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Donnarumma, Chiesa, Milinkovic-Savic et bien d’autres : les gros dossiers du mercato italien

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Donnarumma - Chiesa - Milinkovic-Savic

Crédit: Getty Images

ParJohann Crochet
25/05/2020 à 12:46 | Mis à jour 25/05/2020 à 19:13

SERIE A - En attendant une éventuelle reprise du championnat qui sera décidée fin mai, les clubs italiens planchent déjà sur les contours du marché des transferts. Si le flou règne quant aux dates d’ouverture et de fermeture et à la surface financière de chacun, certains clubs ont déjà lancé les grandes manœuvres.

Quel visage aura donc le mercato estival 2020 ? A en écouter les optimistes d’un côté et les pessimistes de l’autre, il est difficile de se faire une idée précise du volume des transactions à venir. Seule certitude, les clubs vont devoir faire preuve de créativité. Un mot à la mode et qu’a dégainé Fabio Paratici début mai, au micro de Sky Italia. "J’ai parlé d’un mercato style NBA, ce n’est ni une proposition, ni une provocation, a expliqué le directeur sportif de la Juve. C’est une considération dictée par le fait que les clubs vont avoir plus de difficultés économiques et qu’il va donc falloir avoir des idées. Il y aura des échanges de joueurs, des prêts de longue durée et des formules plus créatives." Les amateurs d’échanges tous plus loufoques les uns que les autres, évoqués depuis des années dans la presse spécialisée, vont peut-être enfin assister à ces mouvements de grande envergure.

Si le dirigeant turinois évoque ces échanges, c’est que c’est un habitué et que la crise du Covid-19 n’amènera pas forcément une révolution de son côté. Déjà, l’été dernier, le club du Piémont avait procédé à des "doubles transactions" avec la Roma et Manchester City, impliquant Leonardo Spinazzola (transféré à Rome) et Joao Cancelo (transféré en Premier League) d’un côté, Luca Pellegrini (Roma) et Danilo (Man City) de l’autre.

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Ces opérations permettent de procéder à des belles plus-values sur le plan comptable, puisque la rentrée d’argent est inscrite avec effet immédiat, quand le coût de la recrue est lui étalé sur plusieurs années à travers l’amortissement du transfert. Cette habitude très italienne, à laquelle le grand public français n’est pas encore habitué, sert à contourner le règlement du fair-play financier pour les gros clubs et à assainir les comptes des plus petits pour pouvoir s’inscrire au championnat chaque année et obtenir sa licence. Avec tous les débordements que cela peut engendrer. Cet été, les "doubles opérations" seront donc à la mode en Serie A. Mais d’autres dossiers, parfois plus épineux, souvent plus coûteux et bien plus fameux agiteront la planète football.

Gianluigi Donnarumma (AC Milan)

Le gardien milanais est conseillé par Mino Raiola. Cette relation mérite précision. Car l’agent italo-néerlandais est tout sauf un "bleu" dans ce métier. Sous contrat jusqu’en 2021, le portier italien n’a toujours pas prolongé du côté de l’AC Milan. Les dirigeants milanais sont sous pression alors qu’il est impensable de voir le jeune joueur de 21 ans, aux plus de 180 matches professionnels, quitter le club gratuitement dans un an.

Son énorme salaire (6 millions d’euros net annuels) est un handicap pour le club qui a rebasculé sur un énième nouveau projet, cette fois-ci consacré aux jeunes joueurs à fort potentiel, et ayant comme conséquence l’élaboration d’une nouvelle grille salariale, bien moins généreuse qu’avant. Le marché des gardiens étant particulier, une place doit se libérer dans un grand club européen pour motiver un départ. Le dossier est à très haut risque pour les dirigeants lombards. Sans prolongation, il s’agit de la dernière grosse fenêtre pour le vendre et espérer récupérer entre 50 et 60 millions d’euros.

Gianluigi Donnarumma

Crédit: Getty Images

Sandro Tonali (Brescia)

Le jeune milieu de 20 ans est l’un des plus grands espoirs du football italien. Rapidement comparé à Andrea Pirlo, il a réussi une très belle première saison en Serie A et n’a pas semblé souffrir de la différence de niveau entre la Serie B et l’élite du football italien. Il a su s’adapter rapidement à un football plus physique, plus rapide et plus exigeant. Son jeu ballon au pied n’a pas changé, lui dont la qualité du jeu long fait des merveilles.

Brescia sait qu’il détient un joueur de forte valeur, évalué à entre 30 et 40 millions d’euros. Tous les grands clubs italiens – sans exception – ont fait part de leur intérêt. Pour certains, il s’agit plus d’un fantasme que d’une réalité, en raison de finances bancales. La Juve et l’Inter semblent les mieux armés pour réussir un grand coup sur le marché des transferts.

