21 février 2017. Le jour où le vase a définitivement débordé entre Leonardo Bonucci et la Juventus Turin. Au point de finir par se casser. Nous sommes alors à la veille du huitième de finale aller de Ligue des champions entre le FC Porto et le club piémontais, victime de quelques turbulences depuis le week-end précédent et une altercation verbale entre l'entraineur Massimiliano Allegri et Leonardo Bonucci lors d'un match face à Palerme.

Après avoir écopé d'une amende de la part de ses dirigeants, le défenseur pense que sa punition s'arrête là. Raté. "Il sera en tribune à Porto demain. C'est une décision justifiée, par respect pour l'équipe, les tifosi et le club. Et l'affaire est close. C'est ma décision et je l'ai communiquée au club. Bonucci a compris car c'est un garçon intelligent et un joueur important de la Juventus", annonce son coach le mardi. L'image de l'international italien, assis sur une chaise aux côtés de ses dirigeants de l'époque le lendemain dans les tribunes du Dragão, fera grand bruit. Un stade qu'il va retrouver le 17 février prochain pour un nouveau huitième de finale de C1.

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Bonucci

Crédit: Twitter

Un but, une célébration... et un retour

Conscient que la rupture est consommée, Bonucci décide de prendre ses cliques et ses claques le mercato suivant. Et ce après sept ans de succès. Il rejoint alors l'AC Milan, histoire de couper définitivement le cordon avec la Vieille Dame. Le transfert, estimé aux alentours de 40 millions d'euros, fait évidemment parler dans la Botte. Et n'est d'ailleurs que très peu du goût de ses anciens tifosi, encore plus lorsque ces derniers viennent à apprendre que leur ancien protégé est nommé capitaine du club rossonero. Accueilli comme un héros en Lombardie, Bonucci est présenté comme le guide à suivre pour retrouver la gloire perdue. L'échec n'en sera que plus gros. En une saison, le défenseur alterne parfois le bon, souvent le moins bon et ne parvient pas à repondre aux attentes. Mais il réussit toutefois à se venger partiellement de la Juve.

Lors de la 30e journée, le numéro 19 rossonero marque face à son ancien club. Et qui plus est sur son ancienne pelouse, en prenant le dessus sur ses deux anciens compères de la fameuse "BBC", Barzagli et Chiellini. Comme un symbole. Bonucci marque, égalise, exulte au visage de ses anciens tifosi et n'hésite pas une seconde à faire sa célébration "lavez-vous la bouche". Pluie de sifflets au Stadium. Au final, Milan s'incline (3-1) et Bonucci rentre bredouille. Personne n'imagine la suite des évènements.

Leonardo Bonucci Milan Crotone 2018

Crédit: Getty Images

Capitaine d'un navire milanais qui ne cesse de tanguer, l'international italien décide de le quitter après une seule saison, terminée alors à une triste sixième place. Comme si celui du Titanic, conscient de l'issue fatale qui l'attend, décidait de sauter dans un canot de sauvetage plutôt que de rester à la barre jusqu'au bout. L'été suivant, Bonucci demande à ses dirigeants de le laisser partir. Puis rappelle la Juve. En espérant que "sur un malentrendu, ça puisse marcher". Pari osé. Mais gagné. La Juve lui dit "oui" et le fait revenir malgré la gronde de ses tifosi.

Les sifflets, puis l'indifférence

De retour au bercail, celui qui a remporté cinq Scudetti (2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, puis deux autres après son retour en 2019 et 2020) se fait alors tout petit, conscient que son départ était une "erreur" et sa célébration aussi. "J'ai réalisé que les décisions prises sous la colère ne sont jamais les bonnes (...) Je voulais revenir à la maison", confie-t-il lors de sa conférence de presse de retour. Les tifosi bianconeri, eux, ne pardonnent rien. Ils n'hésitent pas à le siffler lors du début de saison suivant. Avant de faire régner l'indifférence, conscients que l'intérêt de leur club prime avant tout.

"Je comprends les supporters et je vais accepter les sifflets. Je vais les transformer en applaudissements. Ma réponse ne peut être que sur le terrain, parce que je suis un professionnel", rétorque alors l'international italien, qui n'hésitera pas à demander officiellement pardon à ses ex-nouveaux tifosi. Nous voilà aujourd'hui plus de deux ans plus tard. Deux ans de plus pour l'intéressé (33 ans), qui ne semble plus vraiment penser au passé. En réalité, son problème est aujourd'hui différent et bien plus ennuyeux : il s’agit de son rendement sur le terrain.

Le capitaine de la Juve, qui a récupéré le brassard en l'absence prolongée de Giorgio Chiellini, est à la traîne. Sous Sarri et désormais Pirlo, il n'est que le cousin lointain du joueur solide et efficace admiré par le passé. Dans une équipe qui cherche à récupérer le ballon le plus vite possible, Bonucci peine à tenir la ligne défensive assez haute sur le terrain. Tout l'inverse de son compère néerlandais Matthijs de Ligt, qui fait figure aujourd'hui de vrai patron du pack défensif des siens.

Pire que lui ? L'arbitre

Ces dernière années, Leonardo Bonucci a toujours excellé dans les mêmes registres : premières relances, lecture des trajectoires et intelligence dans le placement. Aujourd'hui, dans un football plus moderne et plus rapide, il a perdu ses marques. Ses qualités ne semblent pas s'adapter aux idées de jeu de ses entraîneurs. D'abord avec Sarri, puis avec Pirlo. Pour faire simple : Bonucci excellait dans une zone... qui n'existe tout simplement plus. Et ses défauts sautent aux yeux de tous, notamment dans le un contre un ou sa capacité à gérer une grande profondeur.

Résultat, c'est la cata. "On a du mal à en croire nos yeux. Trop d'erreurs et de déchets dans un seul match (...) Seul l'arbitre a été pire que lui", écrivait par exemple Tuttosport après la défaite face à la Fiorentina (0-3) fin décembre, infligeant au joueur une note de 4. "C'est un desastre", écrivait le Messaggero, parlant du "pire" Bonucci de la Juve toutes saisons confondues. "Il est coupable sur les trois buts de la Viola", ajoutait le quotidien sans aucune pitié.

Sans les blessures de Giorgio Chiellini et Merih Demiral, Bonucci, qui avait demandé "pardon" aux tifosi après sa piètre prestation face à la Fiorentina, ne serait peut-être pas été titulaire à l'heure actuelle. Pour beaucoup, la charnière De Ligt-Demiral s'impose comme celle du futur, voire du présent. Mais Andrea Pirlo, lui, a d'autres plans. "Bonucci ? Une mauvaise soirée, ça arrive. C’est notre capitaine et on a encore confiance en lui", confiait-il il y a quinze jours. Du côté de la Nazionale, Roberto Mancini semble du même avis. Il est en effet d'ores et déjà acquis que le défenseur italien sera du voyage à l'Euro. Mais en sera-t-il un titulaire ? Ça, c'est une autre question...

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