gestion finissait par coûter des matches à son équipe en raison d’organismes très fatigués. Entre une intervention musclée dans le vestiaire napolitain après une défaite contre le Besiktas et des avis distillés dans la presse sur les bienfaits du turn-over, De Laurentiis a tout tenté, en vain.

Chelsea, une évolution mais un choix marqué

En arrivant à Chelsea, Maurizio Sarri a fait évoluer sa pensée mais n’est pas allé au bout de la logique. Dès le début de la saison, il a ainsi décidé de bien segmenter les matches de Premier League et les rencontres d’Europa League. Pour résumer, les titulaires étaient alignés en championnat, tandis que les remplaçants étaient chargés de représenter les Blues sur la scène européenne.

C’est ainsi que Davide Zappacosta, Andreas Christensen, Ruben Loftus-Cheek, Olivier Giroud ou encore Emerson Palmieri ont eu l’essentiel de leur temps de jeu le jeudi soir. En fin de compétition, cette équipe "réserve" a été renforcée par les titulaires habituels comme Eden Hazard, César Azpilicueta ou encore David Luiz, réduisant ainsi considérablement la notion de turn-over. On ne se débarrasse pas si facilement de ses idées fondamentales.

Higuain, Sarri - Bournemouth-Chelsea - Premier League 2018/2019 - Getty Images

Higuain, Sarri - Bournemouth-Chelsea - Premier League 2018/2019 - Getty ImagesGetty Images

A Turin, Maurizio Sarri ne pourra pas passer à côté d’un turn-over régulier. L’option choisie à Chelsea n’est pas viable puisque la Juve court après une victoire en Ligue des champions depuis 1996 et l’effectif a été renforcé en ce sens ces deux dernières années. Sans compter que l’écart avec ses adversaires semble s’être un peu réduit cet été avec le retour d’un Inter très compétitif. Le zéro turn-over est de son côté impossible avec un effectif cinq étoiles composé de 23 joueurs de très haut niveau.

Des egos survitaminés

Si la blessure de Chiellini évitera à son entraîneur un mal de tête certain, assurant à De Ligt un temps de jeu important aux côtés de Bonucci, deux autres secteurs seront particulièrement scrutés. Au milieu de terrain, le technicien italien a l’embarras du choix avec Rabiot, Matuidi, Pjanic, Khedira, Bentancur, Ramsey et Can. Sept joueurs pour trois postes. Sept internationaux aux egos survitaminés. L’absence de l’Allemand dans la liste pour la Ligue des champions a provoqué un début d’incendie, finalement rapidement contrôlé. Mais Sarri va devoir contenter tout le monde...

En attaque, si Cristiano Ronaldo paraît indéboulonnable, il devra quand même sauter quelques matches pour arriver en pleine forme en février-mars, alors qu’il fêtera ses 35 ans à la fin de l’hiver. Derrière lui, Paulo Dybala, Gonzalo Higuain, Douglas Costa et Federico Bernardeschi se battent également pour du temps de jeu. Mario Mandzukic a déjà été victime de cette lutte fratricide puisqu'il se dirige désormais vers le Qatar.

Alors que la Juve doit affronter une série de sept matches en 23 jours (dont un déplacement à Florence, un derby d’Italie contre l’Inter et deux rencontres de C1 contre l’Atlético de Madrid et le Bayer Leverkusen), Maurizio Sarri va devoir accepter des compromis importants. Ce n’est pas une mince affaire pour un technicien dogmatique qui aime faire comme bon lui semble. Mais ce sera aussi le prix de la tranquillité.

Maurizio Sarri e Antonio Conte si sfideranno uno contro l'altro per la prima volta in Serie A in questa stagione, Getty Images

Maurizio Sarri e Antonio Conte si sfideranno uno contro l'altro per la prima volta in Serie A in questa stagione, Getty ImagesGetty Images

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