Gonzalo Higuain (Juventus Turin)

Il s’agit d’un cas très épineux pour la Juventus. Sous contrat jusqu’en juin 2021, Gonzalo Higuain est proposé à la terre entière par les dirigeants de la Juve depuis deux saisons maintenant. S’il est resté à Turin l’été dernier, Higuain sait que ses supérieurs n’ont pas changé d’avis. Problème, l’attaquant argentin ne semble pas enclin à s’asseoir sur sa dernière année de contrat, lui dont les émoluments s’élèvent à 7,5 millions d’euros net annuels. A ce tarif, les candidats ne sont pas nombreux.

En recherche de liquidités, la Juve aimerait pouvoir s’en séparer dans les prochaines semaines pour économiser son salaire et récupérer quelques millions d’euros. Une obligation née de l’arrivée de Cristiano Ronaldo, qui a asséché les finances turinoises et contraint le club à réduire son effectif en quantité. Higuain fait partie des "indésirables", mais entre la volonté des Turinois et la réalité, l’écart est aujourd’hui majeur.

Gonzalo Higuain

Crédit: Getty Images

Lautaro Martinez (Inter Milan)

On ne compte plus les Unes de Tuttosport, du Corriere dello Sport et de la Gazzetta dello Sport consacrées ces dernières semaines à un potentiel transfert de l’attaquant argentin au FC Barcelone. "Désiré par Lionel Messi" pour les uns, "toujours très attaché à l’Inter" pour les autres, Lautaro Martinez est au cœur de toutes les discussions footballistiques en Lombardie. Un obstacle majeur réside : l’Argentin possède une clause libératoire de 111 millions d’euros. A payer en une seule et unique fois. Le Barça ne semble pas avoir ces liquidités selon la presse espagnole et il tente d’incorporer plusieurs joueurs dans l’opération. Ces fameuses "doubles transactions". L’Inter, grâce à son propriétaire Suning, a les moyens de résister. Sauf s’il finit par y trouver son compte...

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Federico Chiesa (Fiorentina)

Avec Sandro Tonali, il est lui aussi le jeune dont rêvent tous les gros clubs italiens. Et comme pour le milieu de Brescia, la liste des courtisans devrait se resserrer autour d’un duel Juve-Inter. Les deux seuls clubs italiens en capacité de mettre 60 millions d’euros sur ce joueur, déjà courtisé l’été dernier mais ayant choisi d’épouser – pour une année au moins – le projet florentin de Rocco Commisso, le nouveau propriétaire américain du club toscan. Un an plus tard, alors que la Fiorentina affiche une très décevante 13e place, un sentiment de gâchis s’est installé et un fort sentiment flotte dans l’air, celui d’une année perdue. Âgé de 22 ans, Chiesa boucle sa troisième année consécutive sans participation à une coupe d’Europe et la Viola n’y retournera pas dans les prochains mois. L’heure du grand départ a sonné.

Federico Chiesa - Fiorentina - Serie A 2019-2020

Crédit: Getty Images

Sergej Milinkovic-Savic (Lazio Rome)

Le milieu de terrain de la Lazio a réalisé une très belle saison après un exercice 2018/2019 décevant et une gestion post-Coupe du Monde délicate. Il possède tous les attributs d’un milieu de terrain moderne susceptible de plaire aux grands clubs : capacités physiques et techniques, volume de jeu et potentiel à encore développer. Tandis que la Lazio se qualifiera sans grande surprise - sauf si des playoffs entre les six premiers clubs doivent se tenir en raison de l’impossibilité de redémarrer la saison normalement – pour la prochaine Ligue des champions, pour la première fois depuis 2007/2008, l’avenir du milieu serbe pourrait s’inscrire loin du Latium. Les courtisans ne manquent pas mais l’obstacle Claudio Lotito est bien réel. Le fantasque président romain espère toujours décrocher le gros lot et évalue son joueur à plus de 100 millions d’euros, pour le troisième été consécutif. Sauf qu’à ce tarif-là, tous les clubs ont toujours été découragés. A voir si un dossier aussi compliqué peut se débloquer l’été de tous les daners...

Sergej Milinkovic Savic

Crédit: Imago

Kalidou Koulibaly (Naples)

Un vrai parallèle peut être fait entre le défenseur de Naples et Sergej Milinkovic-Savic. On ne parle pas de leur poste sur le terrain, évidemment, mais des conditions pour qu’un éventuel transfert puisse se concrétiser. A l’instar du milieu de la Lazio, Kalidou Koulibaly est fortement courtisé par les plus grands clubs européens depuis des années. Et le défenseur sénégalais a lui aussi un président qui rêve grand. Un rêve à neuf chiffres et une barre symbolique de 100 millions d’euros. Le PSG et les grosses écuries anglaises discutent toujours pour faire venir l’actuel joueur du Napoli. Mais les négociations avec Aurelio De Laurentiis sont toujours aussi ardues. Actuel 6e, à neuf points de la Ligue des champions, le club napolitain ne pourra peut-être pas retenir éternellement l’un de ses meilleurs joueurs. Et ça, tout le monde le sait désormais.

Kalidou Koulibaly

Crédit: Getty Images

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